Leven. Traité des malad. de l'estomac. Paris
MALADIES DE L'ESTOMAC
Dans certains cas la dyspepsie est dite acide, les éructations et les vomituritions sont acides, et leur passage laisse à la gorge une sensation de brûlure (pyrosis). Les vomissements acides ne sont jamais plus prononcés que dans la gastroxie.
Il y a une forme de dyspepsie dans laquelle la boulimie remplace l’inappétence; elle se rencontre surtout chez les femmes hystériques ou gastralgiques. La malade éprouve une sensation continuelle de vide à l’estomac, elle a toujours faim ; et, alors même que cette faim est satisfaite, elle est accompagnée d’un sentiment de faiblesse. Cette dyspepsie n’est généralement accompagnée ni d’éructations, ni de flatuosités, ni de constipation ; il y a plutôt de la diarrhée.
Chez les arthritiques et les goutteux, ou chez ceux qui sont en puissance de la diathèse goutteuse, les troubles dyspeptiques sont souvent associés à des congestions du foie, à une hypersécrétion de la bile (policholie). Ces troubles hépato-gastriques alternent souvent ou coïncident avec des éruptions cutanées à forme eczémateuse.
Sous le nom de gastroxie nerveuse 1 (yccairrip, estomac, acide) on a décrit un état dyspeptique qui survient par accès, et qui pourrait bien n’être autre chose qu’une variété de la migraine. Les accès de gastroxie éclatent le plus souvent sous l’influence de travaux intellectuels excessifs, ils reviennent tous les mois, tous les deux mois, et disparaissent sous l’influence d’un repos ou d'un séjour à la campagne. Dans l’intervalle des accès, la santé est excellente. L’accès est constitué par une céphalée violente, par une brûlure à l’estomac, et par des vomissements tellement acides que le pharynx en conserve pendant des heures une sensation d’àcreté et de cuisson.
*• Cet état décrit Par Rossbach sous le nom de gaslroxynsis a été « gastroxie par M. Lépine. Itullct. de la Soc. mcd. deshûp.,
Des analyses ont démontré la présence d’un excès considérable d'acide chlorhydrique et d'acide lactique. Ces accès peuvent être enrayés au moyen de quelques verres d’eau chaude; non traités, ils durent plus ou moins longtemps.
Marche. — Diagnostic. — Traitement. — Les dyspepsies sont de leur nature essentiellement chroniques et sujettes à répétition, celles surtout qui dépendent de la diathèse goutteuse. Bien que nous les ayons séparées du catarrhe chronique de l’estomac, il faut dire que les symptômes des dyspepsies et les symptômes des gastrites se touchent de si près, qu’on est souvent forcé de les confondre en une même description. La difficulté du diagnostic ne consiste pas à reconnaître les troubles dyspeptiques; elle consiste à savoir si ces troubles sont purement fonctionnels, s’ils sont le résultat ou la cause d’un état nerveux (neurasthénie); s’ils sont une manifestation de lésions organiques éloignées (tuberculose, pyélite, néphrite), ou s’ils ne sont pas Y avant-coureur de lésions organiques de l’estomac, d’un ulcère ou d’un cancer. Le problème est parfois difficile à résoudre, car chez certains cancéreux, nous le verrons dans un des chapitres suivants, les symptômes du cancer de l’estomac sont parfois précédés d’une longue période dyspeptique associée ou non à la gastrite chronique et à l’adénome stomacal.
Le traitement est variable suivant la nature et la cause de la dyspepsie1. C’est ici que peut intervenir avec utilité l’analyse du chime stomacal, savoir s’il y a hypochlorhydrie ou hyperchlorhydrie. Le choix des aliments (lait, viandes fortes, viandes blanches), le choix des boissons (boissons alcalines, amères, fermentées), la régularité dans l’heure des repas, un exercice convenable, le régime, en un mot 2, joue un grand rôle dans le traite-