Richardiôre. Revue de médecine, juillet
avec de longues intermittences, ou bien les événements se précipitent rapidement. Le malade est quelquefois emporté par une complication pulmonaire, phthisie ou pneumonie, et parfois il succombe au milieu des symptômes de la paralysie glosso-labio-laryngée, ou de la paralysie générale.
L'hémiplégie, passagère ou persistante, accompagnée ou non d’apoplexie et d’aphasie, peut s’observer à toutes les périodes de la sclérose en plaques (Blanche Edwards). Des attaques apoplcctiformes surviennent parfois au début ou dans le cours de la sclérose en plaques1 2 * ; ces attaques laissent après elles une notable aggravation et peuvent même se terminer par la mort. Elles ont pour caractère important de déterminer une élévation de température (Charcot), contrairement à l’apoplexie consécutive à l’hémorrhagie cérébrale, au début de laquelle la température est abaissée.
Diagnostic. — Outre les différentes formes que je viens de décrire, la sclérose en plaques se présente parfois sous un aspect insolite, fruste, dégagée de ses symptômes habituels, et accompagnée de symptômes rares. Ainsi, elle a simulé dans plusieurs observations le tableau clinique du tabes spasmodique ; à tel point que certains auteurs avaient vu dans le tabes spasmodique plutôt une variété de la sclérose en plaques qu’une espèce morbide distincte, due à la sclérose primitive et symétrique des cordons latéraux. La sclérose en plaques est quelquefois compliquée d’atrophies musculaires4, et ces atrophies, jointes aux contractures, forment un tableau qui rappelle si bien celui de la sclérose latérale amyotrophique qu’on s’était demandé un moment si cette der-
1. Giraudeau. Accidents vertigineux et apoplecliformes dans les maladies de la moelle épinière. Th. de Paris, 1881.
2. Zimat. Complicat. de la sclérose en plaques. Th. de Paris, 1873.
— Pitres. Anomal, delà sclérose en plaques [Ile v. mens., 1877, p. 893).
— Déjerinc. Sclérose en plaques à forme de sclérose latérale amyotrophique (Itevue de médecine, mars 1885).
nière maladie mérite d’être placée comme espèce morbide dans les maladies de la moelle; toutefois, les lésions anatomiques justifient cette distinction.
On a longtemps confondu la sclérose en plaques avec la paralysie agitante , mais dans cette dernière maladie, entre autres signes distinctifs, et ils sont nombreux, le tremblement atteint surtout les poignets et les doigts, il est continu, tandis que dans la sclérose il ne survient qu’à l’occasion de mouvements voulus. Bien que la parole soit plus scandée et moins trémulante dans la sclérose en plaques que dans la paralysie générale, il faut néanmoins reconnaître que les troubles de la parole sont parfois identiques; mais, dans la paralysie générale, on n’observe ni les mêmes tremblements, ni les mêmes contractures, et les troubles psychiques sont souvent précoces.
Le tremblement mercuriel a bien des analogies avec celui de la sclérose en plaques, il a une certaine amplitude et il peut être exagéré par les mouvements volontaires, mais il ne disparaît au repos que par interruptions, tandis que dans la sclérose en plaques le tremblement est absolument nul tant que le repos est complet.
Dans quelques cas, les crises gastriques, les douleurs thoraciques, les troubles de l’équilibre, rappellent Yataxie locomotrice. Dans plusieurs observations, on a noté une prédominance des troubles paralytiques, hémiplégie partielle, à début brusque, à début lent; monoplégie, paraplégie, si bien que le diagnostic avec Y hémorrhagie cérébrale, avec le ramollissement et les tumeurs cérébrales, présente parfois une réelle difficulté1 2. Cette difficulté est d’autant plus grande, que les attaques de paralysie (hémiplégie ou paraplégie) surviennent parfois dès le début de la maladie.
L’hystérie peut simuler la sclérose en plaques*; elle peut même lui être associée.
1. Gilbert et Lion. Sclérose en plaques à forme paralytique { Arch . de physiologie, juillet 1887).