‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 428 sur 492 · Cruveilhier. Allas d'anal., liv. XII, pl · texte numérisé non relu

Cruveilhier. Allas d'anal., liv. XII, pl

tiques (hépatite parenchymateuse) . Telles sont les lésions que peut entraîner l’oblitération persistante du canal cholédoque; étudions-les séparément.

a. Dilatation de la vésicule. Cholécystite. A la suite d’une obstruction complète et permanente du canal cholédoque, ce conduit peut se distendre au point d’égaler et. dépasser le volume d’une anse intestinale1 : la bile s’accumule dans la vésicule du fiel, et la vésicule acquiert de telles proportions qu’on l'a vue descendrejusqu’à l’ombilic et jusque dans la fosse iliaque droite*. La vésicule ainsi distendue peut contenir plusieurs litres de liquide (tumeur biliaire); Cruveilhier a figuré dans son atlas une vésicule descendant jusque dans la fosse iliaque, et, dans un fait de Benson, on pratiqua la ponction de la vésicule croyant avoir affaire à une ascite et l’on retira deux litres de bile. Le liquide de la vésicule ectasiée par suite de l’oblitération du canal cholédoque ne ressemble donc pas au liquide muqueux, filant, de l’hydrocbolécystite, suite de l’oblitération du canal cystique.

Dans les deux cas, la suppuration peut envahir la vésicule biliaire (infections secondaires). L’empyème de la vésicule est accompagné de fièvre, de douleurs, d’empâtement diffus de la région. La tumeur formée par la vésicule correspond habituellement au bord externe du muscle grand droit ; elle est mate à la percussion et peu fluctuante; elle peut s’ouvrir dans les organes voisins ou dans le péritoine; elle guérit par l'intervention chirur-

gicale. . ,,

b. Dilatation des voies biliaires. L obstruction du cholédoque détermine également l’ectasie des canaux biliaires inlra-hépatiqucs, superficiels ou profonds, et ceux-ci affectent une forme cylindrique ou ampullaire, analogue, dit Monneret, aux dilatations bronchiques. La dilatation est parfois tellement généralisée que le parenchyme du

1. Frerichs, p. 775. Voyez au musée Dupuytren, Appar. de la digest., p. 557-542. Catalogue Houel.

2. Cruveilhier. Anal, palh., livrais. 59, pl. 4, fig. 1, 2, 3.

foie ressemble à un tissu caverneux1. Sous l'influence de la rétention biliaire, le foie devient très volumineux (congestion biliaire du foie) ; sa surface est lisse, sa coloration est olivâtre. A la coupe on voit des conduits biliaires dilatés, d’où s’écoule une bile, souvent mélangée de muco-pus, de sable et de concrétions biliaires, dont la formation a été favorisée par la stagnation de la bile. Les canaux biliaires sont atteints de phlegmasie chronique (, angiocholite ) qui débute par la muqueuse et qui s’étend à toute la paroi du conduit.

L’ictère chronique, la décoloration des matières fécales, la tuméfaction du foie, qui peut descendre jusqu’à l’ombilic, la distension de la vésicule biliaire, qui peut contenir deux et trois litres de bile, sont les premiers résultats de l’obstruction permanente du canal cholédoque. Toutefois, les matières fécales peuvent n’être pas décolorées, si le calcul ou les calculs engagés dans le cholédoque n’en obstruent pas complètement la lumière et permettent en partie l’écoulement de la bile. Quand ces accidents surviennent chez un individu qui a eu des coliques hépatiques, il est facile de remonter à la cause de la lésion, mais quand les symptômes de lithiase ne sont pas nettement accusés, le diagnostic doit être fait avec toutes les lésions capables d’obstruer le canal cholédoque : ictère catarrhal prolongé, cancer primitif des voies biliaires, cancer de la tête du pancréas. Ce diagnostic sera discuté au sujet de l’ictère catarrhal

c. Angiocholite supputée. Abcès du foie. L’angiocholite catarrhale et purulente, la cholécystite purulente, qui accompagnent l’oblitération du canal cholédoque, sont dues à la stagnation de la bile et à l’altération de ce liquide (formation de sable biliaire, présence de microorganismes). La ligature expérimentale du canal cholédoque, faite sur des animaux, donne des résultats analogues et provoque la dilatation des conduits biliaires et l’angio-

t. Raynaud et Sabourin. Arch. dephys.,\819.

cholite1. L’angiocholile ne reste pas toujours à l’état d’inflammation catarrhale, elle devient fréquemment purulente. On retrouve alors dans le foie, à sa surface et à l’intérieur, une quantité d’abcès2, les uns miliaires, les autres plus volumineux, de la dimension d’une noisette à une noix et au delà. Ces abcès ont plusieurs origines : les uns sont dus à l’inflammation d un canal biliaire dilaté, dont le liquide muco-purulent, plus ou moins mélangé de bile, contient de nombreuses cellules cylindriques ; ce ne sont pas la de vrais abcès les autres prennent naissance dans le tissu conjonctif qui entoure les canaux (jpériangiocholite supputée) , soit que les paiois du canal aient été détruites par l’inflammation suppurarative, soit que l’abcès communique par ulcération avec le canal biliaire. La rupture d’un conduit biliaire dilaté dans le parenchyme du foie peut également devenir l'origine d’un abcès volumineux.

L’angiocholite suppurée est presque toujours accompagnée de fièvre. La fièvre débute par un frisson violent, suivi de chaleur et de sueur comme dans un accès palustre. Ces accès sont intermittents3; ils apparaissent tous les jours, tous les deux jours; il y a quelquefois des intervalles de six, huit jours et plus encore entre les accès. Ils ont lieu le soir comme les accès intermittents symptomatiques, contrairement aux accès palustres qui éclatent le matin. Ces accès ressemblent aux accès qui accompagnent quelquefois la simple colique hépatique, et que nous avons étudiés il y a un instant; peut-être la cause est-elle la même, mais elle agit, suivant le cas, à dose différente. Cette fièvre hépatique n’est pas sans analogie avec la lièvre ( fièvre uro-sepliquc ) qui accompagne les altérations des voies urinaires.

L'angiocholite suppurée est extrêmement grave, les cas de guérison sont rares; la mort survient par les progrès

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