‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 468 sur 492 · Bulletin de la Soc. anatom., 1890, p · texte numérisé non relu

Bulletin de la Soc. anatom., 1890, p

il y a

graisseu-

° v,A«o4;r.iio antérieur. cirrhoses, loie cardiaque,

son tissu est mou, et à la coupe il laisse suinter des gouttelettes graisseuses qui enduisent le scalpel.

La proportion des éléments graisseux est notablement modifiée, le foie en contient 20 à 25 pour 100, au lieu de 4 à 5 pour 100, chiffre normal. Labile est peu colorée, a cause des altérations du protoplasma qui sert probablement à la fabrication du pigment biliaire. L’examen histologique montre que la cellule hépatique a perdu sa forme polyédrique pour prendre une forme spheroidale ; le noyau de la cellule est refoulé à la périphérie, le protoplasma a plus ou moins disparu et la cellule semble convertie en un bloc graisseux.

Les symptômes de la stéatose hépatique sont si peu marqués, que le diagnostic ne peut se faire qu’en ayant recours à l’étiologie. Le foie est volumineux, il n’est pas douloureux; on ne constate ni ascite, ni ictère, ni réseau veineux abdominal. Dans les cas où la stéatose hépatique revêt une marche rapide, les symptômes de l’insulfisance hépatique aiguë (ictère grave) peuvent en être la conséquence.

B. Dégénérescence amyloïde. — Le foie amyloïde est encore nommé foie lardacê, foie cireux. Cette dénomination d’amyloïde est mauvaise ; elle a été donnée par Virchow, qui, se basant sur la réaction que donne le parenchyme malade avec la teinture d iode, avait cru voir là une substance amyloïde; c’est une erreur; la substance qui infiltre la cellule est de nature albuminoïde, bien qu’elle diffère en plusieurs points des substances franchement albumineuses.

Les causes de la dégénérescence amyloïde sont celles de la dégénérescence graisseuse; c’est toujours un pro-

cessus secondaire; il faut signaler, comme ayant une action plus spéciale sur le développement de la dégénérescence amyloïde, la tuberculose chronique, les tuberculoses osseuses, les scrol'uloses, les suppurations prolongées, la syphilis, l’impaludisme, la leucocythémie.

Le foie amyloïde est volumineux, quelquefois énorme; la capsule de Glisson est lisse, vitreuse, rarement épaissie. A la coupe, le foie est assez résistant, lardacé, et comme infdtré d’une matière colloïde très réfringente. Il est facile de déceler l’infiltration amyloïde au moyen de la teinture d’iode. En touchant la surface de section avec la teinture d’iode, la partie touchée prend une teinte rouge acajou qui vire au bleu et au violet. Si l’on fait l’expérience avec le violet de méthylaniline, les parties atteintes de dégénérescence amyloïde se colorent en rouge violet et les parties saines en bleu violet (Cornil).

En étudiant au microscope les parties malades, on voit que la dégénérescence frappe la cellule et les vaisseaux, surtout l’artère hépatique ; les voies biliaires restent intactes. L’amyloïde du foie est souvent associé à des lésions d’une autre nature (stéatose, foie syphilitique).

Les symptômes du foie amyloïde sont aussi obscurs que les symptômes du foie gras1, et la maladie pourrait évoluer à l’état latent, n’était l’énorme dimension que prend parfois la glande hépatique. De plus, la dégénérescence amyloïde du foie est souvent associée à 1 amyloïde de la rate, des reins, de l’intestin, auquel cas d’autres symptômes (diarrhée, albuminurie) apparaissent.

Le traitement doit être basé sur les causes qui ont déterminé la dégénérescence amyloïde; les toniques, les reconstituants, le séjour prolongé au bord de la mer, sont conseillés aux scrofuleux et aux gens épuisés par de longues suppurations; l'iodure de potassium et les préparations mercurielles sont donnés aux syphilitiques.

1. Cazalis. Déyénércsc. amyl. et stéatose du foie, th. de Paris, 1875.

Page 1