Cornil. Arch. de physiol
MALADIES DE L'INTESTIN
et gorgés de sang, leurs parois sont revenues à l’état embryonnaire, le tissu cellulaire sous-muqueux ressemble à un véritable phlegmon étendu en nappe au-dessus de la couche glandulaire1. Ces altérations vasculaires résument la lésion principale de la dysenterie ; le travail morbide se concentre sur la zone vasculaire de la tunique celluleuse et sur son expansion périphérique dans la muqueuse (Kelsch) ; il en résulte que la muqueuse, privée de ses moyens de nutrition, se nécrose en bloc et est expulsée sous forme de lambeaux et d’eschares.
Les parties sous-jacentes à la couche glanduleuse (tunique celluleuse) sont deux ou trois fois plus épaisses qu’à l’état normal. Cette tuméfaction est due à la réplétion des vaisseaux sanguins, à l’engorgement des lymphatiques et à l’infiltration du tissu conjonctif; il en résulte des épaississements irrégulièrement disséminés qui simulent une sorte de mamel onnement. La perforation de l’intestin est fort rare ; les cicatrices sont une des terminaisons du processus ulcéreux, elles peuvent déterminer le rétrécissement de l’intestin. L'iléon est souvent altéré dans les formes graves de la dysenterie, il est le siège d’une entérite catarrhale diffuse: les glandes de Lieberkuhn sont en partie remplacées par du tissu embryonnaire, les parois vasculaires sont également transformées en tissu nouveau, mais les altérations n’atteignent pas la couche celluleuse; les follicules elles glandes de Peyer sont respectés.
A la dysenterie aiguë appartiennent les adénites supputes des ganglions mésentériques, le ramollissement et l’hypertrophie de la rate. L’hépatite et les abcès du foie seront étudiés plus tard (art. Foie).
C. Dgsenterie chronique. — La dysenterie chronique et les diarrhées chroniques des pays chauds présentent des altérations analogues, les divergences entre ces deux