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Bail. Art. Maladie bronzée. Dict. des se. méd

%. Hiller. Mort subite dans la maladie d'Addison. Th, de Paris, 189&.

trouve à l'autopsie quelques tubercules aux sommets des poumons. Tous les autres organes sont normaux, à l'exception des capsules surrénales qui sont en pleine dégénérescence tubercuio-caséeuse. Cet addisonien n'avait du reste aucune teinte bronzée (c'était une forme fruste).

( Chauffard l ). — Une dame de trente-cinq ans fut prise de tous les symptômes de la maladie d'Addison : l'asthénie était telle que même les promenades en voiture devenaient une fatigue et la malade passait les journées étendue sur sa chaise longue, incapable du moindre effort musculaire. La pigmentation addisonienne était typique avec toutes les localisations classiques. Tout à coup survient une aggravation brusque qui précède la phase terminale ; la malade est prise d'angoisse, de douleurs,, d'accélération du pouls jusqu'à 160, et elle succombe intoxiquée par la toxine addisonienne, agissant ici « comme un poison curarisant déterminant une tachycardie paralytique ».

(Letulle2). — Un homme de vingt-huit ans éprouvant depuis quelques semaines une grande lassitude et un abattement considérable, entre à l'hôpital Saint-Antoine; sa peau a une coloration terreuse qui est mise sur le compte d'un paludisme ancien. L'examen des poumons permet de soupçonner une lésion tuberculeuse du sommet gauche. Neuf jours plus tard, après la visite du matin, sans que l'état général eût empiré et sans que l'auscultation eût été prolongée plus que de coutume, la mort survint tout à coup, subite, au moment où le malade se soulevait sur son séant. A l'autopsie, les deux capsules surrénales étaient transformées en bloc fibro-caséeux de la dimension d'une petite mandarine. Cet homme avait succombé subitement à la maladie d'Addison.

On a signalé la même terminaison par mort subite chez les enfants, qui, eux aussi, peuvent être atteints de maladie d'Addison. A ce sujet, Variot a relaté l'observation sui-

1. Chauffard. La Semaine médicale, 14 février 1894. f. Letulle. Presse méd.t 1894.

DIEULAFOY, T'ATIiOL. T. III. 21

vante1 : une fillette de quatorze ans, amaigrie et peu développée pour son âge, entre à l'hôpital Trousseau éprouvant de l'affaiblissement et une sensation de lassitude dans les jambes. Son oncle se serait aperçu d'une teinte brunâtre de la peau depuis un mois environ. En effet, l'hyperpigmentation de la peau est générale. On fait le diagnostic de maladie d'Addison. Un matin, l'enfant se lève pour se mettre sur le vase, puis elle remonte dans son lit, elle pâlit brusquement, et lorsqu'on s'approche, elle était morte subitement. A l'autopsie, on trouve des tubercules miliaires disséminés dans les poumons. Les deux capsules surrénales sont volumineuses et transformées en tissu tuberculeux. C'est bien encore là un cas de mort subite au cours de la maladie d'Addison.

Ces quelques observations démontrent que la maladie d'Addison peut se terminer par la mort subite. Tantôt la mort subite survient chez l'addisonien arrivé au terme de la cachexie, tantôt elle survient à une époque de la maladie où rien ne peut la faire prévoir.

Une remarque me paraît importante, c'est que la mort subite chez l'addisonien a été plusieurs fois consignée dans la forme fruste de la maladie, alors que l'addisonien n'avait aucune teinte bronzée. On comprend toute l'importance de faits pareils en médecine légale : un individu meurt subitement, et comme la teinte bronzée faisait défaut, l'attention n'a pas été appelée sur la nature de la maladie. L'autopsie permet de constater la lésion des capsules surrénales, cause de la mort subite.

Forme fruste. — Dans une de mes leçons cliniques2, j'ai proposé l'épithète de fruste à toute maladie d'Addison évoluant sans pigmentation de la peau et des muqueuses; voici l'observation qui a été l'occasion de cette leçon : En janvier 1898, entrait dans mon service un garçon de dix-sept ans, profondément abattu. Il comprenait les ques-

1. Variot. Journal déclin, et de thérnp. infantiles, 13 janvier 1898.

2. Clinique médicale de VHôiel-Dieu, 1898. Forme f'rutte de la maladie d'Addison. 9* leçon.

lions qu'on lui adressait, mais ses réponses étaient lentes e pen,bles; .1 sortait comme à regret de sa somnolence et il y retombait de nouveau, dès qu'on cessait de l'interroger Néanmoins, on put obtenir quelques renseignements : i venait à l'hôpital, disait-il, parce qu'il éprouvait une lassitude extrême, il n'était point paralysé, mais le momdre mouvement était pour lui un eftort des plus pénibles; ç est en voiture qu'il était venu à l'Hôtel-Dieu et on avait du le porter jusque dans nos salles. Il était pâle profondement amaigri, immobile et blotti dans son li comme un homme anéanti.

