A. Chauffard. Heu. deméd., janvier
suivi de la décoloration des matières fécales. « La sécrétion de l’urine et l’excrétion de l’urée présentent une évolution cyclique et parallèle » : à la première phase, urine rare, bilieuse, pauvre en uree ; a la seconde phase, au moment de la crise, urine abondante et riche en urée. Sous cette forme, l’ictère catarrhal a bien les allures d’une maladie générale. Ces allures, il les tire encore de son mode d’apparition. Souvent, en ellet, l’ictère catarrhal est, comme certaines fièvres, une maladie saisonnière, d’où la vieille dénomination d’ictère vernal ou automnal ; il est épidémique, il atteint deux, trois personnes, ou un plus grand nombre d’individus, faisant partie de la même famille, habitant une même maison, une même localité, une même caserne1. Ces laits ont été fréquemment observés dans l’armée 2 3.
Telles sont les considérations qui engagent à faire rentrer certaines formes d’ictère catarrhal dans la classe des maladies générales, infectieuses, à côté de l’ictère grave, dont elles ne sont parfois qu une manifestation atténuée. Mais le désaccord commence quand il s’agit de savoir quelle est la cause de l’infection.
Pour M. Chauffard, l’ictère catarrhal aurait pour origine les poisons putrides formés dans l’intestin. Ces poisons putrides ou ptomaïnes 5 qui à l’état normal sont résorbés sur place pour être éliminés par le foie4, peuvent, sous certaines influences, accroître leurs propriétés nocives et créer une auto-infection, suivant l’expression de M. Jaccoud.
Pour M. Kelsch les ptomaïnes ne seraient pas la cause du mal. « La chimie nous ramènerait-elle à des idées humorales dont le temps et l’expérience semblaient avoir fait justice et qui d’ailleurs sont si peu encourageantes pour la prophylaxie? » L’agent infectieux serait extérieur.