‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 38 sur 492 · Jaccoud. Leçons de clinique, 1886, p · texte numérisé non relu

Jaccoud. Leçons de clinique, 1886, p

•1. Dnjardin-Beaumetz. Myélite aiyué. Th. d’agrégation. Paris, 1872. Ilayem. Deux cas de myél. aig., cenlr.et diffuse (Arch.de phys., 1871).

(: myélite en foyer) : elle s’étend parfois à toute une région de la moelle; quand elle est superficielle, la participation des méninges est constante (méningo-encéphalite) ; dans quelques cas elle se localise à la substance grise de la moelle ( myélite centrale). Comme marche, la myélite est fixe ou envahissante.

A l’autopsie, on trouve des altérations variables suivant Y ancienneté et Vacuité du processus morbide; habituellement la moelle est ramollie, dans quelques cas elle est fluctuante et réduite en une bouillie de consistance et de couleur variables. Mais il arrive souvent que la lésion est beaucoup moins avancée, et même si peu apparente, qu’elle ne peut être reconnue qu’à l’examen histologique.

A sa première période, la myélite est caractérisée par la congestion, par le gonflement de la partie envahie, et par l’exsudation séro-fibrineuse de la trame interstitielle. Les vaisseaux sont dilatés et remplis de sang, les gaines lymphatiques sont encombrées d’hématies et de leucocytes sortis par diapédèse; le cylindre-axe du tube nerveux est très tuméfié, la cellule nerveuse est augmentée de volume *, et le tissu conjonctif est en voie de prolifération.

A une seconde période, on trouve d’abondants éléments embryonnaires formés par la névroglie, et dès le deuxième ou troisième jour, la partie enflammée se ramollit. C’est d’abord un ramollissement rouge qui, plus tard, deviendra jaune ou blanc par les transformations des matières colorantes du sang et par l’addition d’éléments nouveaux. Dans ce foyer de ramollissement se forment des corps granulo-graisseux. Ces corps granulograisseux, dont se chargent les leucocytes, proviennent en partie de la myéline des tubes nerveux. Les hémorrhagies (hématomyélite) ne sont pas rares dans ces foyers de ramollissement, ce sont des hémorrhagies secondaires,

l.tozrcot Tuméfactwn îles cellules et des cylindres dans certains cas de myélite ( Archiv . physiol., 1873).

car les hémorrhagies primitives de la moelle sont tout à fait exceptionnelles*.

A une troisième période correspondent le ramollissement jaune, le ramollissement blanc et les différentes terminaisons du processus anatomique, le passage de la myélite à l'état chronique, la cicatrisation du foyer ou l’extension progressive de la lésion.

Symptômes. — La myélite aiguë est caractérisée par des troubles de motilité, de sensibilité et de nutrition, diversement répartis. Choisissons, comme type de celte description, le cas le plus fréquent, la myélite de la région dorso-lombaire. Des frissons et la fièvre ouvrent la scène, le malade se plaint de douleurs, de fourmillements, de crampes dans les jambes; il accuse des douleurs en ceinture, et l’exploration du rachis, faite avec la main ou avec une éponge imbibée d'eau chaude, est souvent douloureuse à la région dorso-lombaire. La faiblesse des membres inférieurs, accompagnée ou non de contractures, apparaît aussitôt, et elle augmente au point que la marche devient difficile et bientôt impossible ( paraplégie ). Dans quelques cas, la perte des mouvements aux membres inférieurs est absolue. Les mouvements réflexes sont accrus dès la période initiale, et disparaissent plus tard ; la contractilité électro-musculaire suit les mêmes alternatives que les mouvements réflexes.

La sensibilité est compromise ou perdue dans toutes les parties sous-jacentes à la lésion, et cette anesthésie est parfois douloureuse.

