‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 386 sur 492 · DES CIRRHOSES DU FOIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES CIRRHOSES DU FOIE EN GÉNÉRAL

On a conservé le mot de cirrhose pour se conformer à l’usage établi par Laënnec. Les cirrhoses du foie, autrement dit les scléroses où hépatites chroniques, forment une large part de la pathologie de cet organe; elles sont constituées par l’exubérance et par la transformation du tissu conjonctif normal, qui s’étend de la capsule de Glisson aux lobules hépatiques et à l’intérieur de ces lobules. A la première période de son évolution, le tissu de sclérose est un tissu embryonnaire formé d’éléments analogues aux leucocytes. Dans ce tissu conjonctif embryonnaire apparaissent des cellules plates, des faisceaux de fibrilles, et le processus morbide poursuivant son évolution aboutit à un tissu morbide qui est, suivant le cas, plus ou moins envahissant, plus ou moins dense plus ou moins fibreux et rétractile.

La formation du tissu de cirrhose n’est pas livrée au

hasard; le tissu scléreux ne naît pas ici ou là, d’une façon indéterminée : il est presque toujours systématique dans son envahissement. Ainsi, selon le cas, la cirrhose suit le trajet des veines, des canalicules biliaires et des artérioles. La cirrhose veineuse est associée soit aux lésions de la veine centrale du lobule (foie cardiaque, cirrhose cardiaque), soit aux lésions des veines portes périphériques, soit aux lésions combinées des veines centrales et périphériques (cirrhose bi-veineuse, cirrhose atrophique de Laënnec, cirrhose alcoolique hypertrophique). La cirrhose biliaire est associée aux lésions des canaux biliaires, et 1 une de ses variétés, la plus importante, est connue sous le nom de cirrhose hypertrophique biliaire.

Dans bien des circonstances l'agent sclérogène toxiinfectieux attaque les éléments propres du foie, les cellules hépatiques, et leur fait subir des altérations diverses. On avait même admis autrefois, qu’une partie des lésions scléreuses pouvait provenir de la transformation des cellules du lobule hépatique; il y aurait alors une double lésion : l’une, Y hépatite interstitielle, ayant son origine dans le tissu conjonctif de l’organe, l’autre, Y hépatite parenchymateuse ou cirrhose viscérale, ayant son origine dans les cellules hépatiques. Ce rôle des épithéliums n’est guère plus admis aujourd’hui. « En réalité la doctrine des cirrhoses épithéliales a fait son temps. » Letulle'.

Ce sont ces diverses modalités dans l’origine, dans l’extension, dans la topographie, dans l’évolution du tissu conjonctif morbide, auxquelles viennent s’associer 1 état des cellules (atrophie, disparition, état graisseux, pigmentation, adénome), qui impriment aux scléroses du foie leurs caractères particuliers.

Division. — Les scléroses du foie sont partielles ou générales, primitives ou secondaires, isolées ou associées à d’autres maladies telles que la syphilis, l'alcoolisme, l’impaludisme, le diabète, l’artério-sclérosc, les maladies du cœur et du rein.

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