Guyon. Revue mensuelle
2. Marfan. Troubles et lésions gastriques dans la pht. pulmon. Th. ce Paris, 1887.
MALADIES DE L'ESTOMAC
à des lésions de l’estomac, et qui est parfois si prononcée à une période avancée de la maladie, peut s’établir dès le début, devancer les autres symptômes, et faire croire à une dyspepsie d’origine anémique, alors qu’il s’agit d’une tuberculose en voie de développement.
La dyspepsie des goutteux, si caractéristique et si fréquente, qu’on a pu dire que l’estomac est à la goutte ce que le cœur est au rhumatisme, se présente sous des aspects différents; tantôt elle précède et annonce l’accès de goutte, tantôt elle existe et persiste, avec ténacité, en dehors de toute manifestation articulaire, chez des gens qui sont en puissance de la diathèse goutteuse.
La dyspnée des neurasthéniques, qui parait être aussi bien la cause que l’effet de la neurasthénie, prend souvent une influence prépondérante.
Symptômes. — Les troubles fonctionnels qui constituent la dyspepsie peuvent être, suivant leur prédominance, divisés en plusieurs variétés, mais je m’empresse de dire que ces divisions sont artificielles, et les diverses variétés sont parfois associées chez le même sujet.
Habituellement, la dyspepsie est accompagnée d’inappétence : le sujet n’a pas la sensation de la faim, il se met à table sans appétit, et, même à jeun, il éprouve à l’estomac une sensation de plénitude; il se plaint parfois de crampes d’estomac. Une fois le repas commencé, il mange suffisamment, en ayant soin toutefois de laisser de côté certaines viandes, certains poissons, certains aliments gras ou féculents, certains légumes, qu’il sait par expérience lui être contraires. La digestion se fait lentement : elle est parfois accompagnée de douleurs à l’estomac, de ballonnement à l’épigastre, de congestion à la face, de tendance au sommeil, de douleur, d’éructations, et, dans quelques cas, de vomituritions et de vomissements. Parfois les douleurs et le tympanisme n’apparaissent que deux ou trois heures après les repas. Le matin, au réveil, le dyspeptique a la bouche sèche, amère, la langue pâteuse. La région de l’estomac est
sensible; la constipation est la règle. Cet état des voies digestives (dyspepsie gastro-intestinale) retentit souvent sur l’économie tout entière; ce retentissement peut être le résultat d’actions réflexes, arythmie, dilatation du cœur droit (Potain) ou d’auto-intoxication (Bouchard). Le dyspeptique se plaint de lourdeur de tête, de vertiges1, d’inaptitude au travail; puis survient ce que Beau* a nommé les symptômes secondaires de la dyspepsie, l’anémie, l’amaigrissement, l’hypochondrie, et nous pouvons ajouter aujourd’hui la neurasthénie. Si l’on veut bien se reporter au chapitre consacré à la neurasthénie, on verra dans quelles proportions la dyspepsie et la neurasthénie sont associées.
Parfois les symptômes généraux prennent à la longue une notable intensité, le malade se plaint de palpitations et d’essoufflement, la peau prend un aspect pâle et terreux, et 1 émaciation devient si considérable qu’on se demande, en face de cette cachexie, si la dyspepsie n’est pas sous la dépendance d’un cancer de l’estomac.
La dyspepsie flatulente est caractérisée par une abondante formation de gaz, qui s’ajoute aux autres troubles dyspeptiques. Aussitôt après l’ingestion des aliments, ou quelque temps après les repas, des gaz se produisent dans l’estomac et dans l’intestin, et le ballonnement est tel que les malades doivent desserrer leurs vêtements. Des éructations parfois fort abondantes, simples ou nidoreuses, apportent un vrai soulagement. Cette pneumatose gastro-intestinale n’est pas due exclusivement à des fermentations anormales, elle résulte parfois d’une véritable sécrétion gazeuse analogue à celle qu’on observe chez les hystériques. On a encore admis que ces gaz se forment dans l’intestin, et sont refoulés dans l’estomac par les contractions antipéristaltiques intestinales (Leven)*.