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G. SCLÉROSE ET ATROPHIE RÉNALE CALCULEUSE

Après avoir étudié les lésions septiques du rein calcuieux, la pyélite, la pyélo-néphrite, le phlegmon périnéphrétique, étudions le processus sclérogène qui aboutit à la sclérose, à l'atrophie rénale.

L'atrophie scléreuse du rein existe avec ou sans hydronéphrose. L'hydronéphrose calçuleuse est fort rare ; ce qui est plus fréquent, c'est Ici pyonéphrose. Brault et Gornil ont étudié les altérations du rein qui succèdent à la compression, à la ligature, à l'obstruction des uretères; ils ont vu que ces altérations aboutissent à l'atrophie du rein. Quand les uretères et le bassinet sont dilatés et contiennent du liquide, le rein calculeux paraît augmenté de volume, il est œdématié, la limite des substances corticale et médullaire n'est plus nette ; les calices refoulés par la pression du liquide refoulent à leur tour la substance corticale. A la coupe du rein, on trouve des calculs qui se traduisent souvent à la surface extérieure du rein par des bosselures de l'organe (Le Dentu). La substance corticale est creusée de loges et de cavités. Quelques-unes de ces loges communi-

quent largement avec la cavité ectasiée des calices et du bassinet, d'autres sont isolées, à la façon de petits kystes indépendants.

A l'examen histologique, le rein calculeux présente des lésions que Jardet1 a étudiées et divisées en trois étapes aboutissant à l'atrophie de l'organe : au début, la lésion rénale est caractérisée par une stase de l'urine avec ectasie du tube urinifère depuis les glomérules jusqu'aux papilles ; l'ectasie glomérulaire porte sur la capsule de Bowmann tandis que le bouquet capillaire glomérulaire est atrophié. Les artères de la voûte sont épaissies et atteintes d'artérite. A une période plus avancée, la sclérose envahit la substance médullaire et la substance corticale sans aucune systématisation; la lumière des tubuli est tantôt dilatée, tantôt rétrécie, les glomérules sont scléreux et atrophiés. Enfin, à une dernière période, la sclérose aboutit à l'atrophie rénale ; toutefois la substance du rein peut être atrophiée, bien que le rein dans sa totalité soit augmenté de volume à cause de la distension des calices et du bassinet; dans le cas contraire, la sclérose atrophique aboutit à la diminution du volume de l'organe. Un point essentiel mis en relief par Jardet, c'est que les lésions scléreuses atrophiques du rein calculeux ne sont pas toujours, il s'en faut, consécutives à l'oblitération mécanique de l'uretère; il -est vraisemblable au contraire (pie ces lésions scléreuses précèdent l'oblitération.

« Lorsque, par néphrite atrophique, un des reins a disparu dans les cas de calculs rénaux, l'autre rein est habituellement hypertrophié, mais cette hypertrophie est moindre qu'au cas de néphrectomie, et sa disposition est moins régulière. Le rein, dans son ensemble, paraît plus gros, mais on trouve presque toujours, à l'œil nu, des traces évidentes de sclérose rénale partielle. Au microscope, on constate facilement que, dans certains points, il y a de la

1. Jardet. Lésions rénales consécutives à la Hthiase urinaire. Thèse de Paris, 1885.

sclérose, que dans d'autres les canaîicules sont plus larges et les glomérules augmentés de volume : en somme la compensation par hypertrophie existe, mais elle ne se voit que dans certaines portions du rein. Cette particularité me parait devoir être attribuée à la bilatéralité fréquente des lésions de néphrite dans le rein calculeux ; les lésions rénales scléreuses, si fréquentes dans ces cas, ne sont pas dues exclusivement à la présence des calculs dans le bassinet ; elle reconnaissent pour cause l'élimination irritante de l'urine dont la composition est modifiée par le mode particulier de nutrition du malade » (Albarran1).

Tant que la lésion scléreuse n'atteint que le rein calculeux, la fonction urinaire est assurée par le rein du côté opposé, mais il est des cas, où les deux reins sont envahis par la lithiase, ou par le processus scléreux, alors apparaissent les petits accidents du brightisme et plus tard les grands accidents de l'urémie. Raymond a publié à ce sujet une observation qui résume bien la question : il s'agit d'un vieillard, n'ayant jamais présente ni coliques néphrétiques, ni symptôme de lithiase rénale; cet homme succomba à des accidents urémiques2. A l'autopsie on constata des calculs volumineux dans les deux reins et une atrophie de la substance corticale avec prédominance de néphrite interstitielle.

§ 15. PYÉLITE — PYÉLO NÉPHRITE

La pyélite est l'inflammation de la muqueuse des calices et des bassinets ; elle est aiguë ou chronique, associée ou non à la néphrite (pyélo-néphrite). Ce mot de pyélite a été conservé, bien que son étymologie (ttûeXo;, pelvis) n'ait aucun rapport avec la localisation morbide. La pyélite peut survenir à titre d'infection secondaire dans plusieurs mala-

i. Albarran. L'hypertrophie compensatrice en pathologie rénale. Presse médicale, 22 février 1899.

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