Trousseau. Clin, méd., t. III, p
Le vomissement de sang (hématêmcsc) se présente différemment smvant les cas. Lorsque l’hLorrE J? 1 estomac [gastrorrhagie) est abondante, et lorsque l’hé matemese suit de près la gastrorrhagie, le sang vomi est ouge et liquide; mais si le sang a séjourné dans l'esfomac, au contact du suc gastrique ou des aliments il est i ejete en caillots, ou plus ordinairement sous forme d’un iquide noirâtre, analogue au marc de café ou à la suie dé- ’yee dans leau; c’est le vomissement noir. Quelquefois une partie du sang passe de l’estomac danfŒ? et le malade rend par les selles des matières épaisses omme de la poix et noires comme du goudron ; c’est le melæna (de trouva, ,xéXaç, noir).
l’ukirf dft'H dG restomac accompagne fréquemment ulcéré de 1 es omac ; cette dilatation n’est pas due seule-
ient au rétrécissement organique que peut provoquer
ulcéré de la région pylorique, on la trouve également
cornai aUX Ulcere".des autres ré&'ons de l’estomac; la con laclure spasmodique et réflexe du pylore n’y est sans
doute pas étrangère. Cette contracture du pylore jouerait, du reste, d apres Doyen, un rôle considérable dans la pathogenie de ditlerents symptômes; elle serait l’origine de crampes d estomac, elle serait un des facteurs de la dilatation et des vomissements, elle serait un obstacle à la cicatrisation de l’ulcère, en provoquant la dilatation de organe et le tiraillement consécutif des bords de l’ulcère.
céphalalgie est un symptôme que j’ai souvent observe dans le cours de l'ulcère stomacal, je ne m’en explique pas trop la cause, mais au point de vue sémiologique j en signale la valeur. Cette céphalalgie violente tenace, tourmente parfois les malades autant que les < ouleurs stomacales; elle me parait avoir une réelle importance pour le diagnostic.
Sous 1 influence des douleurs et des vomissements le malade ne tarde pas à dépérir; l’amaigrissement, la perle des forces, en sont les conséquences habituelles;
MALADIES DE L’ESTOMAC
chez les femmes il s’y joint de la dysménorrhée et de l’aménorrhée. La maladie aboutit à une véritable cachexie.
Marche. Durée. Terminaison. — La description que je viens de faire, s’adresse à la majorité des cas. Les troubles dyspeptiques apparaissent d’abord, puis viennent Jes douleurs et les vomissements alimentaires, avec ou sans hémalémèse, et la maladie peut durer des mois et des années, deux ans en moyenne, avec des alternatives d’amélioration qui. grâce à un traitement bien dirigé, aboutissent souvent à la guérison. Mais l’ulcère de l’estomac n’a pas toujours, il s’en faut, les mêmes allures; dans certains cas il évolue à l’état latent, ou ne se trahit que par des troubles dyspeptiques, en apparence insignifiants, et c’est brusquement, au milieu d’une bonne santé, que le sujet est pris d’une perforation de l’estomac, d’une péritonite aiguë, de l’ulcération d’un gros vaisseau, de violentes hématémèses, accidents qui mettent en quelques jours (forme rapide) ou en quelques heures (forme foudroyante) la vie en danger (Jaccoud). Ces terribles accidents se produisent également daus la forme habituelle et chronique de l’ulcère, mais alors ils sont prévus.
Les terminaisons possibles de l’ulcère simple sont les suivantes : la guérison complète ; la guérison avec un reliquat de cicatrices stomacales ou d’adhérences extrastomacales; la mort par hémorrhagie, par perforation, par péritonite, par collapsus, par cachexie. Les récidives de l’ulcère sont assez fréquentes; les accidents peuvent reparaître après quelques mois ou quelques années de guérison ; l’ulcération nouvelle porte parfois sur une ancienne cicatrice.
Complications. — Étudions maintenant en détail les complications que je me suis conlenté jusqu’ici d’énumérer :
La perforation de la paroi stomacale et la péritonite aiguë généralisée qui en est la conséquence s’observent surtout quand l’ulcère occupe la face antérieure de l’estomac, parce que cette région est plus mobile et se prête
moins aux adhérences. La péritonite aiguë par perforation débute brusquement par une douleur terrible avec irradiations lréquentes à la vessie et au rectum. La température tombe souvent au-dessous de la normale entre 55 et 36 degrés. Le hoquet est habituellement précoce et douloureux; le météorisme abdominal est rapide et considérable. Parfois, au lieu du météorisme on constate des contractures du plan musculaire abdominal, des crampes qui rétractent le ventre. Les vomissements sont verdâtres ou nuis ; la constipation est absolue; la face est grippée, les yeux sont excavés, le pouls est misérable et le malade, la peau froide et visqueuse, succombe dans le collapsus. Parfois la mort est si rapide, si foudroyante, que chez les gens dont l’ulcère a évolué d’une façon latente, on en peut susciter un cas de médecine légale et supposer un empoisonnement; Brouardel, dans son ouvrage sur la mort subite, rapporte plusieurs observations de ce genre avec autopsie *. Du reste la péritonite mortelle par perforation est beaucoup plus fréquente qu’on ne pense, chez des gens dont l’ulcère stomacal avait évolué sans douleurs, sans hémorrhagies, sans vomissements, d’une façon lalenle ou presque latente1 2. La violence des symptômes péritonéaux (en l’absence d adhérences) est expliquée par ce fait, qu’il ne s'agit pas ici de petites perforations, comme les perforations intestinales de la lièvre typhoïde, mais de perforations habituellement fort larges, ayant un centimètre, et plus, de diamètre.
Dans d’autres circonstances, la perforation aboutit, non pas à une péritonite généralisée, mais à une péritonite partielle, enkystée*. Des adhérences ont eu le temps de s’établir, des néo-membranes unissent l’estomac, le diaphragme, la paroi abdominale, le foie, le côlon trans-