ULCÈRE SIMPLE DU DUODÉNUM
Anatomie pathologique. — L 'ulcère simple du duodénum1 * * a les plus grandes analogies avec l’ulcère de estomac et de l’œsophage; il occupe principalement la pi ornière portion du duodénum, plus souvent sa. face antérieure que sa face postérieure, et il empiète parfois sur ie pylore. Quand il y a plusieurs ulcères, ils se fusionnent et donnent à l’ulcération une forme irrégulière. Il n est pas rare de trouver à la fois l’ulcère de l’estomac et du duodénum. La pathogénie, l'évolution, la cicatrisation, la perforation de l’ulcère duodénal, la palhogénie des hémorrhagies et de la péritonite, sont de tous points comparables au processus de l’ulcère stomacal. Des adhérences et des trajets fistuleux peuvent s’établir entre le duodénum et les organes voisins.
Symptômes. — L’ulcère simple du duodénum peut évoluer d’une façon presque latente comme certains ulcères de l’estomac. Ses symptômes les plus habituels sont : la douleur, les vomissements, le mélœna, l'hématémése4.
1. Chauffard. Ulcères simples du duodénum. Gaz. des hèpit.,1871. —
Toi I lia is. Ulcère simple du duodénum. Thèse de Paris, 1870. — Collin.
Th. de Paris, li!93.
2 Bucquoy. Ulcère simple du duodénum. Areh. de méd. avril, mai,
MALADIES DE L’INTESTIN. 649
Les douleurs se retrouvent ici avec quelques-uns des caractères signalés au sujet de l’ulcère stomacal, elles ont un siège un peu différent, les points xiphoïdien et rachidien l'ont défaut, et elles n’apparaissent que deux ou trois heures après les repas, dans une région voisine du pylore, au-dessous du bord inférieur du foie.
Les hémorrhagies intestinales peuvent être foudroyantes si un gros vaisseau a été lésé : ulcérations de l’artère gastro-épiploïque (Broussais), de l’artère pancréatico-duodénale (Knecht), de l’aorte (Slich), de la veine porte (Rayer). Dans les cas ordinaires, le mélæna se répète à intervalles plus ou moins rapprochés, avec ou sans douleurs, et parfois avec hématémèses, si le sang a reflué dans l’estomac. La pâleur du visage, la décoloration des téguments, la tendance aux défaillances, à la syncope, sont la conséquence de ces hémorrhagies.
La perforation de l’ulcère et la péritonite terrible qui en est la conséquence sont les complications les plus ordinaires de l’ulcère duodénal. Dans quelques cas la péritonite éclate chez des sujets en apparence bien portants; plus souvent elle apparaît chez des individus ayant eu les douleurs et les hémorrhagies que je viens de décrire .
L’ulcère simple du duodénum guérit et se cicatrise comme l’ulcère stomacal; cependant la cicatrice peut déterminer un rétrécissement du pylore et une dilatation consécutive de l’estomac, une occlusion du canal cholédoque avec ictère chronique, une thrombose de la veine porte.
Le régime lacté associé aux alcalins, eau de chaux, eau de Vichy, forme la partie essentielle du traitement.
g 7. CANCER DE L'INTESTIN.
far sa fréquence, le cancer de l'intestin vient aprè?
Ie cancer de 1 estomac, du foie, et du sein; il présente cette particularité d’être assez fréquent chez 1 adulte.
Anatomie pathologique. — Les différentes parties de 1 intestin ne sont pas également envahies par le cancer; ce sont, par ordre de fréquence, le rectum1 2, l’S iliaque*’ le côlon, le cæcum3 et l’intestin grêle; autrement dit, lé cancer devient plus rare à mesure qu’on se rapproche de la partie supérieure de l’intestin. Primitif ou secondaire et ce dernier se développe à la suite d’un cancer de l’estomac, de l’utérus, le cancer intestinal offre les variéfés suivantes : l’épithéliome cylindrique, l’encéphaloïde, le squirrhe. Qu’il prenne naissance dans la couche muqueuse de l’intestin, aux dépens de l’épithélium des glandes, ou dans la couche sous-muqueuse, le cancer, une fois constitué, se présente sous forme de plaque, dé noyau et d 'anneau.
Les plaques cancéreuses transforment parfois un segment d intestin en un tube rigide; les anneaax cancéreux rétrécissent le diamètre de l’intestin au point de permettre à peine le passage d'une plume d’oie. Vu par sa face interne, le cancer est fongueux, bourgeonnant, ulcéré, saignant, ou bien dur et squirrheux, habituellement, l’intestin présente au-dessus du point rétréci une dilatation qui peut acquérir de fortes proportions, et ses couches musculeuses acquièrent une épaisseur parfois considérable. La péritonite cancéreuse, la dégénérescence cancéreuse des ganglions mésentériques, sont des complications fréquentes, habituellement associées à un épanchement péritonéal séreux ou hématique. Les perforations de l’intestin et les communications avec les organes voisins sont des complications plus rares.
Symptômes. — Voici comment procède habituellement
1. R. Mollière. Traité des mal. du rectum et de l’anus. Paris, 18S0.