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Jaccoud. Traité depathoL, t. I, p

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peut inférer que le cordon cérébro-vésical occupe chans le système antérieur de la moelle une position plus profonde que les cordons des membres inférieurs » (Rollelt).

En résumé, la paraplégie accompagnée de paralysie des sphincters forme le tableau habituel de la myélite chronique dorso-lombaire. Mais il n'est pas rare que ce tableau soit modifié par l'apparition ou par la prédominance de quelque symptôme nouveau, tel que les douleurs (lésion des cordons postérieurs), les anesthésies (lésions de la substance grise et blanche postérieures), les contractures (lésions primitives ou descendantes des cordons latéraux), les atrophies musculaires (lésions des cornes antérieures), symptômes que j'ai étudiés en détail dans les chapitres précédents. La durée moyenne de la myélite chronique est de six ans; la mort est due, soit à l'extension de la paralysie, soit à des complications, telles que cystite, plithisie, pneumonie.

Variétés. — J'ai déjà indiqué, au sujet de la myélite aiguë, la diversité des symptômes qu'offre la maladie suivant qu'elle siège aux régions lombaire, dorsale ou cervicale ; je vais m'occuper actuellement de quelques variétés rares où la myélite est hémi-latérale, centrale ou corticale.

a. Myélite hémi-latérale. Lorsque la moelle est lésée dans une de ses moitiés, droite ou gauche, que la lésion provienne d'un traumatisme, d'une compression, d'une tumeur ou d'une sclérose, on observe des symptômes spéciaux bien étudiés par M. Brown-Séquard. Sans insister sur les détails,, les caractères saillants sont les suivants : 1° Paralysie du mouvement du côté du corps correspondant à la lésion de la moelle (hémi-paraplégie) ; 2° anesthésie du côté du corps opposé à la lésion (hémianesthcsie croisée). La dissociation de ces deux symptômes, dont l'un est direct et l'autre croisé, serait due à ce fait (Brown-Séquard) que les conducteurs de la motilité sont déjà entre-croisés au niveau du bnlbe. Plus la lésion siège vers les parties supérieures de la moelle, et plus ces symptômes sont étendus.

b. Myélite centrale. Dans cette variété de myélite périépen-

dymaire, la substance grise est surtout atteinte au-devant du canal central de la moelle ; les symptômes consistent principalement en des paralysies suivies d'atrophie musculaire et d'affaiblissements de la contractilité électrique. Cette variété de myélite se confond avec la syringomyélie.

Les révulsifs, les cautères, les cautérisations et l'électrisation résument la majeure partie du traitement de la myélite chronique. L 'iodure de potassium à haute dose et les préparations mercurielles doivent toujours être tentés dans le cas où la syphilis est avérée ou soupçonnée.

§ li. MYÉLITE SYPHILITIQUE

Étiologie. — La syphilis de la moelle, j'entends la syphilis médullaire, indépendante de toute autre lésion des centres nerveux, n'est pas très fréquente : ainsi, sur 1085 cas de lésions syphilitiques des centres nerveux, on trouve 416 cas de syphilis cérébro-spinale et 77 cas seulement de syphilis médullaire pure (Fournier, Boulloche1). L'époque de l'infection syphilitique a une grande importance : la moelle peut être atteinte dès le début de la syphilis2: sur 58 observations de syphilis médullaire précoce (Moinet), la myélite a été observée rarement avant le troisième mois, assez souvent du troisième au dixième mois, fréquemment dans le sixième mois. Dans les deux tiers des cas (Fournier), c'est de la troisième à la dixième année de l'infection syphilitique qu'on observe la myélite. Très rare chez la femme, elle est fréquente chez l'homme entre 20 et 40 ans. Comme causes occasionnelles, citons l'alcoolisme, les excès vénériens, les traumatismes, le surmenage5.

La syphilis non traitée prédispose-t-elle à la myélite? Oui,

1. Boulloche. Contribution à l'étude des paralysies syphilitiques. Annales de dermatol., 1891.

2. Gilbert et G. Lion. De la syphilis médullaire précoce. Arch. de méd., 1889. — Moinet. Études sur la myélite syphilitique précoce. Th. de Lyon

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