‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 41 sur 492 · Dumolard. Revue de médecine, juillet · texte numérisé non relu

Dumolard. Revue de médecine, juillet

i. Lisez à ce sujet l'excellent mémoire de M. Hallopeau : Des myélites chroniques diffuses (Archiv. de médec. Paris, 1871).

n’est, le plus souvent, que la phase ultime d’une myélite aiguë, et la sclérose réalise l’altération la plus commune de la myélite chronique.

Sous l’influence de la prolifération de la névroglie, le travail de sclérose poursuit son évolution ; le réticulum conjonctif et la paroi des vaisseaux s’épaississent, les tubes nerveux diminuent de volume, la myéline se segmente et se désagrège, les cellules nerveuses perdent leurs prolongements et s’atrophient. La moelle, sclérosée, s’indure, prend une teinte grisâtre, et sé colore facilement par le carmin

Cette sclérose (induration du tissu conjonclif et atrophie consécutive des éléments nerveux) n’est pas toujours irrégulièrement diffuse; elle occupe parfois un segment bien limité de la moelle, une rondelle qu’elle frappe dans sa totalité ( myélite transverse), elle peut n’occuper qu’une moitié de la moelle [myélite hémilatérale (Brown-Séquard), elle prend la forme d’un anneau avec participation des méninges et intégrité de la substance grise ( sclérose annulaire, Yulpian), elle englobe le canal épendymaire, qu’elle rétrécit ou qu’elle dilate (sclérose périépendymaire, Hallopeau), elle envahit successivement différentes régions (myélite envahissante ascendante ou descendante, Hallopeau), mais toutes ces variétés sont autant d’exceptions, et dans sa forme la plus vulgaire, la phlegmasie prédomine sur les parties anléroaterales de la moelle au niveau du renflement dorsolombaire et donne naissance à la paraplégie chronique

La myélite chronique provoque souvent des scléroses secondaires ascendantes ou descendantes qui viennent à la longue, compliquer le tableau initial de la maladie

Les causes sont celles de la myélite aiguë, auxquelles on peut joindre l’hérédité. auxquelles on

Description. — A part les cas où des symptômes d’ex citation (phase aiguë) ouvrent la scène (douleurs four millements, secousses dans les iamhecl u ’ , 1 «b-l» Par des troubles de locomotion S)’ ma'ad'e

Le sujet se fatigue facilement, ses jambes lui paraissent lourdes, la marche devient pénible et d’autant plus difficile qu’il s’y joint souvent de l’anesthésie plantaire (sensation de duvet). Plus tard le malade ne marche plus qu’au moyen d’une canne ou d’un appui, ses pieds quittent à peine le sol, il glisse plutôt qu’il ne marche, aussi la locomotion finit par devenir impossible, la paraplégie est complète. Les mouvements réflexes, d’abord exaltés, persistent tant que la substance grise de la moelle n’est pas détruite.

Les fonctions génésiques sont généralement abolies.

Les troubles de la vessie et du rectum (rétention et incontinence) ne sont précoces que si le renflement génitocrural est envahi1. La rétention d’urine précède l’incontinence, parce que la paralysie du corps de la vessie précède la paralysie du sphincter, mais « la fonction des sphincters reste quelquefois intacte, malgré l’existence de lésions cervico-dorsales, pourvu que cellesci soient superficielles, d’où l’on peu inférer que le cordon cérébro-vésical occupe dans le système antérieur de la moelle une position plus profonde que les cordons des membres inférieurs (Rollett). »

En résumé, la paraplégie accompagnée de paralysie des sphincters forme le tableau habituel de la myélite chronique dorso-lombaire. Mais il n’est pas rare que ce tableau soit modifié par l’apparition ou par la prédominance de quelque symptôme nouveau, tel que les douleurs (lésion des cordons postérieurs), les anesthésies (lésions de la substance grise et blanche postérieures), les contractures (lésions primitives ou descendantes des cordons latéraux), les atrophies musculaires (lésions des cornes antérieures); symptômes que j’ai étudiés en détail dans les chapitres précédents.

La durée moyenne de la myélite chronique est de six ans; la mort est due, soit à l’extension de la paralysie.

Page 1