‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 413 sur 492 · ne tacholie. Ilanot. Arch. deméd., janvier · texte numérisé non relu

ne tacholie. Ilanot. Arch. deméd., janvier

5. Xanlhélasma est un mot mal composé : ÇavOd;, jaune, uO.affj.ai tache noire. ’ 1 ’

quantité de sucre sans que l’urine devienne glycosurique, preuve que les cellules hépatiques sont peu altérées et continuent à transformer le sucre alimentaire'.

L 'hypertrophie du foie est comme l’ictère un symptôme constant, elle peut se faire graduellement ou par poussées, elle peut subir des oscillations, mais elle est persistante et n’a aucune tendance à se terminer par atrophie, quelle que soit la durée de la maladie. Le foie finit par acquérir d’énormes proportions, mais il conserve sa forme et son bord reste tranchant, il est dur et lisse au toucher, il remonte dans la cavité thoracique aii delà du cinquième espace intercostal, il fait saillie dans 1 abdomen jusqu’à la région ombilicale, son lobe gauche se prolonge dans l’hypochondre jusqu'au voisinage de la rate. Celte hypertrophie détermine la voussure des derniers espaces intercostaux et la déformation de la région.

L’exploration du foie ne provoque aucune douleur; dans quelques cas, cependant, la région hépatique est sensible à cause de la périhépatite qui accompagne souvent la cirrhose.

La ratee si presque toujours, on pourrait dire toujours, très hypertrophiée, et ses dimensions sont d autant plus faciles à apprécier qu’elle atteint le double ou le triple de son volume normal. L’hypertrophie du foie et de la rate explique l’ampliation et la déformation de l’abdomen à la l’égion sus-ombilicale.

L'absence d'ascite et l 'absence de circulation complémentaire abdominale sont des symptômes négatifs d’une grande valeur. L’absence d’ascite ne doit pas nous étonner, puisque le système de la veine porte est indemne. Quand l’ascite existe, c’est habituellement à une période avancée de la maladie, contraiiement à l’ascite de la cirrhose atrophique, qui peut acquérir de bonne heure tout son développement. Nous verrons au chapitre suivant, à propos des cirrhoses mixtes, ce qu î faut penser de l’apparition de ces symptômes.

1. Roger. Glycosurie hépatique (Revue de méd., novembre 1886),

Durée. — Terminaison. — La cirrhose hypertrophique, maladie chronique et fatalement mortelle, dure de trois à dix ans. On voit des malades qui pendant des années présentent les grands symptômes de cette affection, l’hypertrophie du foie et de la rate, 1 ictère chronique, sans en être autrement incommodés. Plusieurs conservent indéfiniment leur appétit et leurs foi ces. Parfois cependant, surtout chez les alcooliques, chez les surmenés, apparaissent des phases aiguës, caractérisées par de la fièvre, avec douleur hépatique et accroissement de l’ictère. A la longue, et quelquefois rapidement, vient une période d amaigrissement, d émaciation, de cachexie (sécheresse de Isr peau, anorexie, diarrhée, éruptions cutanées) qui se termine par la mort. Dans d’autres cas la mort est hâtée par une attaque cliolëri~ forme due sans doute à une infection secondaire provoquée par le coli-hacille 1 . Parfois ce sont des complications pulmonaires qui hâtent la terminaison fatale. Dans quelques cas enfin, le foie étant sans défense et la porte étant ouverte aux toxines et aux agents infectieux, la cellule hépatique est anéantie, frappée de déchéance, et parfois brusquement éclatent des symptômes d 'ictère grave, hémorrhagies multiples, accidents nerveux, coma, qui tuent rapidement le malade.

Diagnostic. — Tant que le foie n’est pas hypertrophié et tant que l’ictère permanent n’est pas constitué, le diagnostic n’est pas possible, puisque la maladie repose sur ces deux symptômes fondamentaux. Les douleurs associées à l’ictère simulent des coliques hépatiques, et les poussées d’ictère avec troubles dyspeptiques ressemblent à l’ictère catarrhal. Cette dernière méprise est d’autant plus compréhensible que l’ictère catarrhal, ainsi que nous le verrons à l’un des chapitres suivants, peut durer deux mois et au delà (ictère catarrhal prolongé) avec hypertrophie du foie et avec ictère persistant; il est vrai que dans l’ictère catarrhal, la décoloration des llanot. Semaine médicale, 1893, p. 211.

matières fécales est la règle, tandis qu’elle est l’exception dans la cirrhose hypertrophique.

