Trousseau. Clin, méd., 1. 2, p
MALADIES DES VAISSEAUX
OSS
b. Dyspnée. Les troubles respiratoires, provoqués par l’anévrysme de l’aorte, affectent les modalités les plus diverses; un tel a des spasmes de la g lotte avec accès de suffocation, dont le mécanisme sera étudié plus loin; un autre a une paralysie des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, dilatateurs de la glotte; un autre a du hoquet accompagné d’angoisse et de constriction thoracique (nerf phrénique). Parfois la dyspnée est continue, ou presque continue, réveillée et augmentée par le moindre effort; l’inspiration est pénible, sifflante, stridente, accompagnée de cornage (compression de la trachée ou d’une grosse bronche). Le cornage, complet ou incomplet, est un symptôme d’une grande valeur : quand le malade est au repos, le cornage est habituellement peu accentué, on constate une inspiration rude, nn peu bruyante, un peu prolongée, mais sous l’influence des efforts apparaît le vrai cornage. Quand une grosse bronche est comprimée, l’auscultation permet de constater l’abolition ou la diminution du murmure vésiculaire dans le poumon correspondant. Quelques malades ont une toux quinteuse et coqueluchoïde.
c. Troubles de la voix. On observe, suivant le cas, de la dysphonie ou voix bitonale (Jaccoud), de la raucité de la voix, de l’aphonie. Ces troubles vocaux sont intermittents ou continus, et tiennent, comme nous le verrons plus loin, à l’état de paralysie des cordes vocales, surtout de la corde vocale gauche, ce qui est facile à constater au laryngoscope.
d. Dysphagie. La gêne de la déglutition est continue ou intermittente; elle dépend de causes multiples : de la compression de l’œsophage par l’anévrysme, de la paralysie ou de l’excitation des rameaux du pneumogastrique et du récurrent qui innervent les muscles constricteurs de l’œsophage et du pharynx.
Signes physiques. — A. l’examen du thorax, on constate une matité qui est en rapport avec le volume de la tumeur, et l’on découvre parfois une voussure de la région
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
aortique. Si la tumeur est visible à l’extérieur, elle se manifeste par des battements; on dirait qu’il y a deux cœurs dans la poitrine (Stokes). Le battement de la tumeur est simple ou double; le premier battement est dû à la pénétration de l’ondée sanguine dans l’anévrysme, le second battement est diversement interprété; il serait dû au retour de l’ondée sanguine dans la poche, au reflux sanguin venant des artères collatérales, peut-être même les deux battements ne représentent-ils que la distension en deux temps de la tumeur anévrysmale (Franck). Ces battements sont en retard sur la systole cardiaque, ils sont expansifs et quelquefois accompagnés de thrill.
L’auscultation de la poche anévrysmale fait percevoir des claquements et des souffles *, qui sont, comme les battements, simples ou doubles, et qui peuvent être perçus à la région thoracique antérieure, et parfois à la région interscapulaire2; le premier claquement est dû au choc de l’ondée sanguine sur les parois de l’anévrysme, le second est la propagation du claquement des valvules sigmoïdes. Le premier souffle est dû aux rugosités de l’athérome aortique ou à la compression de l'aorte par l’anévrysme, le second souffle (souffle de retour) est dû au retour de l’ondée sanguine dans le sac, ou à l'insuffisance aortique qui accompagne parfois l’anévrysme.
Le pouls radial présente des caractères particuliers; au tracé sphygmographique les lignes d'ascension et de descente ont sensiblement la même longueur, parce que le mouvement brusque et saccadé de la pulsation artérielle est transformé en un mouvement presque continu par la présence d’une poche extensible sur le trajet de l’arbre artériel (Marey). Si l’anévrysme s’est développé avant l'origine des grosses artères, le pouls radial est isochrone des deux côtés, et il y a un retard dans la pulsation radiale gauche, si l’anévrysme s’est développé