‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 455 sur 492 · Chauffard. Semaine médicale, 1" juillet · texte numérisé non relu

Chauffard. Semaine médicale, 1" juillet

♦ion du foie syphilitique du fœtus ou de l’enfant nouveau-né Cette différence anatomique provient du mode Section, qui est différent. Chez l’adulte la lésion est disséminée dans le foie; elle suit en cela les artérioles hépatiques atteintes d’artérite et de péri-artente, et par un processus plus ou moins lent elle aboutit au tissu scléro-gommeux. Chez le fœtus, au contraire, le foie qui reçoit immédiatement une partie du sang placentaire, le foie est infecté uniformément, en totalité, cest lui qu ' recdt les premières atteintes de l'infection; ,1 est atns, un des réactifs les plus sûrs de la syphilis congénitale

^Chez l’enfant syphilitique mort-né, ou mort peu de temps après sa naissance, et atteint de syphilis hépatique, les lésions sont les suivantes : le foie a conserve sa forme et son aspect lisse, parce qu’il n’y a pas encore de formation scléreuse; l’organe est plus volumineux qu’à l’état normal; il est dur, élastique; la teinte habituelle rouge brun a fait place à une teinte gris jaunâtre comme le silex, et sur la coupe du parenchyme apparaissent de petites granulations blanchâtres (gommes microscopiques) analogues à des grains de semoule. (Gubler). Ces lésions ont pour siège de prédilection le lobe gauche et le bord tranchant du (oie.

Cette hépatite syphilitique est une cirrhose jeune, le tissu embryonnaire n’est encore nulle part devenu fibreux, mais histologiquement on constate des lésions diffuses et des lésions nodulaires. Hutinel et Iludelo1 ont montré que cette cirrhose, péri-portale au début, suit les vaisseaux et pénétré avec eux dans les lobules hépatiques, où elle se diffuse. On trouve moins de périhépatile que chez l’adulte ; l’ascite est souvent sanguinolente.

Syphilis héréditaire tardive. — Je réserve une mention spéciale pour la syphilis du foie apparaissant sous forme

i. Arch. de mtd. expérim. 1890, p. 509. Iludelo. Lisions du foie dans la syphilis terl. Thèse de Paris, 1890.

d’hérédo-syphilis tardive. Les lésions gommeuses, amyloïdes, cirrhotiques du foie peuvent être le résultat d’une syphilis héréditaire qui éclate chez l’enfant, chez l'adolescent et même chez l’adulte. M. Fournier en a réuni vingt-cinq cas1. Quand la lésion syphilitique affecte le type de la cirrhose, le foie est habituellement volumineux, induré, déformé; il n’y a pas d’ictère, ou du moins l’ictère est rare, mais l’ascite est un symptôme constant e( parfois le symptôme « qui donne l’éveil ». Cette cirrhose syphilitique est souvent associée à une hypertrophie de la rate et à des lésions rénales avec albuminurie.

On comprend toute la difficulté du diagnostic des cirrhoses syphilitiques, si l’on n’est pas suffisamment éclairé par les antécédents et par les commémoratifs. On peut croire à une cirrhose vulgaire, maladie habituellement incurable, tandis qu’on est en face d’accidents syphilitiques souvent curables. On ne saurait donc porter trop d’attention au diagnostic pathogénique et rechercher avec trop de soin les traces de syphilis acquise ou héréditaire, qui pourraient aider à la notion étiologique du mal.

La marche et l’évolution de la maladie peuvent mettre sur la voie du diagnostic. La cirrhose syphilitique ressemble surtout à la cirrhose atrophique de Laënnec: ascite, œdème des membres inférieurs, météorisme abdominal, circulation collatérale, existent de part et d’autre; mais dans la cirrhose syphilitique le foie est plus volumineux, l’ascite et les autres symptômes sont habituellement beaucoup plus lents à se développer.

Dans le cas d’hérédo-syphilis il faut bien connaître les stigmates qui peuvent aider au diagnostic pathogénique : les altérations dentaires, la kératite diffuse, le crâne natiforme, le front bosselé, les difformités nasales avec ou sans ozène, la tuméfaction et l'incurvation du tibia, les cicatrices de la peau, le sarcocèle, les hypertrophies gan-

1. Fournier. La syphilis héréditaire tardive , p SU. — Barthélemy. Arch. de méd., mai et juin 1SS4.

glionnaires sont autant de stigmates qu’il faut rechercher avec soin.

Le traitement est celui de la syphilis tertiaire. L îodure de potassium à haute dose associé aux préparations mercurielles doit être employé sans retard dès qu’on connaît ou qu’on soupçonne la cause de la maladie.

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