Plus tard, quand le foie est devenu volumineux et l’ictère permanent, le diagnostic présente encore des difficultés.

Le cancer primitif du foie, le cancer massif, ressemble à la cirrhose hypertrophique par son foie très^ volumineux et non déformé, mais il en diffère par l’absence d’ictère. Le cancer secondaire est souvent accompagné d’ictère, mais la tumeur formée parle cancer est inégale et bosselée. Dans les cancers du foie, la rate n’est pas hypertrophiée, et la maladie arrive, en quelques mois a la période de cachexie. Le cancer mélanique présente cette particularité que le foie hypertrophié n’est ni déformé, m bosselé, c’est un élément de moins pour le diagnostic, mais les autres signes distinctifs persistent, et 1 îclere fait généralement défaut (Straus).

Dans la leucocytliémie, le foie est souvent volumineux et la rate hypertrophiée, mais l’iclère manque et 1 examen du sang permet de constater la leucémie.

Les malades atteints de cachexie paludéenne peuvent avoir le foie et la rate hypertrophiés comme dans un cas de cirrhose hypertrophique; mais chez ces malades l’ictère est beaucoup moins accuse, les accidents actuels ont été précédés, à d’autres époques, d accès palustres, et le traitement (quinine et quinquina) a une influence qu’il n’a pas dans la cirrhose hypertrophique.

La cirrhose hypertrophique a de grandes analogies avec

les kystes hydatiques du foie, et la preuve, c est que des ponctions exploratrices ont été faites plusieuis fois, par erreur ou par insuffisance de diagnostic, mais le kvste hydatique n’a pas, à la palpation, la durel, S s*™* du foie hypertrophié : la rate est normale et 1 ictere est

‘''SÏ'^Wa peut atteindre la dimension du foie biliaire hypertrophié, mais il n est pas accompagne 1ère, et il se rattache presque toujours à des causes

(syphilis, suppurations chroniques) qui favorisent le développement de l’amyloïde dans 1 économie.

Le diabète sucré est accompagné dans quelques cas d’une hypertrophie notable du foie, mais la peau du malade est plus bronzée qu’iclérique (diabète bronzé) , la présence du sucre dans l’urine et les symptômes concomitants permettent de faire le diagnostic différentiel.

Le diagnostic est quelquefois difficile entre la cirrhose hypertrophique et le gros foie syphilitique. Voici comment se comporte cette hépatite syphilitique1 : (( Peu douloureuse, l’hépatite syphilitique se caractérise par des malaises vagues et des troubles digestifs. Elle s’accompagne de diarrhée et d’albuminurie, presque jamais elle n’entraine d’ictère. Localement on constate habituellement une hypertrophie notable du loie et delà raie, sans ascite ou avec une ascite modérée. La palpation permet exceptionnellement de sentir des inégalités à la surface de la glande. » Dans tous les cas il faut rechercher si le malade ne présente pas quelques symptômes ou quelques stigmates de syphilis; il faut, dans le doute, appliquer sans retard le traitement4.

Entre la cirrhose hypertrophique type et la cirrhose atrophique type, la différence est telle qu’une erreur de diagnostic n’est pas possible : dans l’une le foie est volumineux, l’ictère est constant, il n’y a ni ascite, ni ciiculalion complémentaire abdominale ; dans 1 autre le toie est petit, il n’y a presque jamais d’ictère, l’ascite et la circulation complémentaire sont habituelles. Mais entre ces formes bien tranchées il y a des formes mixtes, qui seront étudiées au chapitre suivant et qui offrent quelques difficultés de diagnostic.

Étiologie. — Traitement. — La cirrhose hypertrophique est une maladie de l’àge adulte ; 1 alcoolisme ne doit être que médiocrement incriminé. L’hypothèse d’une infection est admissible mais nullement démontrée-.

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