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Ibid., mars el mai

7. Essai sur une cirrhose hypertrophique du foie avec ictère. Th. de Paris, 18/6.

Ces conclusions, adoptéespar M. Charcot, concordent avec les expériences entreprises par Leeg et complétées par MM. Charcot et Gombault1, expériences d’après lesquelles la ligature permanente du canal cholédoque détermine chez les animaux une angiocholite.une péri-angiocholite, et consécutivement une hyperplasie conjonctive analogue à celle des foies atteints de cirrhose hypertrophique biliaire.

Alors, la cirrhose hypertrophique biliaire jouit d’une telle faveur, qu’elle semble former une espèce absolument distincte à laquelle on ne doit pas toucher ; sa pathogénie, ses caractères anatomiques et cliniques, la différencient de la cirrhose atrophique de Laënnec, et sont si fortement accentués, qu’il ne parait pas possible de tenter entre ces deux espèces le moindre rapprochement. Sous une forme claire et concise on formule ainsi leurs caractères distinctifs :

1° La cirrhose atrophique de Laënnec est d'origine veineuse (nous dirons aujourd hui, bi-veineuse, péri-portale et sus-hépatique). Cette cirrhose est annulaire, multilobulaire et extra-lobulaire. Le foie est atrophié, déformé et granuleux. Les caractères cliniques sont les suivants : ascite, développement d’une circulation abdominale supplémentaire, hémorrhagies fréquentes, absence d’ictère, durée moyenne de 12 à 18 mois.

i La cirrhose hypertrophique est d 'origine biliaire, c’est-à-dire que le processus scléreux débute par une angiocholile des petits conduits biliaires. La sclérose est mono-lobulaire, insulaire, extra et intra-lobulaire. Le foie est très volumineux et non déformé. Les caractères cliniques sont les suivants : ictère progressif et persistant, accroissement énorme du foie; grosse rate, absence d’ascite et de circulation abdominale supplémentaire ; peu d’hémorrhagies, durée moyenne de trois à huit ans.

Ces deux cirrhoses forment-elles réellement deux

1 Arch. dephysiol ., 1876, p. 272.

espèces distinctes, la scission doit-elle être aussi nettement accentuée, leurs lésions et leurs symptômes ne sont-ils pas souvent combinés, ne peuvent-ils pas donner naissance à des formes mixtes et variées? Telles sont les questions auxquelles j’essayerai de répondre, mais je le dis à l’avance :

1° A côté de la cirrhose atrophique de Laënnec il y a place pour d’autres variétés de foie cirrhosé avec atrophie.

2° A côté de la cirrhose hypertrophique biliaire, il y a place pour d’autres formes de cirrhose hypertrophique avec ou sans ictère.

5° Entre la cirrhose bi-veineuse atrophique type, et la cirrhose hypertrophique biliaire type, il y a place pour des formes intermédiaires. Cette discussion sera entreprise au sujet des cirrhoses mixtes, à l’un des chapitres suivants.

§ 5. CIRRHOSES VEINEUSES.

CIRRHOSE ATROPHIQUE DE LAENNEC.

CIRRHOSE ALCOOLIQUE HYPERTROPHIQUE.

Occupons-nous d’abord de la cirrhose atrophique de Laënnec, sur laquelle se concentre l’intérêt principal de ce chapitre. L’historique en a été retracé au chapitre précédent.

Anatomie pathologique. — Autopsie. — Dans la cirrhose atrophique de Laënnec le foie est toujours diminué de volume et l’atrophie porte principalement sur le lobe gauche (Ererichs). Cependant la théorie d’après laquelle la cirrhose atrophique débuterait par une période hypertrophique ne doit pas être complètement rejetée, car il est des cas, rares, il est vrai, où la phase initiale congestive accroît le volume de l’organe. A une période avancée, le foie est totalement déformé et atrophié, parfois même il ne pèse plus que 700 ou 800 grammes au lieu de 1450, son

poids normal. Sa coloration est brune, rousse (xtppoç, roux), jaunâtre, grisâtre, suivant la prédominance des éléments biliaires ou graisseux. Le bord du foie n’est plus tranchant, il est mousse et souvent labouré par des brides fibreuses qui tendent à le segmenter. La surface du foie est bosselée, lobulée, granuleuse, hérissée de petites masses dures, mamelonnées, d’un jaune roux (cirrhoses de Laënnec), du volume d’une tête d’épingle, d'une lentille, d’un pois, d’une noisette. Ces granulations sont formées par des amas plus ou moins considérables de lobules hépatiques, entourés do traclus fibreux de tissu conjonctif sclérosé. On voit mieux ces détails quand on a enlevé la capsule de Glisson, généralement adhérente, opaque et épaissie. Parfois les granulations ressemblent à de grosses têtes de clous, d’où le nom de foie clouté donné par les Anglais. Dans quelques cas le parenchyme étranglé et énucléé par les zones sclérogènes fait saillie sous forme de chou-fleur *, le foie est divisé en lobes par les traclus fibreux ; c’est le foie lobé.

Le tissu du foie cirrhosé se déchire difficilement, il est dur, il crie sous le scalpel, l’ongle l’entame à peine, et à la coupe on retrouve, comme à la surface, des granulations de dimensions variables, entourées par des travées de tissu fibreux qui leur forment un anneau, d’où elles émergent comme si elles allaient s’énucléer. On parvient du reste à énucléer les granulations quand on fait macérer la pièce dans l’eau.

Examen histologique. — La sclérose atrophique du foie est constituée par une hyperplasie du tissu conjonctif aux diverses phases de son évolution : cellules embryonnaires, cellules fusiformes, tissu fibrillaire et tissu fibreux de rétraction. Le processus débute par une néoplasie embryonnaire et aboutit à un tissu fibreux rétractile. Éludions la marche et l’évolution de ce processus.

Le tissu scléreux de la cirrhose atrophique naît dans

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