‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 38 sur 293 · PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX · texte numérisé non relu

PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX

D’après le siège de la lésion, on peut classer les paralysies laryngées, en paralysies d’origine périphérique, bulbaire et cérébrale.

Lésions périphériques. — Les nerfs laryngés peuvent être directement lésés par traumatisme (Neuman), par intervention chirurgicale et par compression. La compression, plus fréquente chez l’homme que chez la femme, atteint le récurrent gauche plus souvent que le droit (Avellis); elle est due à des tumeurs du corps thyroïde, aux tumeurs ganglionnaires, abcès, cancer de l’œsophage, anévrysmes des gros vaisseaux du médiastin et de la base du cou, péricardites, épanchements pleuraux. Les tumeurs de la base du crâne et les fractures peuvent comprimer ou léser le nerf vague et le nerf spinal. Le tabes, la diphthérie s’accompagnent de lésions des troncs laryngés; il en est de même de certaines intoxications et infections (alcoolisme, saturnisme, morphinisme, syphilis, diabète). Enfin des paralysies plus ou moins durables des muscles du larynx sont attribuables à l’action extra ou intra-cervicale du froid.

Lésions bulbaires. — Les noyaux du spinal peuvent être atteints par les lésions suivantes : néoformations syphilitiques, tumeurs, carie, ramollissement, hémorrhagies, inflammation aiguë ou chronique du bulbe, pachyméningites, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, paralysie labio-glosso-laryngée, tabès.

Lésions cérébrales. — Le pied de la troisième circonvolution frontale (Garel), la substance blanche sous-

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

jacenle (Déjerine), la partie externe de la capsule intern (Garel et Don) ont été trouvés lésés chez des sujets atteints pendant la vie de troubles paralytiques laryngés. Ajoutons que ces mêmes troubles peuvent être dus à l'hystérie, ou provoqués par suggestion.

Les paralysies peuvent atteindre plusieurs groupes mus culaires, un seul groupe ou un seul muscle1.

Paralysie des dilatateurs. — La paralysie isolée démuselés crico-aryténoïdiens postérieurs (respirateurs et dilatateurs de la glotte) est fort rare (Ziemssen)*; on l’a récemment signalée dans la phthisie laryngée (Gouguenheim). Quand les deux muscles sont paralysés, les cordevocales ne s’écartent plus, elles s'accolent comme deux soupapes au moment de l'inspiration, sollicitées qu’elles sont par les muscles constricteurs, et l’air ne pénétrant qu’en très faible quantité par la glotte inter-aryténoîdienne, une dyspnée intense est la conséquence de cette paralysie. L’elTort est possible, et la voix n’est que légèrement altérée. Si la paralysie est unilatérale, on constate au laryngoscope l’immobilité de la corde vocale au moment de l’inspiration.

Paralysie des constricteurs. — La paralysie des constricteurs (muscles de l’effort et préparateurs du son) est beaucoup plus commune que la précédente; elle est quelquefois bilatérale (hystérie, diphthérie), mais, le plus souvent unilatérale, et presque toujours consécutive à une lésion directe du nerf récurrent ou du spinal. La longueur, le trajet et les rapports des nerfs récurrents expliquent la fréquence relative de cette paralysie. L’étiologie en est fort variée : anévrysme de la carotide (Mackenzie), paralysie double par tumeur cancéreuse siégeant au niveau des trous déchirés postérieurs (Türck), cancer du nerf récurrent (lleller), paralysie double par tumeur anévrysmale de la sous-clavière et du tronc bra*

1. Pour compléter celle élude, voir la Physiologie des muscles du

larynx (page 8).

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