‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 333 sur 492 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

maladies de l’intestin

g 1. ENTÉRITE AIGUË.

Définition. — V entérite est l’inflammation de la muqueuse de 1 intestin. Quand l’estomac participe à l’inammation, il y a gastro-entérite. Ce mot entérite, sans autre désignation, s’adresse à l’inflammation de l 'intestin grelej si le gros intestin participe à la phlegmasie, c’est entèro-cohte ; la phlegmasie localisée à une portion restreinte de l’intestin prend, suivant le cas, le nom de

(rectumt (du°dénum)’ de UJPhlite (cæcum), de redite

Avant de commencer la description de l’entérite, il esl u i e f e s entendre sur la signification du terme employé; il est essentiel de ne pas confondre l’entérite avec l’un e ses symptômes habituels, la diarrhée, car ces différents états morbides conduisent à des indications thérapeutiques dillcrentes. Et cependant la confusion est fréquente ■ troD souvent on se laisse aller à prononcer le mot d’entérite

ÜILULAFOY, PATHOL. T. II.

aiguë ou d’entérite chronique, alors qu’il s’agit d’une simple diarrhée, trouble non phlegmasique1; je m’explique : Les flux diarrhéiques sont souvent associés à l’inflammation intestinale, et depuis l’entérite catarrhale légère jusqu’à l’entérite grave, ils constituent un symptôme important ; mais dans d’autres cas ils n’ont rien à voir avec l’entérite, ils ont une autre origine. A cette dernière catégorie appartiennent : 1“ les diarrhées sudorales, flux intestinaux qui résultent d’une perturbation apportée aux fonctions de la peau (suppression brusque des sueurs) ; 2° les diarrhées nerveuses, flux intestinaux qui proviennent d’émotions morales de toute nature, ou qui constituent l’un des troubles de sécrétion du tabes dorsalis et du goitre exophthalmique ; 3° les diarrhées par irritation succédant à une excitation anormale des glandes | annexes (foie, pancréas); et à l’ingestion de certains aliments, de certaines boissons. Eh bien, tous ces flux intestinaux sont de simples troubles sécrétoires et doivent être distraits de V entérite aiguë dont je vais maintenant m’occuper.

Étiologie. — L’entérite aiguë est une maladie de tous les âges, et chez les jeunes enfants elle prend une importance spéciale que j’étudierai sous le nom de choléra infantile dans le chapitre suivant. Plus fréquente dans les saisons chaudes, l’entérite est souvent provoquée par un refroidissement-, sous l’influence du refroidissement, qui est un agent provocateur de premier ordre, certaines ■ personnes prennent une entérite comme d’autres prennent une bronchite. Quand on veut bien rechercher la cause première des entérites on voit que ces causes se divisent en deux grandes classes ; elles ont une origine infectieuse ou toxique. Je n’ai pas à parler ici de quelques microbes spécifiques (fièvre typhoïde, tuberculose, choléra), qui provoquent à titre d’épiphénomène des catarrhes spécifiques, mais je fais allusion à ces microbes, hôtes habituels de l’intestin, qui deviennent pathogènes sous l’influence 1. Trousseau. Clin, de V llô lel- Dieu. De la Diarrhée, t. 111, p. 98.

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de certaines conditions; tels sont le coli-bacille1, le bacterium aceti, les amibes, etc. D’autres microbes, ingérés avec l’alimentation, pénètrent de l’estomac dans l’intestin, mais il faut pour cela que les aliments en putréfaction ne trouvent pas dans l’acide chlorhydrique un antiseptique suffisant.

Les substances toxiques capables de provoquer l’entérite aiguë sont les unes élaborées par les microbes, les autres ingérées par l’estomac, d’autres enfin sont fabriquées par l’individu déjà malade : (acide urique de la goutte, carbonate d’ammoniaque de l’urémie, altérations de la bile).

Certains individus sont prédisposés à l’entérite; la constitution médicale, l’influence saisonnière créent l’entérite à l’état épidémique.

Symptômes. — Les entérites sont plus ou moins accompagnées de fermentations intestinales, de décomposition des matières qui aboutissent à la résorption de ces produits avec phénomènes d’auto-intoxication bien étudiées par M. Bouchard.

L’entérfte légère n’est pas fébrile; il n’en est pas de meme de l’entérite intense. Les coliques et la diarrhée sont les premiers symptômes. Les douleurs se concentrent sui tout au pourtour de l’ombilic d’où elles irradient. Les coliques viennent souvent par accès, elles sont parfois très douloureuses, accompagnées de borborygmes et suivies d’évacuations. Les évacuations plus ou moins délayées sont d abord formées des matières contenues dans 1 intestin, puis elles deviennent liquides, jaunâtres, et Sont constituées par de la sérosité, par des mucosités et fle la bile. L’appétit est diminué ou nul, la soif est vive, la langue est saburrale, le ventre est ballonné et douloureux. Dans les cas légers, ces symptômes s’amendent rapidement et la maladie se termine en quelques jours; dans les cas intenses, les évacuations persistent nombreuses

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