C. APPENDICITE. — PÉRITONITES APPENDICULAIRES
Étiologie. — L’appendicite est beaucoup plus fréquente chez l’homme que chez la femme et plus des deux tiers des cas s’observent entre dix et vingt-cinq ans. Elle résume, en partie, l’ancienne description de la typhlite.
L 'appendice vermiculaire du cæcum peut participer aux lésions de la typhlite et de la pérityphlite; plus souvent, il est le siège de lésions indépendantes. Les ulcérations tuberculeuses1, corps étrangers, pépins, noyaux de fruits, grains de plomb, calculs biliaires et intestinaux, etc.,déterminent l’inflammation, la perforation, la gangrène de l’appendice.
Mais de toutes ces causes, la plus fréquente est le calcul stercoral (70 pour 100). Les concrétions calculeuses stercorales ont la dimension d’une lentille, d’un noyau de cerise ou de prune; ils sont plus ou moins durs et formés de couches concentriques. Les uns prennent naissance dans la cavité de l’appendice, les autres viennent de l’intestin, franchissent la valvule de Gerlach et pénètrent dans l’appendice. La constipation favorise la formation de ces concrétions stercorales qui ont parfois pour centre un corps étranger. En oblitérant la cavité de
1. Lcudet. Ulcér. et perfor. de l'appendice ilio-cæcal. ( Arch . de mtd., 1850).
MALADIES DE L’INTESTIN
l’appendice, le corps étranger détermine la compression des vaisseaux, diminue la vitalité de la muqueuse, favorise l’accumulation des liquides et la pullulation des microbes intestinaux. Ges agents microbiens détruisent, ulcèrent et perforent les parois de l’appendice (Talamon).
Symptômes. — La pénétration ou la présence d’un corps étranger, d’un calcul stercoral dans l’appendice, est parfois accompagnée de symptômes décrits sous le nom de colique appendiculaire. Ces symptômes se traduisent par des douleurs partant de la fosse iliaque droite, avec paroxysmes, nausées, vomissements, ballonnement du ventre, constipation. La colique dure quelques heures, quelques jours et se termine souvent par le rejet du corps étranger dans le cæcum.
Parfois la colique appendiculaire est le premier stade de symptômes autrement graves. Après une ou plusieurs coliques survenues à intervalles plus ou moins éloignés, ou môme sans accès de colique préalable, la maladie entre dans une autre phase : la douleur est constante avec exacerbations extrêmement douloureuses, avec irradiations à l’aine, à l’ombilic, aux parties génitales, à l’abdomen tout entier. La région iliaque se tuméfie, puis le ventre se météorise. En même temps apparaissent des vomissements, d’abord alimentaires, plus tard bilieux, verdâtres, porracés (participation du péritoine), dans quelques cas fécaloïdes (pseudo-étranglement). La constipation est habituelle mais pas absolue. La fièvre est intense, le malade est abattu, la bouche est sèche, la soif est vive, la respiration est gênée, les mains sont froides, les yeux sont excavés. La résolution peut se faire, auquel cas ces symptômes cessent, mais dans d’autres cas, la lésion de l’appendicite aboutit à la perforation ou à la gangrène.
Si des adhérences limitent la lésion, les matières septiques et la suppuration qui en est la conséquence s’enkystent et un abcès iliaque se forme. Cet abcès est bien le résultat d’une péritonite suppurée enkystée, et non pas
au moins au début, le résultat d’un phlegmon du tissu cellulaire iliaque (Ricard). L’empâtement de la région, la limitation de la douleur, la constance de la fièvre, l’apparition de frissons, témoignent de la formation de l’abcès. Cet abcès peut s’ouvrir dans le cæcum ou à la paroi abdominale. Quand la perforation se fait dans le péritoine, la douleur qui signale l’instant de la perforation est extrêmement vive; le ventre se météorise, les vomissements se succèdent coup sur coup, la constipation est absolue, les symptômes simulent un étranglement interne. Alors les accidents péritonéaux se précipitent, tels sont le hoquet, la petitesse et l’accélération du pouls, le refroidissement des extrémités, la tendance à la syncope, au collapsus et la mort.
Diagnostic. — La localisation de la douleur à la région iliaque, la tuméfaction ou l’empâtement de cette région, tels sont les signes qui dès le début permettent de ne pas confondre l’appendicite avec la colique hépatique ou néphrétique. L’appendicite suraiguë et accompagnée de péritonite généralisée peut simuler l’étranglement interne; mais dans l’étranglement interne, le ventre est plus tendu, plus méléorisé, la constipation est plus absolue, le malade ne rend plus ni matières ni gaz, les vomissements fécaloïdes sont plus précoces et plus habituels.
Traitement. — Règle générale, s’abstenir de purgatifs: ménager l’intestin ; appliquer à la région cæcale des sangsues, des sachets de glace, faire prendre au malade des boissons glacées, acidulées, contenant une petite quantité de manne qui agit à titre de laxatif doux. Le reste du traitement concerne la chirurgie.
Il faut savoir prendre une décision, il faut alors opérer sans retard et ne pas perdre un temps précieux à essayer les unes après les autres des médications trop souvent impuissantes.
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