Marie, dans la thèse d'Epelbaum. Paris
2. Abelous, Langlois et Charrin. Bull, de la Société de biol., 1892, p. 623.
3. Dupaigne. Opothérapie surrénale chez les addhonicns. Th. de Paris,
A. Poirier, Maladie d'Âddison. Th. de Paris, 1880. Obs. V y. Poirier, Obs, i.
d'un rhumatisme. Ces douleurs apparaissent généralement après le début de l'asthénie, parfois cependant elles peuvent être le premier symptôme de la maladie d'Addison.
Troubles gastro-intestinaux. — L'anorexie, les vomissements, la diarrhée, surviennent soit au début soit dans le cours de maladie d'Addison. Les vomissements sont pituiteux, simulant la pituite matutinale alcoolique, ou alimentaires; ils sont parfois incoercibles, accompagnés de gastralgie. La diarrhée est un symptôme fréquent; elle est continue ou paroxystique, elle dure plusieurs jours de suite, ou plusieurs semaines consécutives, elle disparaît et reparaît sans interruption, surtout à une époque avancée de la maladie. Il est rare que V amaigrissement ne survienne pas dès la première phase de la maladie d'Addison ; parfois même il est rapide et considérable.
Mélanodermie addisonienne. — Il est rare que la pigmentation de la peau soit le symptôme initial de la maladie bronzée; ce fait ne s'est présenté que 6 fois sur 144 observations (Jaccoud). Habituellement la mélanodermie est précédée par les symptômes asthéniques, par les douleurs, par les troubles gastro-intestinaux ; c'est même l'apparition de la mélanodermie qui permet d'affirmer le diagnostic jusquelà impossible ou indécis. La pigmentation apparaît d'abord sur les parties exposées à l'air et à la lumière, au visage, au cou, aux avant-bras, à la face dorsale des mains et des poignets; puis aux parties qui sont normalement pigmentées : les mamelons, les organes génitaux (gland, petites lèvres), les aines, les aisselles. Au début, la peau n'est pas encore bronzée, elle est légèrement ardoisée, bistrée, elle a l'air sale; c'est plus tard qu'elle prend la teinte du mulâtre. Le malade de Trousseau s'était aperçu depuis trois mois que ses mains restaient bistrées et comme sales, quelque soin qu'il prît de les laver; son visage prenait la teinte enfumée: cette teinte brunâtre se montrait sur différentes parties du corps et les bains prolongés ne parvenaient pas à la faire disparaître. Un de mes malades était un sujet de plaisanteries pour les camarades qui, le voyant
changer de teint, lui dirent un jour : « Tu te laves donc h tigure avec de la réglisse ? »
La coloration bronzée de la peau est formée d'abord de taches brunâtres, plus tard elle devient générale, à peu près uniforme et rappelle la teinte du mulâtre. Parfois des taches plus fortement pigmentées se détachent sur le fond uniformément bronzé; parfois aussi il y a des places où le pigment manque complètement (vitiligo). La pigmentation atteint aussi quelques muqueuses: les lèvres, les gencives, la langue, le palais, la face interne des joues sont marbrés de taches noires qui rappellent l'intérieur de la bouche de certains chiens.
Évolution de la maladie. — Ainsi que le dit Trousseau, le début est lent et le mal passe d'abord inaperçu. Le malade a peine à préciser la date de l'apparition des premiers phénomènes qu'il a éprouvés. C'est un malaise général, un affaiblissement des forces physiques et morales, un véritable état de langueur. L'appétit diminue, les digestions sont troublées par des vomissements que rien ne peut calmer. En même temps, surviennent des douleurs gastriques ou lombo-abdominales. Cependant la coloration de la peau ne tarde pas à se montrer; à mesure que le mal fait des progrès la teinte bronzée se prononce davantage. Avec les progrès de la maladie, la cachexie se prépare, la prostration des forces devient extrême; le malade reste confiné dans son lit, ne voulant faire aucun mouvement, refusant toute alimentation ; il est pris de vomissements incoercibles, de diarrhée continuelle, il a la sensation de vertige, de défaillance, de syncope; il accuse aux extrémités un refroidissement qui persiste en dépit de tous les moyens, et il succombe, émacié au dernier degré, *\ans le marasme ou dans le coma.
Dans quelques cas, la maladie d'Addison suit une marche rapide et la mort peut survenir en quelques semaines ou en quelques mois (Star). Mais habituellement la marche est plus lente; d'après la statistique de Bail, elle a parcouru ses phases trente-neuf fois en moins d'un an et trente-neuf fois
elle a été au delà1. Dans quelques circonstances, elle smt une marche rapide, mais, quelle que soit la durée de sou évolution, on peut dire qu'elle se termine par la mort
Si le malade est atteint de tuberculose pulmonaire, secondaire ou primitive, les symptômes de la cachexie tuberculeuse se joignant à la cachexie addisonienne, l'amaigrissement est plus rapide et les événements se précipitent. La maladie d'Addison ne poursuit pas toujours ses périodes sans temps d'arrêt. Il n'est pas rare d'observer des rémissions, des phases d'accalmie dont la durée est plus ou moins longue. Ces phases d'accalmie sont surtout provoquées par la suppression de tout travail, de toute fatigue ; elles cessent dès que le malade reprend ses occupations ou son travail habituel.
Mort subite. — D'habitude, les addisoniensne succombent pas subitement, ils s'affaiblissent, ils se cachectisent lentement, progressivement, et ils meurent dans le marasme, dans le coma, les lésions pulmonaires et les lésions surrénales apportant chacune leur appoint. En pareille circonstance, la mort est prévue, le médecin n'est pas pris à l'improviste, il a pu prédire l'échéance fatale. Mais dans quelques circonstances, ce n'est pas ainsi que les choses se passent, un individu atteint de maladie d'Addison, avec ou sans teinte bronzée, sans que rien puisse faire supposer sa fin prochaine, est pris tout à coup de convulsions, de coma, de syncope, et il succombe d'une façon rapide ou même d'une façon subite. En voici quelques cas :
(Hiller*2). — Un homme atteint de tuberculose pulmonaire avait également une fistule à l'anus qui fut opérée; le lendemain matin, la surveillante du service trouve cet homme en bon état, la nuit avait été fort calme. Tout à coup, le malade est pris de convulsions épileptiformes suivies de prostration et de perte de connaissance. L'attaque convulsiv^ se renouvelle dans la journée et le malade meurt. On