Marie. Rev. de méd., juillet
4. Landouzy. Pathogénie des paralysies consécutives aux maladies aiguës. Paris. Th. d'agrégat., 1880.
observations avec autopsie, pour affirmer qu'elles peuvent produire la maladie1.
§ 9. MYÉLITES /UGUÊS EN GÉNÉRAL
Avant de décrire les différentes variétés de myélites aiguës, je crois utile de donner quelques notions générales sur ces affections : au point de vue de leur localisation, il y a des myélites diffuses, dont les lésions disséminées un peu partout, surtout aux renflements médullaires, atteignent à la fois la substance grise et la substance blanche; il y a des myélites dont les lésions se cantonnent plus volontiers à la substance grise surtout aux cornes antérieures, on les appelle poliomyélites (tcoXeoç, gris) ; il y a des myélites dont les lésions se cantonnent de préférence à la substance blanche; on les appelle leucomyélites (Xeuxôç, blanc).
Au point de vue de leur pathogénie, les myélites se divisent en deux grandes classes : les myélites qui sont dues à des agents infectieux ou toxi-infectieux et il faudrait citer ici toutes les infections (fièvre typhoïde, grippe, diphthérie, choléra, coli-bacillose, streptococcie, staphylococcie, gonorrhée, syphilis, tuberculose, etc.), et les myélites qui sont dues à des substances toxiques (alcool, plomb, ergot, pellagre, arsenic, etc.). Nous allons voir combien ces questions de pathologie humaine ont été éclairées par l'expérimentation. Étudions successivement les myélites par infection et les myélites par intoxication.
Myélites infectieuses. — Pour résumer ce chapitre, je n'ai qu'à m'inspirer des remarquables rapports faits par Grasset et Vaillard2 au Congrès de Bordeaux.
Expérimentation. — Les expérimentateurs ont reproduit les myélites infectieuses, Charrin avec le bacille pyocya-
t. Jaccoud. Leçons de clin., 1886, p. 208.
S. Grisset, Vaillard. Congrès de méd. de Bordeaux, 1895, p. 1 et 29.
nique; Roux et Yersin avec la toxîne diphthérique ; Cran* cher, Martin et Leroux-Rebard1 avec la tuberculose aviaire; Gilbert et Lyon avec la tuberculose humaine; Thoinot et Masselin2 avec le staphylocoque doré; Gilbert et Lion avec le coli-bacille5; Vincent4 avec le bacille typhique; Roger5, Bourges6, Widal et Besançon7 avec le streptocoque; Marinesco8 avec la toxine tétanique.
Ces myélites expérimentales peuvent être obtenues soit en inoculant dans les vaisseaux des cultures vivantes, c'est-àdire les microbes eux-mêmes, soit en inoculant les produits solubles de ces microbes, c'est-à-dire leurs toxines. Quand l'expérience est faite avec les cultures vivantes, on peut retrouver les microbes pathogènes au milieu des lésions médullaires; Thoinot et Masselin y ont ainsi retrouvé le colibacille et le staphylocoque; par contre, Widal et Besançon n'y ont pas retrouvé le streptocoque. La présence ou la colonisation sur place d'un microbe n'est donc pas une condition essentielle à la détermination des lésions; il est même démontré que la plupart des microbes pathogènes agissent surtout par leurs toxines, exemple les lésions médullaires provoquées par la toxine pyocyanique (Charrin), par la toxine diphthérique (Enriquez et Haillon), par la toxine streptoeoccique (Manfredi et Traversa). Le microbe pathogène peut avoir disparu et sa toxine pathogène persister; le microbe pathogène peut avoir été cultivé en un lieu fort éloigné de