Sympt. and. du tabes (Pierret, Reu. mens., 1877, p
exceptionnels, la maladie suit une marche rapide, et elle arrive à sa période d’état dès la première année, mais le plus souvent elle dure de six à vingt ans et même davantage. Dans quelques circonstances les symptômes ataxiques n’apparaissent que bien des années après d’autres symptômes tabétiques. Habituellement les troubles cérébraux sont consécutifs aux Iroubles médullaires, mais dans quelques cas c’est le contraire qu’on observe, et le malade atteint d’abord de symptômes cérébraux (congestions apoplectiformes, paralysies, aliénation) ne devient ataxique que plus tard (Fournier). Le pronostic de l’ataxie locomotrice, bien que fort grave, n’est pas absolument fatal, il s’en faut, car la sclérose postérieure s’arrête quelquefois dans son évolution. Sous le nom de tabes bénin, M. Charcot a réuni des observations concernant des gens qui n’ont qu’un petit nombre de symptômes tabétiques, évoluant avec une extrême lenteur, pouvant s 'améliorer et guérir.
Le diagnostic est surtout délicat pour les ataxies frustes ; le plus souvent l’erreur est évitée, si l’on a soin de s’enquérir de la nature des crises douloureuses, si l’on a soin surtout d’interroger minutieusement le malade sur tel phénomène qu’il a omis de signaler, et si l’on rapproche ce phénomène de tel autre symptôme passé inaperçu. 11 faut demander au malade s’il n’a jamais eu quelque indice de douleurs fulgurantes, s’il n’a pas été atteint de diplopie, de strabisme, d’achromalopsie, d’amblyopie, de surdité ou de quelques-uns des nombreux troubles génitaux, vésicaux, trophiques, sécrétoires, que nous avons passés en revue, il faut examiner avec soin l’état des réflexes et les diverses modalités du sens musculaire. 11 est bien rare qu’avec un examen minutieux on ne puisse arriver à reconstituer le diagnostic.
Il ne faut pas confondre le tabes avec quelques étals pathologiques réunis sous le nom de pseudo-tabes1. Les
1. Brissaud. Paralysies toxiques. Paris. Th. d’agrégation. Loval-Picquechcf. Des pseudo-tabes. Th. de Paris, 18S5.
pseudo-tabes s’observent à la suite de névropathies, de maladies infectieuses, de diabète, d’intoxication et surtout dans le cours de l’intoxication alcoolique. Il est bon de connaître la possibilité de l’erreur afin de l’éviter. Dans le pseudo-tabes alcoolique, les troubles parétiques et ataxiques sont précoces, rapides et dominants, ils sont associés aux symptômes de l’intoxication alcoolique, et ils ne sont presque jamais accompagnés de cette pléiade de symptômes : douleurs fulgurantes, crises viscéralgiques, paralysies oculaires, désordres des sphincters et tant d’autres, qui forment dans le vrai tabes la période præataxique.
On ne confondra pas l’ataxie locomotrice (maladie de Duchenne) avec la maladie de Friedreich. Cette dernière maladie a été improprement dénommée ataxie héréditaire; elle est en effet héréditaire et surtout familiale, mais l’hérédité joue également un rôle considérable dans la maladie de Duchenne. L’ataxie musculaire décrite par Friedreich est une affection encore mal caractérisée anatomiquement, mais dont la description clinique est bien connue1 2. C’est une affection de l’enfance et de la puberté. « Sans être l’ataxie locomotrice, ni la sclérose en plaques, ni une combinaison de ces deux maladies, elle emprunte à la première l’incoordination motrice des membres et l’absence des réflexes rotuliens, à la seconde le nystagmus et l’embarras de la parole. Mais elle diffère à la fois de. l’une et de l’autre par ses autres symptômes, par l’étiologie, par son mode d’évolution et son pronostic » (Charcot). Les douleurs fulgurantes, les crises douloureuses vésicales, les anesthésies, les troubles trophiques, qu’on rencontre dans l’ataxie de Duchenne, font défaut dans l’ataxie de Friedreich. Les vertiges, les attaques épileptiformes, la névrite optique, manquent aussi dans la maladie de Friedreich.
Anatomie pathologique. — On sait aujourd’hui que