PHLEGMON PÉRINÉPHRÉTIQUE SECONDAIRE ET PRIMITIF
On donne le nom de phlegmon, ou d'abcès périnéphrétique, ou de périnéphrite, à la suppuration de l'enveloppe cellulo-adipeuse du rein. Cette couche cellulo-adipeuse, bien étudiée par Tuftîer sur des pièces congelées, est surtout abondante à la partie postérieure du rein et à ses deux extrémités. Elle est en continuité avec le tissu celluloadipeux sous-péritonéal et avec le tissu cellulaire de la fosse iliaque et du petit bassin. D'aulre part, elle se continue avec le tissu cellulaire de la région lombaire en dehors du carré des lombes, entre les limites des muscles grand dorsal et grand oblique. La suppuration peut rester
(antonnée au foyer périrénal sans empiéter au delà, mais parfois, à la faveur des connexions que je viens de signaler, elle s'étend au tissu cellulaire des régions lombaire, dorsale et fessière, au tissu cellulaire des fosses iliaques et jusqu'aux parages de la vessie et du rectum. Ce simple aperçu indique déjà combien le phlegmon^ périnéphrétique peut s'étendre loin de son foyer originel. Étudions séparément le phlegmon périnéphrétique secondaire et le phlegmon périnéphrétique primitif qui est le moins fréquent.
Phlegmon périnéphrétique secondaire. — Le phlegmon périnéphrétique secondaire succède aux lésions des organes voisins, et principalement à certaines altérations des reins. Au premier rang se place la lithiase rénale (graviers et calculs) avec ou sans pyélo-néphrite ; l'infection périnéphrétique se fait par propagation ou par perforation. La tuberculose du rein est également une cause favorable au développement de la suppuration périrénale. Ce côté de la question a été développé aux chapitres concernant la tuberculose et la lithiase du rein, je n'ai donc pas à y revenir ici. Au nombre des autres causes citons : les pyélo-néphrites de toute provenance, y compris l'infection ascendante blennorrhagique; les kystes hydatiques (Rayer), le cancer du rein (Cornil), les suppurations du foie, de la vésicule biliaire, du muscle psoas, du tissu cellulaire du petit bassin, les perforations du côlon, l'appendicite et la pancréatite. La périnéphrite est parfois associée à d'autres maladies, fièvre typhoïde1, typhus, état puerpéral (Trousseau).
Quand les reins sont en cause, quand la pyélonéphrite est déjà installée, le développement de la suppuration périrénale se conçoit aisément , la proximité des lésions explique mieux leur connexité. Mais il est des cas où le foyer infectieux originel est beaucoup plus éloigné et ceci m'engage à étudier les relations réciproques de l'infection périrénale et des infections pleur o-pulmonaires. Ce côté de la question n'avait pas échappé à nos illustres devanciers Rayer et Trous-