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TUBERCULOSE DU FOIE

Les auteurs de la première moitié de ce siècle considéraient le tubercule du foie comme une exception. Pour Andral et Cruveilhier, la dégénérescence graisseuse elai la lésion ordinaire de cet organe chez les

Thaon, en 1872, affirma que, huit fois sur dix, une observation attentive décèle des granulations dans e foie des tuberculeux; mais, plus tard, Julius Arnold exagéra cette proportion, et prétendit que les granulations se trouvent dans tous les cas de tuberculose. La vérité est que si le tubercule hépatique est requent dans toutes les variétés de tuberculose, >1 est la r ^ chez enfant et au cours des tuberculoses aigues minales. La granulation est sa forme la P olu!

mais il peut, par exception, suivre ses aptitudes evo u tives et donner naissance à des masses caseeuses, voire même à des cavernes.

La stéatose et le tubercule ne sont pas les seules lésions que l’on puisse observer dans le foie des phthisiques : la sclérose peut s’y développer comme dans le poumon. L’histoire de ces cirrhoses tuberculeuses du foie, à peu près élucidée, grâce aux travaux de ces dernières années, fournit une contribution intéressante à l’histoire générale des cirrhoses d’origine infectieuse.

A côté de la cirrhose hypertrophique graisseuse de llutinel et de Sabourin (1881), dont la nature tuberculeuse s’affirme de jour en jour davantage, les récents travaux de Hanot, Lauth et ' Gilbert nous ont appris qu’il y a deux autres variétés de cirrhose tuberculeuse, 1 une ficelée, comparable à celle des syphilitiques, 1 autre offrant de grandes analogies par sa topographie avec la cirrhose ï alcoolique vulgaire.

Chez les phthisiques cachectiques, on peut trouver eni core de la dégénérescence amyloïde de la glande hépatique, et chez les phthisiques à cœur forcé on peut souvent constater la lésion dite du foie cardiaque. Ces altérations ne sont pas spéciales aux tuberculeux et ont été décrites 8 ailleurs.

L’expérimentateur aussi bien que l’anatomo-pathologiste et le clinicien ont tiré profit de l’étude de la tuberculose du foie. Il ne faut pas oublier que le tubercule hépatique expérimental a fourni ces dernières années de précieux éclaircissements sur l’histogénèse si controf versée du tubercule.

Anatomie pathologique. — Nous étudierons séparément la granulation tuberculeuse, la dégénérescence graisseuse, la sclérose, l’évolution nodulaire.

La granulation tuberculeuse est la lésion la plus caractéristique. Le foie, granulique est congestionné et les granulations y sont très nombreuses, disséminées au sein des lobules et dans les espaces porto-biliaires. Elles apparaissent sous forme de petites taches rondes, grises, demi-transparentes, nécessitant souvent la loupe pour >S être vues.

D’après Brissaud et Toupet, la topographie du tubercule, variable pour chaque cas, serait assujettie à certaines lois. Dans un même foie, la granulation se systématiserait toujours dans les subdivisions de même ordre, de la capsule de Glisson. L’espace porte sous-lobulaire serait le siège le plus fréquent des lésions. Avec le temps, les tubercules peuvent augmenter de volume et parfois devenir caséeux. La caverne est une lésion exceptionnelle dans le foie des tuberculeux. Quand elle existe, elle est toujours péribiliaire et elle est le résultat d’une véritable angiocholite tuberculeuse. Les parois au canal biliaire qui lui donnent insertion sont en effet semées de fines granulations. En raison de cette localisation des cavernes hépatiques autour des canaux biliaires, M. Chauffard1 suppose qu’à l’action du bacille de Koch s’ajoute l’action d’autres germes associés et de provenance intestinale. Les bacilles de Koch sont très difficiles à colorer dans la tuberculose du foie, sans doute en raison des qualités spéciales du chimisme hépatique.

Il n’est guère de foie de tuberculeux où l’on ne trouve de la graisse. La dégénérescence graisseuse du foie peut être systématisée ou générale. Autour des tubercules hépatiques il est fréquent de constater une petite zone de dégénérescence graisseuse systématisée qui forme « comme une couche concentrique aux zones centrales épithélioïde et embryonnaire » (Hanot et Lautb).

Sous le nom d’évolution nodulaire graisseuse des tuberculeux, Sabourin a décrit une lésion évoluant systématiquement autour des espaces porto-biliaires comme centre et laissant indemne le parenchyme situé autour des veines sus-hépatiques. Que la stéatose soit localisée ou généralisée, la graisse infiltre toujours les éléments cellulaires dont le noyau est conservé avec son affinité pour les matières colorantes. Il y a, pour Ilanot et Lautb, simple infiltration, et non dégénérescence. Les processus

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