Mossé. Élude sur l'ictère grave, thèse de Paris
qui existe entre le vomito negro et l’ictère grave qu’on a quelquefois nommé fièvre jaune nostras.
Une autre difficulté se présente : Un malade a depuis quelques jours un ictère qu’on suppose être un simple ictère catarrhal, un ictère infectieux bénin; il a de la fièvre, des épistaxis surviennent et se répètent, du purpura apparaît; comment savoir si ces symptômes font partie d’un ictère bénin, d’un ictère aggravé ou s ils sont le prélude d’un ictère grave? L’analyse des urines, la recherche de l’albumine, le dosage de l’urée, donnent des renseignements insuffisants; souvent diagnostic et pronostic restent en suspens, et c’est le cas de dire avec Trousseau : « Il en est de l’ictère comme de la pleurésie, on ne sait jamais comment ils se terminent ».
Étiologie. — L’ictère grave primitif, celui que je viens de décrire, est une maladie assez rare, beaucoup plus rare que les ictères graves secondaires. Tantôt il apparaît d’emblée, chez un sujet bien portant; tantôt il ;e développe avec le secours de causes prédisposantes, telles que la grossesse, l’alcoolisme, les excès vénériens. Sous l’influence de conditions encore mal connues, lictèie grave a été observé à l’état épidémique1 2, et il est à remarquer que l'épidémie reste limitée sans tendance à la diffusion ; le foyer ne s'étend pas au delà d une caserne, d’une prison, d’un navire. Il n’est pas rare, dans une même épidémie, d’observer, à côté de cas fort graves, des cas relativement bénins, ayant les allures de 1 ictère catarrhal. M. Kelsch pense que le germe infectieux qui engendre ces différents états est d'origine tellurique *.
Ictères graves secondaires. — Les ictères graves secondaires sont ceux qui surviennent dans le cours d’une maladie (fièvre typhoïde, choléra, pneumonie) qui a mis le foie en étal de réceptivité. La grossesse est dans
1. Arnould et Coyne. Mémoire sur une épidémie d’ictère grave observée à Lille. Gaz. méd. de Paru, 1878. — Carville. Epidi mie ic 1ère grave. Arch. de méd., 1861.