Bardury. Th. do Paris
"2. Dieulafoy et Fournier. Accidents syphilitiques cérébro-spinaux de forme tabétique. Soc. de dermatol., 1890.
et 16 fois seulement la guérison. Dans les formes chroniques les cas de mort sont moins fréquents, mais les guérisons sont rares, car le traitement est souvent tardif; trop souvent la syphilis passe inaperçue, et la médication la plus énergique ne peut faire rétrocéder les lésions de sclérose.
Syphilis médullaire héréditaire. — La syphilis héréditaire de la moelle épinière avait été jusqu'ici peu étudiée. Cette lacune vient d'être comblée par Gilles de la Tourette dans un excellent travail dont je cite textuellement les conclusions1.
La syphilis héréditaire peut frapper la moelle épinière pendant les premières années de la vie (hérédo-syphilis) ; pendant la vie intra-utérine (hérédo-syphilis congénitale précoce); pendant l'adolescence et l'âge mûr (hérédo-syphilis tardive).
Lorsque la syphilis frappe l'enfant avant sa naissance, l'accouchement a souvent lieu avant terme; l'enfant est mort-né ou il naît vivant. Dans le cas où il est mort-né, ou s'il a succombé rapidement, on ne peut avec certitude attribuer la mort à la seule localisation médullaire, car presque toujours, sinon toujours, on note, en dehors des altérations du système nerveux, des manifestations viscérales qui ne permettent guère la survie. Les signes cliniques font donc complètement défaut. En pareil cas, les lésions de la moelle consistent en une méningo-my élite diffuse embryonnaire, analogue à l'hépatite interstitielle diffuse syphilitique congénitale; la congestion avec stade leucocytaire ne manque jamais, et peut atteindre un degré extrême, allant jusqu'à la rupture des vaisseaux (Gasne-).
Si l'enfant survit à ses lésions congénitales, des symptômes apparaissent, mais ils se confondent en partie avec des symptômes de sclérose cérébrale. Anatomiquement, la lésion aboutit à la sclérose. Les symptômes se traduisent,
1. Gilles de la Tourette. La syphilis héréditaire de la moelle épinière, Nouvelle iconographie de la Salj>êtr/'èrc, 1896.
2. Gasne. Localisations spinales de la syphilis héréditaire. Th. de Parif, 1897.
4j8 MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
en ce qui concerne la moelle, par une paralysie spasmodique.
Lorsque la syphilis héréditaire atteint la moelle à un âge plus avancé, dans l'enfance ou dans l'adolescence, le cerveau peut encore participer au processus (syphilis cérébro-spinale); mais la lésion médullaire est surtout associée à des lésions du mésocéphale. Dans ces cas de syphilis héréditaire précoce ou tardive, les types cliniques sont plus variés que dans la syphilis médullaire congénitale. A mesure, en effet, que le sujet avance en âge, les tissus se différencient de plus en plus; ils prennent une individualité fonctionnelle plus marquée; la moelle, les méninges, les vaisseaux, semblent être frappés davantage chacun pour son compte. L'infiltration embryonnaire, base du processus, se collecte elle aussi volontiers davantage, pour aboutir au dépôt gommeux interstitiel, péri-vasculaire ou méningé. Le champ clinique s'élargit, et à part sa grande tendance à rester encêp halo-médullaire, indice de la généralisation initiale du processus, la syphilis héréditaire précoce ou tardive ne diffère pas sensiblement des expressions si variées de la syphilis spinale ou cérébro-spinale acquise. Elle crée parfois des monoplégies brachiales avec paralysie flasque et atrophie musculaire consécutive, réalisant une forme amyotrophique (Raymond1).
Traitement. — La syphilis médullaire exige un traitement tiès intense. On pratique tous les jours une injection de biiodure d'hydrargyre, à la dose de un, deux, trois centigrammes suivant le cas. On suspend le traitement après une douzaine d'injections, quitte à la reprendre plusieurs fois, avec des intervalles dont la durée est limitée par les circonstances. Grâce à cette médication, j'ai pu guérir à l'hôpital trois de mes malades, et grâce aussi aux précautions prises (lavages incessants de la bouche et des dents au chlorate de potasse, chlorate de potasse à l'intérieur),
1. Un cas de syphilis héréditaire de la moelle (forme amyotrophique). Clin., des mal. dusyst. nerv., 1897, p. 473.
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je n'ai vu survenir aucun accident. Ce traitement énergique me paraît incontestable, car deux de mes trois malades avaient déjà pris du mercure et de l'iodure pendant des mois, mais à doses trop faibles et le traitement insuffisant n'avait arrêté en rien la marche des accidents.