EMBARRAS GASTRIQUE. — GASTRITE CATHARRALE AIGUË
Les dénominations d'embarras gastrique, de fièvre gastrique, ont été diversement interprétées par les auteurs, parce que chacune de ces dénominations a le tort de s’adresser à un état morbide mal défini. Aussi les uns fontils de la gastrite catarrhale une affection purement locale, tandis que d’autres la font rentrer dans le groupe des fièvres. Il me parait facile de concilier ces opinions contraires.
Embarras gastrique. Catarrhe de l’estomac. — Les troubles de Ceslomac, qu’on a réunis sous le nom d’embarras gastrique, de catarrhe stomacal aigu, sont tantôt le résultat d’un trouble purement local, tantôt l’expression d’un état général, ce qui est bien différent. Un individu fait un repas copieux, abuse des boissons, des mets épicés, se livre pendant quelques jours à des écarts de 'égime, à des excès de tabac, de veille et de fatigue; cet individu est pris de mal de tête, d’inappétence, de dégoût des aliments, de nausées, de vomissements ; il a la bouche pâteuse, la langue épaisse et saburrale, quelquefois même un peu de fièvre; c’est là un exemple d’embarras gastrique d’origine purement locale et il ne viendra à l’idée de personne de voir dans ce catarrhe aigu de l’estomac la manifestation d’un état général, d’une pyrexie.
Dans d’autres circonstances, à la suite d’inge^m de
viandes avancées, de gibier faisandé, ou d’aliments mal tolérés par l’estomac, l’embarras gastrique apparaît comme le résultat d’une aulo-inloxicaion. L'acte physiologique de la digestion est vicié, probablement par la production insuffisante ou défectueuse d’acide chlorhydrique, des fermentations se produisent; il en résulte une élaboration de substances toxiques dont la résorption détermine l’embarras gastrique et son cortège de symptômes (Bouchard). L’ingestion de viandes gâtées peut même déterminer une telle intoxication (ptomaïnes) que la mort en a été la conséquence (Brouardel etBoutmy).
Parfois l’embarras gastrique se présente dans des conditions toutes différentes. Ainsi un individu, sansécartde régime, sans cause appréciable, est pris de frissonnements, de courbature, de lassitude, de céphalalgie avec ou sans épistaxis; sur ces entrefaites, surviennent les troubles digestifs que je décrivais il y a un instant : inappétence complète, état saburral très prononcé, creux épigastrique douloureux, nausées ou vomissements, constipation, ballonnement du ventre, etc.; cet individu a, lui aussi, du catarrhe aigu de l’estomac, il a de 1 embarras gastrique fébrile; mais ici les troubles de 1 estomac on été précédés d’une sorte de période d’invasion, ils sont accompagnés de symptômes dont on ne peut méconnaître l’importance. Le caractère rémittent de la fievre la per e rapide des forces, l’apparition possible d un exanthème, la lenteur de la convalescence, donnent à la maladie les allures d’un état morbide dans lequel les troub es digesti s ne forment qu’un des coins du tableau. G est le moment
de parler des fièvres gastriques.
Fièvres gastriques. — Le catarrhe gastrique emprunte aux saisons, aux localités, à la coiulUtdim m i- 3. du montent, dos caractères qu, permettun décrire plusieurs variétés. C’est principalement au pnn temps et à l’automne, et sous l’influence des .^emen^ brusques de la température et de 1 atmosphère (ce q anciens, ces grands observateurs, appelaient si bien .
MALADIES DE L'ESTOMAC
cire am fusa), qu’on voit naître, parfois sous forme épidémique, les fièvres gastriques dont je vais esquisser les types principaux et qui appartiennent, certaines du moins, à la classe des maladies infectieuses.
La fièvre gastrique simple, ou catarrhe aigu de l’estomac, dont je parlais il y a un instant, cette fièvre gastrique peut durer quelques jours, et, comme elle prend souvent le type rémittent, la maladie a été nommée par quelques auteurs fièvre rémittente gastrique. Dans quelques circonstances, elle est accompagnée d’une sécrétion exagérée de la bile (pohjcholie), d’un état bilieux, qui constitue la fièvre gastrique bilieuse. La peau et les conjonctives prennent une teinte subictérique, les urines sont teintées, la région du foie est douloureuse, l’organe est parfois augmenté de volume, les vomissements contiennent de la bile et les selles sont liquides, fétides et fréquemment bilieuses. Le pouls est mou, la céphalalgie est intense, la fièvre est franchement rémittente. Cette forme, qu’on peut observer dans nos climats, dans la zone méditerranéenne et mieux encore dans les pays chauds et tropicaux, cette forme est habituellement le résultat de l'intoxication palustre, ou le réveil d’une ancienne malaria.
Dans d’autres cas, l’embarras gastrique, la fièvre gastrique, surtout dans nos climats, sévissent d’une façon épidémique, sont accompagnés de céphalalgie, d’épistaxis, d’insomnie, de troubles intestinaux, de diarrhée, si bien que le diagnostic est fort difficile, au début, entre ces fièvres gastriques et la fièvre typhoïde. Un certain nombre d’auteurs ont émis l’opinion, et je pense comme eux, que ces fièvres gastriques sont des formes légères, atténuées de la fièvre typhoïde. Ce qui le prouverait, c’est qu’elles apparaissent généralement au début des épidémies de fièvre typhoïde, elles en sont l'annonce et la manifestation ébauchée1.
Dans cette étude, j’ai négligé, comme n’ayant pas