Les renseignements fournis par le malade étant insuffisants, les parents y suppléèrent. Il y a six mois que ce jeune garçon s est mis à tousser, il n'a eu ni fièvre ni hémoptysie, mais deux symptômes importants n'ont 'pas tarde a survenir : un amaigrissement rapide et une lassitude extrême. Inquiets, ses parents le conduisent à l'hôpital tenon, ou Ion diagnostique une bronchite tuberculeuse Apres quinze jours de traitement, le malade rentre chez lui' ne toussant presque plus, mais perdant ses forces progrès ivement. Lu. qui était vif, alerte et enjoué, il devient tac turne et apathique. Il est si fatigué qu'il ne voudrai? jamais quitter son ht. En vain lui fait-on des reproches fur sa nonchalance et sur sa paresse; il pleure et répond quïes a bout de forces. Cet état de faiblesse et d'amaigrisTe men

édé sonTtaCCTUé dUrant 'eS qUÎnze J°urs ^ °nt P'écede son entrée dans mon service. Aucun autre symptôme

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JÏÏi.fl ", mala,de; fl S'agissait de P°rter u» dia-

gnostic. Les signes de tuberculose pulmonaire étaient indéniables Mais cette lésion tuberculeuse n'était pas suffisante

la ,ZÏ 'P°mt e^Uq,Uer rétat de faiblesse' «'asthénie etdê assuude qui était ici la note caractéristique. Tel n'est pas le tableau de la tuberculose pulmonaire au début. Le diabète delerm.ne parfois des symptômes similaires, mais ce garçon n était pas diabétique; tous les organes, abstraction faite «u poumon, étaient sains, la peau ne présentait ni taches

ni éruption, et on se trouvait peut-être en face de complications, telles que généralisation tuberculeuse, méningite ou granulie. La prostration, les vomissements, la constipation, la rétraction de l'abdomen pouvaient faire penser à la méningite, mais la méningite elle-même, à supposer qu'elle existât, n'aurait pas rendu compte de cette asthénie progressive qui s'accentuait depuis six mois et qui avait fini par plonger le malade dans le marasme. Le lendemain matin, même situation: le malade ne se plaignait pas, la nuit n'avait été ni mauvaise, ni agitée. A onze heures du matin, il prend un verre de lait et retombe dans son apathie. A midi, on le fait encore boire. A deux heures et demie, la sœur de service, le voyant immobile, s'approche de lui' et le trouve mort, il s'était éteint doucement, sans plainte, sans agonie; la mort avait été subite.

Voici quelle surprise nous réservait l'autopsie : aux sommets des poumons sont des lésions tuberculeuses banales. Les autres organes, cerveau, foie, reins, rate, etc., sont absolument sains. Mais les deux capsules surrénales sont volumineuses et transformées en tissu tuberculo-caseeux. Elles coiffent les reins à la façon d'un gros champignon. La capsule surrénale gauche est hypertrophiée, indurée, calcaire, avec points ramollis; sa partie inférieure beaucoup plus dure, de coloration jaune d'or, a subi la transformation crétacée. La capsule surrénale droite est également transformée en tissu tuberculo-caséeux ; elle est indurée et calcifiée par places.

L'autopsie nous démontrant que ce malade avait succombe à la maladie d'Addison, nous avons recherché avec le plus grand soin, de tous côtés, sur la peau et sur les muqueuses, s'il n'existait pas quelques taches, quelques vestiges de pigmentation : il n'y en avait point, le fait est indéniable. U maladie avait été fruste. En voici d'autres exemples. (Lancereaux1)- Une femme, malade depuis un mois, vomissant et maigrissant, arrive à l'hôpital dans un état complet

|. Archives générales de médecine, janvier 1800.

d'abattement et d'anéantissement. Les vomissements et la prostration sont les symptômes dominants. La malade éprouve une telle lassitude, qu'elle évite môme de se remuer dans son lit; elle redoute de changer de place. La peau est normale, les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. La cachexie fait des progrès et la malade succombe. On trouve à l'autopsie trois pelites masses tuberculeuses au sommet du poumon gauche. Les capsules surrénales sont indurées, jaunâtres, tuberculo-caséeuses. La mort était due à la maladie d'Addison qui avait parcouru son évolution sans la moindre teinte bronzée, sans mélanodermie.

(Garpentier1). Le cas suivant de maladie d'Addison sans mélanodermie a été recueilli dans le service de Faisans. Il s'agit d'un homme qui depuis six mois maigrit et s'affaiblit. Pendant des journées entières, cet homme, fatigué et abattu, reste immobile sur son lit, sans parler et presque sans bouger, si ce n'est pour prendre quelques aliments. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. La température est normale. L'examen successif des différents organes ne donne que des résultats négatifs. Pas la moindre pigmentation, pas la moindre coloration rappelant en quoi que ce soit la coloration bronzée. Pendant quelques jours, rien de nouveau à signaler. Un matin, il éprouve une sensation d'angoisse avec refroidissement. Une demi-heure après, le pouls devient filiforme, la peau se refroidit aux extrémités et le malade meurt sans coma, ni convulsions, avec conscience de sa fin imminente. A l'autopsie, on trouve au sommet des poumons d'anciens foyers tuberculeux. Les capsules surrénales sont atteintes de tuberculose. Après la mort, au moment de l'autopsie, on examine de nouveau avec grand soin la surface cutanée et les- muqueuses, sans trouver nulle part trace de pigmentation. C'était donc bien une maladie d'Addison sans mélanodermie.

Diagnostic. — 11 est vraiment impossible d'affirmer le

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