Boulland. Th. de faris, 1S
éruption plus ou moins confluente de granulations tuberculeuses, petites, miliaires et superficielles. Dans cette tuberculisation miliaire aiguë du péritoine, les lésions n ont pas eu le temps d’évoluer; les granulations tuberculeuses sont parsemées sur le péritoine comme des grains de semoule, la surface péritonéale est poisseuse parfois recouverte d’une couche fibrineuse. La tuberculose miliaire des plèvres accompagne souvent la tuberculose miliaire du péritoine.
c. A une troisième catégorie appartiennent les faits de péritonite tuberculeuse proprement dite ; il s’agit presque toujours de péritonite chronique ; on peut même dire que la péritonite chronique généralisée, abstraction faite du cancer, est presque toujours d’origine tuberculeuse. Elle présente les lésions suivantes : à l’autopsie, à l’ouverture du ventre, on n’aperçoit pariois aucun viscère, à cause des fausses membranes qui les recouvrent. Ces membianes épaisses, grisâtres, quelquefois hémorrhagiques, sont accumulées en certains points, sous forme de tumeui s ou bosselures qui, pendant la vie, peuvent donner lieu à des erreurs de diagnostic. Le péritoine, le mésocolon, le mésentère, le grand épiploon, sont si épaissis, que le grand épiploon et le mésentère peuvent acquérir une épaisseur d’un centimètre et demi. Cet épaississement tient à 1 infiltration séro-purulente, aux granulations tuberculeuses et au tissu tuberculeux embryonnaire, qui siègent entre les leuillets de ces membranes.
La paroi abdominale antérieure adhère souvent à l'épiploon et aux intestins. Des adhérences s’établissent entre les feuillets du péritoine, entre l’épiploon et l’intestin, entre les anses intestinales qui sont agglutinées et qu’on ne peut pas toujours séparer sans les déchirer. En séparant ainsi les adhérences, on tombe parfois sur de petites cavernse remplies de sérosité et de sang altéré, de pus mélangé à des matières fécales, ou bien encore sur des cavernes remplies de matières caséeuses, véritables abcès fioids du péritoine Le diamètre de l’intestin est rétréci;
ses parois sont imbibées, friables et atrophiées. Le canal intestinal peut être diminué de la moitié ou même des deux tiers de sa longueur (Grisolle). On trouve souvent à sa surface des ulcérations tuberculeuses. L’épiploon se rétracte, le mésentère se ratatine et attire à lui l’intestin grêle. Cette agglomération des anses intestinales réunies en paquet peut simuler une tumeur siégeant au-dessous de l’ombilic. Les fausses membranes peuvent déterminer par compression une thrombose de la veine porte1.
On rencontre parfois des perforations intestinales et des communications entre deux anses intestinales accolées. Exceptionnellement, quand les adhérences n’ont pas eu le temps de s’établir, la rupture d’une ulcération intestinale peut provoquer une péritonite suraiguë.
Le liquide épanché dans le péritoine n’atteint pas en général de fortes proportions, parfois même il fait complètement défaut. Ce liquide est séreux, séro-purulent, tloconneux, il s’enkyste dans la partie déclive et devient caséeux. Il n’est pas rare que le liquide prenne une teinte hémorrhagique. Quelquefois il se fait de véritables hémorrhagies dans le péritoine. Baumgarten rapporte un cas où l’hémorrhagie avait été assez abondante pour former de gros caillots dans la cavité abdominale.
On trouve parfois dans les péritonites tuberculeuses, surtout chez les enfants, de gros tubercules qui atteignent la dimension d’une noisette ou d’une amande et qui sont dus à l’agglomération des granulations tuberculeuses. Les vaisseaux et les ganglions lymphatiques participent toujours au processus tuberculeux. Les ganglions sont quelquefois si volumineux (phthisie mésentérique) qu’ils peuvent, par compression de la veine cave, déterminer l’œdème des membres inférieurs. On découvre souvent des tubercules dans les autres organes de l’abdomen (foie, rate, organes génitaux chez la femme, vessie et uretères chez l’enfant). Conformément à la loi de Louis,