Raymond. Bull, de la Soc. anat., 1888, p
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dies telles que le typhus, la scarlatine, la rougeole, la variole, le choléra. Dans quelques cas, elle est le ^résultat d'une intoxication par la térébenthine, le cubèbe, les balsamiques, et surtout la cantharidine.
Les affections des organes génitaux de la femme, le cancer de l'utérus, les infections de l'urèthre, de la vessie et de l'uretère (blennorrhagie) déterminent fréquemment la pyélyte; les agents infectieux prennent l'urine comme milieu de culture, et l'infection se fait alors presque toujours par voie ascendante.
Il y a une pyélite tuberculeuse, que j'ai longuement décrite à l'un des chapitres précédents.
La lithiase rénale est la cause la plus fréquente de la pyélo-néphrite. Je lui ai donné, aux chapitres précédents, de tels développements, que, pour éviter les répétitions, je renvois aux descriptions des pyélites calculeuses et des pyélites tuberculeuses; on y trouvera décrits la pathogénie, l'anal omie pathologique, la symptomatologie et le diagnostic de ces pyélo-néphrites.
§ 16. NÉPHRITES SUPPURÉE8
Anatomie pathologique. — Pathogénie. — Je décrirai dans cet article les néphrites suppurées proprement dites et les abcès métaslatiques du rein. L'histoire de la néphrite suppurée se confond souvent avec celle de la pyélite suppurée, c^s deux lésions pouvant n'être que les étapes successive? d'une même infection.
La néphrite suppurée est bilatérale ou unilatérale. Ses causes sont multiples. Les unes sont exceptionnelles, telles les contusions, les plaies, le voisinage d'une collection purulente (abcès par congestion, abcès du foie); les autres, plus fréquentes, sont dues à l'infection par voie ascendante et à l'infection par voie sanguine. Les cystites, l'hypertrophie de la prostate, les rétrécissements de l'urèthre, les
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opérations qui se pratiquent à l'urèthre, ou à la vessie, sont autant de causés de néphrite par voie ascendante.
Dans la néphrite par voie sanguine, la filiation pathogénique, d'après Albarran, est la suivante : l'affection primitive des voies urinaires amène une infection générale et le microbe charrié par le sang s'embolise dans les vaisseaux rénaux. Albarran a reproduit chez le lapin, par injection du colibacille dans l'uretère, des néphrites suppurées ascendantes et par voie sanguine. Du reste, toute injection sanguine (staphylocoque, pneumocoque, streptocoque, etc.) peut provoquer des abcès du rein.
Dans la néphrite suppurée, la suppuration est diffuse ou collectée en abcès; ces deux formes sont parfois réunies. La néphrite diffuse débute par une congestion de l'organe : le rein est tuméfié, rouge à la coupe et parsemé d'ecchymoses qui résultent d'hémorrhagies parenchymateuses et interslitielles. Puis le pus se forme et infiltre le rein dans la substance corticale et dans les pyramides. L'organe est jaunâtre et opaque à la coupe, et par la pression on fait jaillir du pus bien lié.
A la coupe, la néphrite peut être infiltrée ou rayonnait le (Albarran). Dans la forme diffuse infiltrée, le parenchyme est marbré de rouge et de gris; on trouve des abcès de dimensions diverses, siégeant plus communément vers la substance corticale ou vers la base des pyramides. Dans la néphrite rayonnante, les pyramides sont parcourues de stries perpendiculaires de couleur grise, qui se détachent sur un fond rouge foncé. Quelques-unes de ces stries sont plus larges, en forme de coin à base périphérique, et contiennent parfois une gouttelette de pus. Le centre des foyers est le plus souvent un tube dilaté par les microbes qui se trouvent aussi dans le glomérule, entre le bouquet et la capsule. Les abcès récents contiennent un pus bien lié et leurs parois sont formées par le tissu même du rein. Les abcès anciens contiennent un pus mal lié souvent mélangé à des sels calcaires, et leurs parois sont formées par une membrane de tissu conjonctif. Lorsque, la lésion est ancienne,
le rein est plus ou moins déformé et bosselé. Ces abcès sont rarement plus volumineux qu'une noisette ; les grands abcès concernent surtout les suppurations du bassinet. Les abcès du rein peuvent s'ouvrir dans le bassinet et s'écouler par les urines, dans le duodénum, dans la région lombaire à travers les parois abdominales, dans le péritoine, où ils provoquent une péritonite suraiguë, dans les bronches après perforation du diaphragme. Ceux qui guérissent sont suivis de cicatrice et d'atrophie rénale.
Les abcès métastatiques (infarctus du rein) se présentent sous forme d'abcès miliaires isolés ou agglomérés. Ces agglomérations se continuent dans la substance corticale et dans la subtance médullaire; elles ont la forme d'un cône dont la base est à la périphérie, topographie qui est en rapport avec la distribution des artérioles du rein.
Description. — La néphrite aiguë suppurée s'annonce par des frissons et par une fièvre qui prend quelquefois le type intermittent; les nausées et les vomissements sont fréquents ; le malade se plaint d'une douleur vive localisée à la région du rein, au niveau du carré des lombes, et irradiant de là en différentes directions, du côté des uretères, de la vessie et du testicule. Les envies d'uriner sont fréquentes, impérieuses, et le malade ne rend habituellement qu'une petite quantité d'urines fortement colorées, acides, contenant souvent du sang et de l'albumine. Parfois, la néphrite n'affecte pas ce début brusque et bruyant, elle s'installe insidieusement et revêt un aspect typhoïde avec symptômes adynamiques, prostration, sécheresse extrême de la langue, sueurs. De même que l'on observe, chez les vieillards, des pneumonies suppurées apyrétiques, de même on voit assez souvent des néphrites suppurées amener la mort chez les gens vieux, sans réaction fébrile. La gravité de la néphrite suppurée tient à l'âge des malades (vieillesse), à la cause qui lui a donné naissance, à l'étendue de la suppuration, à la durée de la maladie, à l'état de l'autre rein. Si les deux reins sont compromis, la mort peut survenir par accidents urémiques.
Diagnostic. Traitement. — La néphrite suppurée a rarement un début brusque ; le siège et les irradiations des douleurs ainsi que les troubles urinaires plaident en faveur de la néphrite. Au moyen de l'appareil séparateur de Luys, on saura si la néphrite est unilatérale ou bilatérale. Les douleurs de la néphrite peuvent simuler les douleurs de la colique néphrétique, mais cette dernière est apyrétique, ce qui juge la question. Dans la pyélite, les urines sont purulentes dès le début et elles restent purulentes. Dans la néphrite, l'apparition du pus est tardive et parfois momentanée.
Il faut opposer à la néphrite aiguë un traitement antiphlogistique. Les sangsues à la région du rein sont indiquées. On prescrit des boissons émollientes et légèrement diurétiques; on oppose à la douleur les injections souscutanées de morphine, on combat les vomissements au moyen de boissons glacées, mais il faut ne pas perdre un temps précieux : au contraire, il faut se tenir prêt à agir chirurgicalement. (Voir le chapitre VI sur le traitement chirurgical des néphrites.)