Carré. Th. do Paris, 1S
MALADIES DE L’INTESTIN
parfois on englobe dans la même description des phlegmons gangréneux qui résultent, moins d’un processus inflammatoire que de l’irruption de matières septiques et de corps étrangers à travers une perforation de l’appendice vermiforme. 11 y a là une distinction importante à établir.
Symptômes. — Que la pérityphlile soit primitive ou secondaire, elle s’annonce par un appareil fébrile et douloureux. La douleur de la fosse iliaque est vive, exaspérée par la pression et par les mouvements ; elle irradie souvent aux lombes et à la cuisse ; les vomissements sont fréquents, la constipation est la règle. Dans quelques cas exceptionnels le processus phlegmasique se termine par induration ou par résolution ; toutefois la pérityphlite aboutit généralement à la formation d’un abcès. La suppuration ne s’établit pas avant le dixième ou quinzième jour (Grisolles) ; elle s’annonce souvent par une recrudescence des symptômes (douleurs lancinantes, frissons, élévation de température), et la palpation jointe à la percussion (matité) permettent de constater dans la fosse iliaque le développement d’une tumeur qui devient quelquefois fluctuante.
L’abcès, une fois formé, se fait jour par des voies différentes. Quand il s’ouvre dans le cæcum, ce qui est la terminaison la plus désirable, le soulagement est immédiat, la tumeur iliaque s’affaisse, et le malade rend pendant quelques jours une quantité de pus qui diminue graduellement; la disposition de la perforation cæcale ne permet pas aux matières fécales de refluer dans le foyer purulent. Quand l'abcès se dirige vers la paroi abdominale, c’est habituellement au-dessus de l’arcade de Fallope que se fait l’ouverture ; la peau de la région rougit, s’amincit, l’abcès s’ouvre ou bien on l’incise, cl la guérison survient après douze ou quinze jours d’écoulement purulent, il y a néanmoins une complication possible, c’est la formation d’une fistule cutanée (ïrélat).
Le diagnostic est souvent difficile entre la typhlite et la
pérityphlite, la présence ou l’absence des symptômes fébriles, les caractères et l’intensité de la douleur ne sont pas toujours des éléments suffisants de diagnostic La pérityphlite suppurée se distingue du phlegmon sousaponévrotique [psoïtis) par les caractères suivants : dans la psoïtis, la lésion du muscle psoas iliaque immobilise le membre inférieur dans la demi-flexion avec 1 olation en dehors, et les mouvements communiqués sont fort douloureux et presque impossibles