Vulpian. Arch. de physiol, 1868, p
2. Note sur la sclérose des cord. post. dans l'a t. locom., in Arch. de physiol. y 1872, p. 363. — Note sur un cas de sclérose primit. du faisceau médian des cord. poster. Arch. de physiol., 1873, p. 74.
sans doute en rapport avec les cellules des colonnes vésiculaires de Clarke; plus ces fibres longitudinales doivent parcourir un long trajet, et plus elles sont superficielles; certaines d'entre elles sont assez longues pour relier le renflement lombaire aux pyramides postérieures.
En dehors de ce faisceau médian existe un autre faisceau, le faisceau de Burdach, qui contient dans son tiers externe la bandelette externe de Charcot et Pierrot, qu'on retrouve aussi dans toute la hauteur de la moelle. Il est formé, d'une part, de fibres arciformes superposées, fibres commissurales établissant des relations intimes entre différents points de la substance grise postérieure (Todd, Vulpian), et d'autre part de fibres à direction transversale et oblique, qui proviennent des racines postérieures des nerfs (masses fibreuses internes de Kôlliker) et qui vont se jeter dans les cellules de la corne postérieure.
En résumé, les cordons postérieurs de la moelle sont formés des cordons médians de Goll, et des faisceaux de Burdach contenant les bandelettes externes de Charcot et Pierret. Eh bien, dans le tabès dorsalis, l'altération envahitelle le cordon postérieur tout entier, ou bien reste-t-elle cantonnée à l'un des deux faisceaux secondaires? et dans ce cas lequel est pris ? est-ce le cordon de Goll ou le faisceau de Burdach? Quand on fait les autopsies à une période avancée de la maladie, on trouve la sclérose généralisée à la totalité des faisceaux postérieurs ; mais quand l'examen anatomique est pratiqué à des périodes moins avancées, on peut saisir la lésion à ses différents stades d'évolution (Pierret), et l'on voit qu'à côté delà lésion primordiale, caractéristique et constante, il en est d'autres qui sont secondaires et inconstantes.
La lésion caractéristique et constante est celle des bandelettes externes1 (faisceau de Burdach); et au nombre des lésions secondaires se trouve celle des faisceaux médians (cordon de Goll).
1. C'est à cette région des bandelettes externes que correspondent les faisceaux radiculaires internes des racines postérieures (Kôlliker).
MALADIES DE LA MOELLE GPianutS. 365
La sclérose isolée du cordon de Goll à la région cervicale s'observe surtout à titre de sclérose ascendante secondaire, lorsque la moelle est lésée dans sa région dorsale (mal de Pott, tumeurs), elle n'est accompagnée ni de douleurs fulgurantes, ni d'ataxie. C'est une preuve que la sclérose isolée de ce faisceau médian ne tient pas sous sa dépendance les symptômes abétiques ; et, si on la trouve fréquemment dans les autopsies de tabès dorsalis, c'est simplement parce qu'elle est consécutive à la lésion dorso- - lombaire du tabès (Pierret) comme elle est consécutive à une tumeur ou au mal de Pott Ce n'est donc pas dans la sclérose des faisceaux médians qu'il faut rechercher la lésion du tabès1.
La lésion constante et caractéristique du tabès est localisée à l'autre partie des cordons postérieurs, aux bandelettes externes, et Pierret a réuni plusieurs observations où la maladie n'était encore qu'à son début, à la période des douleurs fulgurantes, et la lésion scléreuse des bandelettes externes existait déjà, étroite et isolée, sans altération des faisceaux médians de Goll. La lésion médullaire débute donc par les bandelettes externes du faisceau de Burdach, elle envahit ensuite les racines spinales postérieures, la substance grise postérieure, et détermine secondairement la sclérose ascendante des cordons médians de Goll.
En colorant par le procédé de Weigerl-Pal des coupes sériées de moelles tabétiques, Philippe2 a pu déterminer aussi les localisations médullaires du tabès à son début et à une période avancée. Au début, les bandelettes externes sont atteintes les premières dans leurs fibres radiculaires moyennes; si le tabès dure depuis longtemps, les lésions portent constamment sur le faisceau endogène descendant, et, à un degré moindre, sur le faisceau endogène ascendant; l'en-
1. Cette sclérose des faisceaux médians peut être primitive ou secondaire, associée à d'autres lésions ou isolée, et l'on connaît mal les symptômes qui se rattachent à cette forme de sclérose fasciculée médiane.
2. Philippe. Étude anatomo-clinique des localisations médullaires du M&c-s dorsalis. Arch. de neurologie, 1897, n* 21.
vahissement des faisceaux endogènes caractérise le tabès avancé. Le cordon de Goll subit à la région cervicale une dégénérescence secondaire (Pierret), mais il peut être primitivement atteint à ia région lombaife. Le processus histologique est essentiellement parenchymateux : « Les lésions parenchymateuses existent, dès le début du tabès, au niveau du tube nerveux; Sa cellule du ganglion vertébral reste intacte; les lésions parenchymateuses sont surtout primitives. » (Philippe.)
D. Les lésions du grand sympathique sont encore mal connues; toutefois on a trouvé des lésions des ganglions S
■ ce qui n'a pas lieu de surprendre, l'origine médullaire du grand sympathique paraissant exister dans les colonnes vésiculaires postérieures de la moelle et le tractus intermedîoiateralis de Clarke (Pierret). On a constaté des névrites dans différents plexus.
E. Névrites périphériques. — Dans le cours du tabès, un certain nombre de nerfs périphériques sont atteints de névrite2; ce n'est pas constant, mais c'est très fréquent. Ces altérations siègent à la périphérie des nerfs et sont le plus souvent périphériques d'emblée. En effet, les ganglions spinaux correspondants sont sains jusqu'à une certaine distance. Les névrites périphériques peuvent être très accusées, alors même que le tabès est à son début, et inversement les nerfs périphériques peuvent être intacts dans les cas où les cordons postérieurs de la moelle sont depuis longtemps sclérosés. Dans quelques cas on n'a constaté les névrites périphériques que d'un seul côté, tandis que la lésion de la moelle est symétrique. Tout ceci prouve bien que la névrite périphérique tabétique parait évoluer pour son propre compte, parallèlement à la lésion de ia moelle, mais sans lui être directement associée. Du reste, cette autonomie des névrites périphériques n'enlève rien à la loi de Waller, mais elle prouve que les lésions périphériques des nerfs peuvent évo=