‹ Manuel de pathologie interneChapitre 14 sur 404 · Letulle. L'inflammation. Paris, 1893, p · texte numérisé non relu

Letulle. L'inflammation. Paris, 1893, p

aussi par la glomérulite qu'on retrouve toujours, ne seraitce qu'à l'état d'ébauche. Souvent la capsule de Bowmann est épaissie, les cellules du revêtement de la capsule encombrent la cavité glomérulaire ; les anses du glomérule sont oblitérées, les artères afférentes et efférentes, près du glomérule, sont parfois le siège d'endartérite oblitérante.

La description précédente s'applique surtout au gros rein blanc ; mais dans d'autres cas la néphrite subaiguë a une tendance congestive, irritative et le gros rein brightique présente un aspect différent; sa substance corticale est rougeâtre, jaunâtre; quelques glomérulcs, quelques capillaires de la substance corticale sont distendus par du sang, des hémorrhagies se font à l'intérieur du glomérule et le tube qui fait suite à la capsule de Bowmann est rempli de globules rouges.

Telle est la description anatomique des gros reins biightiques, je le répète, l'épithète de néphrite snbaigiië leur conviendrait mieux que l'épithète de néphrite chronique; ils présentent, cliniquement, quelques particularités que je vais résumer :

Symptômes dominants. — Les œdèmes de la face et des jambes, l'anasarque, les épanchements des séreuses et notamment de la plèvre, l'œdème du poumon, sont souvent des symptômes dominants. La céphalalgie, la dys pnée, les vomissements, les épistaxis, les troubles visuels sont des symptômes fréquents. Les urines sont rares, colorées, parfois hémorrhagiques, très albumineuses, et contiennent beaucoup de cylindres.

Les petits signes du brightisme, pollakiurie, doigt mort, crampes des mollets, cryesthésie, etc., sont moins fréquents que dans les autres néphrites chroniques.

Le cœur est peu ou pas hypertrophié, le bruit de galop est rare, les artères ne sont pas scléreuses, le pouls est mou et contraste singulièrement avec la sensation de dureté que donne le pouls dans les néphrites où la tension artérielle est élevée.

Les accidents urémiques, délirants, convulsifs et coma-

DÏEULAFOY, PATHOI.. T. m. 4

teux sont plus rares que dans les autres néphrites chroniques. La pneumonie, la péricardite, l'érysipèle, la gangrène surviennent assez fréquemment à titre d'infections secondaires.

Les néphrites subaiguës à gros reins se terminent différemment, suivant les cas. Tantôt les lésions sont si intenses, les nécroses épithéliales sont si rapides, que le gros rein représente le terme ultime de ces lésions, et, en quelques mois, en moins d'un an, le malade succombe. Tantôt au contraire les lésions sont moins profondes, et la néphrite peut guérir ; toutefois le rein est transformé en organe de minoris resistentiœ. Enfin, dans d'autres circonstances, la néphrite qui avait débuté sous les apparences d'un gros rein, poursuit lentement, progressivement ses ravages et aboutit à une diminution du volume de l'organe, avec les allures d'une néphrite éminemment chronique. C'est dans ce cas qu'on peut admettre la transformation d'un gros rein en un rein plus petit.

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