Iviener el Kelsch. Maladies des pays chauds
du foie qui ont une origine indépendante de la dysenterie; la nature intime de ces différents abcès nous est inconnue; ce qu’on peut dire, c’est quils n ont rien de commun avec le paludisme.
Que nous apprend la bactériologie ? Pour ce qui est des abcès hépatiques non dysentériques, les recherches bactériologiques ont démontré tantôt la présence des staphylocoques, tantôt l’absence complète de microbes, Pour ce qui est des abcès hépatiques dysentériques, mêmes résultats incertains: tantôt des staphylocoques ou autres bacilles, tantôt absence complète de microbes. Le pus des abcès tropicaux du foie est donc souvent bactériologiquement aseptique, il est peu virulent, alors même que le pus serait extrêmement fétide; cette faible virulence est d’autant plus remarquable, « qu’il est loin d’en être de même pour le pus angiocholitique, qui est essentiellement septique et infectant » (Chauffard).
Description. — L’hépatite aiguë ne débute pas toujours de la même manière. Parfois elle est précédée de congestions hépatiques1 qui n’aboutissent pas d’emblée à l’inflammation suppurée. La congestion se traduit par un point de côté hépatique avec ou sans fièvre, le 1 oie est augmenté de volume, il y a des symptômes d’embarras gastrique bilieux, des vomissements et de la diarrhée. Peu de jours après, la guérison survient, mais le malade atteint du point de côté hépatique est voué aux récidives et à l’hépatite purulente, s’il ne quitte pas le pays.
Souvent l’hépatite aiguë débute par un accès de fièvre complet avec frisson intense, douleurs vives à l’hypochondre et à l’épaule droite; le foie est augmenté de volume, la fièvre est rémittente, la teinte ictérique apparaît dans un tiers des cas, la langue se sèche et le malade présente un aspect typhoïde. Dans d’autres cas, la période initiale de l’hépatite passe presque inaperçue, les symptômes locaux sont nuis et les symptômes généraux se
L. Dutrouleau. Mal. des Européens dans les pays chauds , p. 580;
traduisent seulement par un état de fatigue et de lassitude ou par quelques accès de fièvre, intermittente ou rémittente, qu’on prendrait volontiers pour des accès de fièvre palustre.
Quand l’hépatite doit suppurer, le pus se forme du huitième au douzième jour, et les différents modes de début que je viens de décrire indiquent assez que l’atcès tropical est tantôt annoncé par les symptômes aigus de l’hépatite, tantôt à peine accompagné de quelques troubles gastro-intestinaux. Il y a même des cas où il s’établit sourdement, sans fièvre, à l’état latent; dans d’autres circonstances il révèle sa présence par des symptômes d’une excessive gravité. Localement, l’abcès du foie ne peut être reconnu que s’il a un certain volume; l’étendue de la matité, la déformation du foie, la saillie de l’organe vers la région thoracique ou vers la région iliaque, dépendent du siège de l’abcès.
Une fois formé, l’abcès peut rester stationnaire pendant des semaines et des mois, mais le plus habituellement, dans l’espace de trois semaines environ, il cherche à se frayer une voie au dehors. L’ouverture de 1 abcès dans le péritoine n’est pas toujours suivie, comme on pourrait le croire, d’une péritonite rapidement moi telle , on a constaté dans plusieurs cas une tolérance étonnante du péritoine, et les malades n’ont succombé qu apres quelques jours à des symptômes de dépression et de prostration. L’ouverture de l’abcès dans {'intestin est parfois un mode de guérison; j’en dirai autant de 1 ouverture de l'abcès à travers la paroi abdominale, de I irruption du pus dans les bronches et de la terminaison de l’abcès par vomique1.
Je mentionne à titre de faits exceptionnels 1 ouverture de l’abcès dans l’estomac, dans le bassinet, dans a veine cave, dans le péricarde. 11 ne parait pas impossible que le pus puisse se résorber, et l'abcès laisse à sa place une cicatrice.