‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 404 sur 492 · Roger. Glycosurie hépatique. Rev. de méd., nov. 1SS · texte numérisé non relu

Roger. Glycosurie hépatique. Rev. de méd., nov. 1SS

parcourt son évolution sans révéler sa présence par des symptômes bruyants, et l’on est surpris, à l’autopsie, de découvrir une cirrhose atrophique chez des gens qui ont succombé à une autre maladie. Habituellement elle dure une ou deux années, et dans quelques circonstances, sous l’influence d’un traitement efficace, elle peut être enrayée. Tantôt le malade meurt du fait de la cachexie (amaigrissement, diarrhée, œdeme, muguet) ; tantôt sa fin est hâtée par l’adénome hépatique, par une complication, par une maladie intercurrente : péritonite, pneumonie, érysipèle, endocardite infectieuse, cholécystique suppurée, abcès du foie, néphrite, phlébites, hémorrlia- 9les> .par la tuberculose, qui est fréquente et dont les localisations sont multiples : foie, péritoine (Rendu) 1 Quelques malades succombent avec les signes d’un vrai choléra, diarrhée profuse, algidité, coma, infection secondaire due au coli-bacille (Hanot). Parfois enfin éclatent des symptômes d'ictère grave qui enlèvent rapidement le malade. On verra au chapitre de l’ictère grave, comment e foie déjà altéré et devenu impropre à la défense, se

créenM^r ^ 63 t0XmeS et p3r Ies ‘étions qui créent les icteres graves secondaires.

La cirrhose atrophique n’est pas fatalement mortelle :

ans quelques cas, elle peut rétrocéder et guérir, mais

ces cas heureux coïncident surtout avec les formes

hypertrophiques de la cirrhose alcoolique que je vais

décrire dans le chapitre suivant.

f Cirrhose atrophique aiguë. - La cirrhose atrophique

! a Pas> toujours la forme vulgaire et chronique que je

dans" le! nrire,‘ ^ ^ 3 publié (lualre observations dans lesquelles la cirrhose avait suivi une marche fébrile

et rapu e d une durée comprise entre deux et six mois.

lion * ' ebUt’ f'1 f' I!an0t 3 qui j’emprunte cette descriplon , on note des douleurs plus ou moins vives dans

1. Rendu. Article Foie, loco citato, p. 109 et jûille"°l882)n /l°*e alroP,l*Vue à marche rapide (Arch. de méd., juin

DIEÜLAFOY, PATIIOI,. T. )[

l’hypochondre droit; l’ascite est précoce et peut apparaître avant tout développement anormal des veines abdominales sous-cutanées. Il s’y joint bientôt un œdème assez considérable des membres inférieurs, voire même des supérieurs. La teinte subictérique, les hémorrhagies des muqueuses, les suffusions sanguines sous-cutanées, sans avoir l’intensité qu’elles présentent dans l'atrophie jaune aiguë, sont plus fréquentes et plus accusées que dans la cirrhose atrophique ordinaire. La mort survient au milieu de l’ensemble symptomatique décrit sous le nom d ’acholie.

A l’autopsie, on trouve le foie plus ou moins atrophié, granuleux, dur, et par conséquent comparable au foie de la cirrhose atrophique vulgaire. Mais l’examen histologique révèle des différences essentielles. Ces différences ne s’accusent pas dans le mode de répartition du tissu scléreux, car ce tissu scléreux est systématiquement réparti suivant le processus de la cirrhose vulgaire; les différences tiennent aux lésions des cellules hépatiques. Tandis que dans la cirrhose vulgaire l’altération du protoplasma des cellules est lente à se produire, tardive et incomplète, dans la cirrhose atrophique aiguë la dégénérescence cellulaire est rapide, généralisée et complète. Un grand nombre de cellules sont converties en vérilablesgoutteleltes graisseuses, et l’on dirait que l'atrophie jaune est venue compliquer la cirrhose. Aussi les importantes fonctions du foie étant rapidement anéanties, on voit survenir le tableau clinique de l’ictère grave et de l’acholie. Ceci prouve, une fois de plus, que, « dans les cirrhoses, au point de vue anatomo-palhologique, le diagnostic est lié à la topographie de la néoformation conjonctive, le pronostic à l’état de la cellule hépatique » (Ilanot).

Diagnostic. — Au début, le diagnostic de la cirrhose atrophique du foie n’est guère possible, faute de signes suffisants ; plus tard, il s’accuse plus nettement, dès l’apparition de l'ascite et de la circulation complémentaire, et néanmoins il offre encore quelques difficultés.

Ainsi, la péritonite tuberculeuse chronique 1 a bien des symptômes communs avec la cirrhose : mêmes troubles digestils, amaigrissement progressif, météorisme abdominal, ascite, et, comme il n'est pas toujours possible de constater, d’une part, l’atrophie du foie, et, d’autre part, les lésions du péritoine, il faut rechercher ailleurs les éléments du diagnostic. Dans la péritonite chronique tuberculeuse, le liquide péritonéal est moins abondant, moins tacile à déplacer que dans la cirrhose ; les flancs sont moins étalés, la région péri-ombilicale est moins saillante, la sensation d’ondulation liquide est moins nette. La circulation complémentaire, qui n’est qu’à 1 état d ébauche dans la péritonite, est souvent très développée dans la cirrhose. Les hémorrhagies, l’hypertro phie de la rate et la teinte subictérique des téguments appartiennent plutôt à la cirrhose. Enfin, le sujet atteint de tuberculose abdominale est habituellement atteint de tuberculose pulmonaire.

La péritonite chronique des alcooliques que j’ai signalée dans le cours de cet article a également plusieurs signes communs avec la cirrhose du foie (ascite, t roubles dyspeptiques) ; 1 erreur est parfois d’autant plus difficile à éviter que les cirrhotiques sont le plus souvent des alcooliques.

Le cancer du péritoine (péritonite cancéreuse) peut être accompagné d’ascite et de circulation collatérale, mais ces symptômes sont beaucoup moins développés que dans la cirrhose, la palpation permet de constater des nodosités ou des indurations, et le liquide ascitique retire par la ponction a souvent une teinte hémorrhagique.

La précocité ou l’importance de Yhématémèse et du mélæna est parfois une cause d’erreur ; trop souvent on met ces symptômes sur le compte de lésions ulcéreuses ou cancéreuses de l’estomac et de l’intestin, alors qu’ils .. n f.s s.‘&nes avant-coureurs de la cirrhose hépatique n cirai autant de l’œdème des membres inférieurs’

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