Lelou. Th. de Taris
6. Strauss. Arch. de p'iysiol., novembre 1886. — Spillmann. Revue de médecine, mars 1888.
7. Raymond. Maladies du système nerveux. Scléroses systématiques de la moelle.
frigéralion, massage et surtout la suspension, la pendaison. La rachicocainisation ne peut être qu'un moyen d'exception.
Les moyens à employer contre l'anesthésie et les sensations de paresthésie se réduisent à la faradisation, aux bains d'eau chargée d'acide carbonique.
Les médications concernant les troubles oculaires sont multiples : pour essayer d'enrayer l'atrophie papillaire et l'ambïyopie, on fera usage d'injections sous-cutanées de cyanure d'or, d'argent, de platine (Galezowski). Les paralysies sont justiciables de la faradisation et surtout du traitement spécifique, mercure et iodure de potassium, quand le malade a eu récemment la syphilis.
A Vataxie tabétique, on oppose d'une part la suspension, d'autre part la méthode dite de Frenkel, basée sur la rééducation des muscles. Raymond1 a fait connaître son opinion sur la valeur de cette méthode. Elle consiste dans l'exécution systématique de mouvements simples d'abord, de plus en plus compliqués dans la suite, et qui mettent en jeu l'adresse et non la force musculaire des malades. Son emploi est indiqué surtout dans les tabès avec ataxie précoce, lorsque d'emblée les membres inférieurs sont atteints avec une intensité qui rend impossible la station debout et la marche sans appui. Elle est contre-indiquée dans les cas où le début du tabès, au lieu d'être insidieux, comme c'est la règle, se fait avec fracas, les douleurs fulgurantes étant violentes et tenaces. Elle est également contre-indiquée chez les malades atteints de fracture spontanée, de rupture tendineuse, d'arthropalhie, de cardiopathie, chez les malades obèses, intoxiqués par la morphine ou par l'alcool. La médication échoue toujours chez les tabétiques atteints d'amaurose, de parésie motrice et d'atrophie musculaire. „ La suspension a sur le traitement de Frenkel une grande supériorité, c'est de s'adresser à la fois à l'ataxie, aux douleurs fulgurantes, aux troubles génito-urinaires. Par contre, c'est une méthode plus brutale ; elle exige de la part du
1. F. Raymond. Clin, des maladies du système nerveux^ 1897, p. 581.
médecin une éducation spéciale; elle expose les malades à des dangers qui peuvent être mortels. Son emploi est formellement contre-indiqué chez les tabétiques cardio-vascuîaires (lésions valvulaires et surtout aortiques), chez les tabétiques tuberculeux, emphysémateux, obèses, chez ceux enfin qui ont eu des attaques apoplectiformes ou épileptiformes, ou qui ont une tendance au vertige, aux syncopes.
Existe-t-il une médication curative du tabès1? Raymond ne le pense pas et je partage son opinion ; j'ai vu le tabès persister indéfiniment sans entraîner la mort, j'ai vu des tabès légers s'immobiliser sans aggravation, j'ai vu des améliorations comparables à des guérisons apparentes, mais je doute que le tabès vrai puisse guérir. Les bromures, les préparations phosphorées, l'hydrothérapie, les injections de sérum artificiel et de liquide testiculaire, sont d'excellents adjuvants de traitement, mais ils n'aboutissent pas à la guérison. Presque tous les tabétiques sont syphilitiques, ce n'est pas contestable (Fournier). Est-ce à dire que le traitement antisyphilitique ait des chances de guérir le tabès ou d'améliorer notablement le tabétique syphilitique. Peut-être, si le tabès syphilitique est de date très récente, mais si le tabès est invétéré, le traitement antisyphilitique, même intense ne donne aucun résultat. Le vrai traitement est prophylactique ou préventif; il consiste à traiter sérieusement la syphilis, avec les préparations mercurielles ou avec le médicament 606 d'Ehrlich, dès l'époque où les lésions médullaires s'organisent à bas bruit (Sézary) 2.
1. Voir le remarquable rapport de Grasset sur le traitement du tabès. Congrès de Moscou, 1897.
2 Sézary. La Presse médicale, 16 avril 1910.
MALADIE DE f KIE RECH ET HÉRÉDO ATAXIE CÉRÉBELLEUSE PARAPLÉGIE SPASMODIQUE FAMILIALE
Le tabès, que nous avons étudié dans le chapitre précédent, est une affetion à localisation médullo-cérébrale, tandis que les maladies que nous allons étudier dans ce chapitre sont à localisation médullo-cérébelleuse.
La maladie qui a été décrite pour la première fois par Friedreich fut considérée d'abord par son auteur comme une variété de l'ataxie locomotrice ; d'autres la regardèrent comme une variété de la sclérose en plaques, et c'est Brousse * qui, sous l'inspiration de Grasset, affirma son autonomie et lui donna le nom de « maladie de Friedreich ». Plus tard paraissait sur cette maladie la remarquable thèse de Soca2.
Description. — La maladie de Friedreich débute dans le jeune âge. Les troubles de la marche ouvrent la scène; l'enfant marche à pas lourds, irréguliers, les jambes écartées, avec une sorte de titubation qui rappelle l'ébriété ou la démarche due aux lésions cérébelleuses. A cette démarche se joint un certain degré d'incoordination, aussi cette démarche est- elle désignée par Gharcot sous le nom de tabéto-cérêbelleuse.
Outre les troubles de la démarche, il y a les troubles de la station, ce que Friedreich appelle Yalaxie statique; l'enfant, ayant quelque peine à se tenir debout immobile, à cause des oscillations qui agitent son corps, est obligé, pour rétablir l'équilibre, de changer souvent les pieds de place. La ligne de marche, au lieu d'être rectiligne, décrit des sinuosités à droite et à gauche; elle est très nettement festonnée (Raymond). A ces troubles s'ajoutent des mouvements choréiformes analogues aux mouvements a arrondis » de la chorée de Sydenham (instabilité choréiforme),