Arch. de pliysiol., nov. 188 i
i. Rev. neurol.% janvier 1903.
plus petites. On sait que les fibres dès racines postérieures, aussitôt entrées dans la moelle, se divisent en deux branches terminales; - l'une descend par le faisceau de Burdach qui contient dans son tiers externe la bandelette externe de Charcol et Pierret, et s'arrête bientôt dans la moelle; 1 autre remonte verticalement dans le cordon postérieur pour se terminer à différents étages dans la corne postérieure. 11 en est qui atteignent le bulbe. Ces branches terminales émettent des collatérales qui pénètrent la substance grise par de fines arborisations; les plus courtes se terminent bientôt autour des cellules les plus proches; d autres, es moyennes, vont former un riche plexus autour des cellules de la colonne de Clarke, celles-ci envoient un faisceau direct au cervelet; certaines, passant par la commissure grise postérieure, se perdent dans la corne postérieure du côté opposé 11 existe enfin des collatérales longues qui forment le faisceau collatéral réflexe de Kolliker, sensitivomoteur de Ramon yCajal.U se termine dans la corne antérieure
Cet appareil collatéral, bien décrit par Ramon y Çajal, est le siège de lésions constantes et précoces dans le tabès, comme l'ont montré Lissauer et Weigcrf. Pierret avait signalé en 1871 la dégénérescence des fibrilles nerveuses qui cheminent dans la substance grise des cornes postérieures. La dégénérescence des collatérales réflexes et des collatérales de la colonne de Clarke existe des le début du tabès (Marinesco*); elle coïncide toujours avec 1 altération des cordons postérieurs.
Les racines postérieures sont le siège de lésions très évidentes dans le tabès ancien; leur intégrité , n a ete observée que dans le tabès au début. Vulpian dès 1874, et plus tard Schultze, Leyden, Dejerine ont admis que la lésion médullaire était la conséquence d'une névrite des racines postérieures'. Les lésions des ganglions sont beaucoup plus
1. Lissauer et Weigert. Des modifications de la colonne de Clarke dans le tabès dorsal, février 1884.
% G. Marinesco. Soc. méd. des hôpit., 6 mars 1896. î. Dejerine. Anatomie patho) du tabès dors. Sem. med., 189Î-
vagues et plus rares. II. résulte des intéressantes recherches de Vulpian que les racines postérieures, qu'en retrouve très altérées entre la moelle et le ganglion qui leur est annexé, sont parfaitement saines au delà du ganglion, ce qui semblerait prouver (Vulpian) que la lésion ne débute pas par la périphérie des nerfs pour remonter vers la moelle, pas plus du reste qu'elle ne commenoe par les racines, car il arrive de trouver ces racines postérieures presque saines avec des cordons postérieurs très malades1. Le tabès dorsalis débute donc par les cordons postérieurs pour s'étendre de là aux parties voisines, et cette sclérose, qui est systématique (Vulpian), c'est-à-dire qui intéresse un même système de fibres et qui y reste longtemps confinée, fait supposer que la myélite est d'abord prenchymateuse (Hallopeau) avant de devenir interstitielle, l'irritation initiale s'emparant du tube nerveux avant d'attaquer le tissu conjonctif.
La lésion primordiale et constante, avons-nous dit, est la sclérose systématique des cordons postérieurs de la moelle ; c'est vpai, mais cela ne suffit pas et demande explication. Il faut savoir (Pierret2) que le cordon postérieur de la moelle est lui-même divisé en plusieurs territoires indépendants, dont les lésions distinctes provoquent des symptômes différents. Les notions tirées de l'embryologie, de l'anatomie et de la pathologie nous montrent que chaque cordon postérieur de la moelle se divise en deux faisceaux secondaires, l'un médian, l'autre externe, dont le volume réciproque est variable suivant les régions de la moelle.
Le faisceau médian, mince h la région lombaire, plus large à la région dorsale, effilé à la région cervicale (cordon de Goll), va se terminer dans les pyramides postérieures. Ce faisceau médian existe donc dans toute la hauteur de la moelle: il est composé de fibres longitudinales qui naissent de la substance grise à dilfé rentes hauteurs et qui sont