L 'incontinence d'urine (paralysie du sphincter de la vessie) est généralement précédée de rétention * (paralysie du corps de la vessie) ; l’urine devient rapidement

1. Ilayem. Des hémorrhag. intra-rachid. Paris, 1872. Thèse d’agrégation.

2. L'indépendance et la succession des troubles de rétention et d’incontinence ont été diversement interprétées. — Voy. Jaccoud : Les paraplégies et l’alaxie du mouvement. Paris, 186t.

ammoniacale, sanguinolente, purulente. On observe aussi la rétention et l’incontinence des matières fécales.

Les troubles trophiques et vaso-moteurs sont nombreux et précoces; des eschares apparaissent aux bourses, aux malléoles, à la région sacrée; cette eschare de la région sacrée ( decubitus acutus ) gagne vite en profondeur et en étendue. A la même période appartiennent l’œdème des membres inférieurs, l’accroissement passager de la température, et plus tard un abaissement parfois considérable de la température dans les mêmes régions L On a signalé des sueurs abondantes- des parties supérieures du corps (Mannkoff).

La myélite dorso-lombaire peut tuer en quelques jours (■ myélite apop!ectiforme)i; la mort survient assez souvent de la deuxième à la quatrième semaine. Quand l’issue doit être fatale, les troubles respiratoires apparaissent, et le malade, plongé dans le marasme et dans le coma, est généralement enlevé par l’asphyxie. La myélite aiguë guérit rarement; j’ai cependant constaté dans mon service un cas de guérison complète chez un malade atteint d’une myélite aiguë non syphilitique. Elle passe quelquefois à l’état chronique.

Variétés. — La myélite aiguë de la région dorso-lombaire, celle que je viens de décrire, est la plus commune, mais la myélite peut siéger en d’autres points de la moelle. Quand elle occupe la région cilio-spinale, qui s’étend de la 5° vertèbre cervicale à la 6° dorsale, on observe aux membres supérieurs des troubles de sensibilité et de motilité analogues à ceux des membres inférieurs, et le sujet éprouve souvent des douleurs ^astriques et des vomissements qui rappellent les crises gastriques de l’ataxie. Parfois les pupilles sont dilatées et les globes oculaires sont saillants, mais ces symptômes

1880 DeS tempéralures basses centrales. Th. d'agrégation 2. Proust et Joffroy. Revue de médecine, avril 1878.

d excitation sont passagers, et le rétrécissement de la pupille succède à sa dilatation.

La myélite de la région cervicale se traduit par des symptômes spéciaux : douleurs à la nuque, contractures dans les muscles du cou, trismus, paralysie des quatre membres ou des bras seulement', douleurs et œdème des membres supérieurs, dysphagie, ralentissement et accélération du pouls, accidents syncopaux et apopleclilormes, hoquet, troubles dyspnéiques, accès desutTocalion.

La myélite aiguë ne reste pas toujours confinée à la région primitivement envahie, elle peut débuter par la région dorso-lombaire, devenir envahissante et remonter jusqu’à la région cervicale. Ce qu’on nommait paralysie ascendante aiguë (Landry) n’est probablement qu’une myélite ascendante, je dis probablement, car à côté de cas cm les lésions étaient indiscutables, il en est d’autres où 1 examen histologique n’a permis de rien découvrir (Vulpian)- ; il y a môme des cas qui ne sont que des polynévrites*. La maladie de Landry peut être très rapide, ou assez lente, elle est presque toujours apyrétique et elle présente, comme superposés, de la région lombaire à la région cervicale, les symptômes que nous venons d’étudier dans les myélites des diverses régions.

Etiologie. Durée. Traitement. — La myélite aiguë est primitive ou secondaire. Le froid, qui était autrefois fort incriminé, est une cause très rare de la myélite1 2 * 4. La

1. Pour expliquer la paralysie des membres supérieurs avant celle des membres inférieurs, il. Brown-Séquard admet que les tractus moteurs des membres supérieurs sont placés plus superficiellement que les tractus moteurs des membres inférieure. Mais pourquoi ne pas admettre, dit il. Hallopeau, que la lésion détruit d'abord les noyaux gris des membres supérieure, avant d'atteindre les cordons latéraux qui contiennent les tractus moteurs des membres inférieurs ?

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