‹ Manuel de pathologie interneChapitre 131 sur 404 · Baillarger. Ann. médico-psijchologiques, janvier · texte numérisé non relu

Baillarger. Ann. médico-psijchologiques, janvier

2. Société de biologie, 5 février 1887. S. Collet. Loco citato, p. 53.

donne ici le schéma d'une coupe de la moelle afin de faciliter la description de ces lésions.

Coupe de la moelle au nweau de la région dorsale.

A. Corne antérieure. — P. Corne postérieure. — C. Colonnje de Clarke. — I. Faisceau pyramidal direct. — II. Faisceau pyramidal croisé. — III. Faisceau radiculaire antérieur. — IV. Faisceaux cérébelleux directs — V. Faisceau de Gowers. — VI. Partie motrice et vaso-motrice du faisceau mixte. — VII. Partie sensitive du faisceau mixte. — VIII. Faisceau de Burdach contenant dans son tiers externe la bandelette externe de Charcot et Pierret. — IX. Cordon de Coll.

C. Les altérations de la moelle épinière sont les unes inconstantes, les autres constantes; les altérations inconstantes siègent sur les cornes antérieures et sur les cordons latéraux; nous y reviendrons plus loin.

Les altérations constantes et caractéristiques du tabès dorsalis envahissent le système spinal postérieur1, c'est-à-dire, les cordons blancs postérieurs, la partie la plus reculée de la substance grise, les racines postérieures des nerfs et les méninges voisines de la lésion médullaire. La sclérose des

1. Excellente dénomination opposée au système spinal antérieur et empruntée à Jaccoud. Les Paraplégies de Vataxie. Paris, 186i,

cordons postérieurs débute par la région lombaire, où elle est en général plus accusée qu'ailleurs; de là elle remonte en décroissant jusqu'aux régions cervicale et bulbaire et elle peut même parfois atteindre le plancher du quatrième ventricule.

Les cordons postérieurs, quand la sclérose est ancienne, sont indurés, grisâtres et atrophiés; ils sont soudés entre eux « par la formation de tissu conjonctif nouveau, aux dépens de la pie-mère, qui s'enfonce dans le sillon qui les sépare à l'état sain » (Corail et Ranvier*). Cette méningite chronique postérieure est constante, d'après Vulpian, qui se demande même si elle ne joue pas un rôle « de cause productrice dans la pathogénie du tabès dorsalis* ». C'est encore la méningite et la méningo-myélite corticale qui expliqueraient, d'après Dejerine3, la propagation de la lésion aux cordons latéraux, dans les cas où la sclérose latérale complique la sclérose postérieure.

C'est à la méningite postérieure et aux altérations du système lymphatique postérieur de la moelle que P. Marie et Guillain4 attribuent le rôle principal dans le développement des lésions tabétiques.

La substance grise des cornes postérieures est-elle intéressée? 11 semblerait au premier abord qu'elle doive être lésée à cause de ses relations intimes avec les cordons postérieurs; cependant, les cellules propres de la corne postérieure sont à peu près respectées, mais les fibres rayonnantes provenant du cordon postérieur sont intéressées (Lissauer). Dans les colonnes de Clarke, le tabès atteint uniquement le réticulum et respecte les cellules.

Les racines postérieures des nerfs spinaux sont amoindries; au lieu d'avoir un volume double des racines antérieures, comme à l'état normal, elles sont deux et trois fois

Page 1