Théorie de la cirrhose. Paris
été encore admise et professée par quelques auteurs aU«-
mands(Birch-Hirschfeld). Cette interprétation consacre une
erreur. Je ne dis pas que la cirrhose atrophique ne puisse débuter par une phase morbide qui augmente momentanément le volume du foie, je ne dis pas que dans quelques formes mixtes que nous étudierons plus loin, le foie cirrhotique de Laënnec ne puisse peser quelques cents grammes de plus qu’à l’état normal, mais ces cas ne sont nullement en opposition avec l’existence de cirrhoses, dites hypertrophiques, où le foie est volumineux et reste volumineux pendant toute la durée delà maladie. Ce sont là des variétés distinctes.
L’autonomie des cirrhoses hypertrophiques avait été entrevue par Requin* et nettement formulée par Todd1 2 *, SI. Jaccoud5 6 l’avait observée et discutée, mais elle ne fut acceptée chez nous qu’à partir du mémoire de M.Ollivier (de Rouen)4, mémoire où l’auteur mit en relief les caractères cliniques de cette affection, et lui assigna des caractères anatomiques précédemment indiqués par MM. Charcot et Luys.
A dater de celle époque, la cirrhose hypertrophique serl de texte à de nombreux travaux. M. Ilayem5 étudie la répartition du tissu scléreux. M. Cornil 0 constate l’inflammation, la dilatation des canalicules biliaires et la formation d’un réseau biliaire intra et extra-lobulaire. M. Hanot7, dans un important travail, admet que l'inflammation des petits canaux biliaires des espaces portes est le point de départ des lésions scléreuses du tissu conjonctif, et il crée définitivement la cirrhose hypertrophique biliaire telle que nous la connaissons aujourd’hui.