‹ Manuel de pathologie interneChapitre 201 sur 404 · Ranvier. Arch. de piiys., 1870, p · texte numérisé non relu

Ranvier. Arch. de piiys., 1870, p

petites artères, mais cette soi-disant dégénérescence n'est qu'une accumulation de granulations graisseuses dans la gaine lymphatique du vaisseau, accumulation consécutive a la nécrobiose de la substance cérébrale par ramoll.ssement, hémorrhagie, etc. (Billroth). Tout l'intérêt de la question se concentre sur les lésions vasculaires de l'cndarlerile et de la périartérite : mais quelle part revient à chacune de ces lésions dans la détermination de l'hémorrhagie? 1 endarlérite et l'athérome sont-ils suffisants pour provoquer la rupture du vaisseau (Bouillaud, Rokitansky), ou bien sont-ils seulement concomitants de la périartérite, qui, elle, serait la véritable cause des anévrysmes miliaires dont la ruptuie provoque l'hémorrhagie? Tel est le point à débattre.

On sait aujourd'hui que le système vascula.re cérébral peut être atteint d'une lésion, dite périarlérile diffvse ou endo-périartérite diffuse, à marche lente, dont la conséquence est l'altération des parois vasculaires. Les artenolcs sont envahies par un tissu de nature scléreuse qui débute par la tunique externe avec lésions de la tunique interne endartérite), tandis que les éléments musculaires contractiles de la tunique moyenne s'atrophient consécutivement et disparaissent sans substitution graisseuse. Ces raréfactions partielles diminuent la résistance des vaisseaux et deviennent mécaniquement cause d'ectasies et d anévrysmes miliaires. ,

Ces petits anévrysmes, qui ont en moyenne un demimillimètre de diamètre et dont la plupart sont visibles a l'œil nu, finissent par se rompre, et l'hémorrhagie se produit. Ces anévrysmes miliaires avaient été entrevus par Cruveilhier (apoplexie capillaire), Meynert, Hesche), par Charcot; mais nul, jusqu'à Bouchard', n'avait saisi les rapports qui existent entre l'anévrysme mihairc et 1 hémorrhagie cérébrale. Nous savons maintenant comment se lor-

1 Voir pour plus de détails : Bouchard. Recherches sur la pathogénie aes'l^norrhagil cérébrales, p. 68. Paris, 1866. - Charcot et Bouchard. Arch. dephys., 1868.

ment les anévrysmes miliaires et comment ils se rompenton a saisi sur le l'ait toutes les phases de la lésion depmsla penarlente initiale jusqu'à l'hemorrLgîe termh le'

Les alierations et processus ne ressemblent ,™ lésions a.héromateuses de I'endartérite S ou T . "^ lisées dans les couches profondes deteZZJ ? *'

tandis que Pathérome Zébrai es tn^éTZlf' des thromboses et des ramollissements, la pé r é ; ^ c,é

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Bien que l'hémorrhagie cérébrale soit l'apanage d'un â™ avance elle se montre aussi aux diverses £fes del vfe Elle est essentiellement héréditaire*, ainsi que je l'ai

«&&£&. t^mCiae' mai 1901- - Ferra"d' *«•**** Ces

2. Marie et Crouzon. Be«.«e de médecine, 1905 Œ; ^m«»««tloa a t'Académie de médecine. Voir Gazette

établi dans un précédent mémoire , plus héréditaire même nue la phthisie et le cancer, elle détermine dans une même famille l'apoplexie et l'hémiplégie, et la gravite des accidents, la curabilité, la mort rapide ou la survie ne sont subordonnées qu'à la localisation de la lésion cérébrale Elle frappe plusieurs membres d'une famille, et il n'est pas rare que, dans une même lignée, une génération plus ieune soit atteinte avant une génération plus agee.

Description. - L'hémorrhagie cérébrale se traduit : 1» par des symptômes primit ifs qui surviennent au moment de l'hémorrhagie ou peu de temps après ; 2» par des symptômes secondaires qui n'apparaissent que des semaines et des mois plus tard. Dans quelques cas, l'hémorrhagie cérébrale est précédée de prodromes (céphalalgie, bouffées de chaleur, congestion céphalique passagère) qui peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois; ruais plus habituellement les prodromes font défaut, et celui qui est frappé d'hémorrhagie cérébrale passe sans transition de l'état de santé à Yapoplexie ou à Y hémiplégie.

a Symptômes primitifs. - L'apoplexie n'est pas un symptôme fréquent de l'hémorrhagie cérébrale, on pourrait presque dire qu'elle est rare, l'apoplexie est a perte totale du mouvement et du sentiment, suivant 1 antique définition de Galion, définition malheureusement altérée par Rochoux et détournée par lui de son vrai sens. Rochoux était, si persuadé que l'apoplexie est toujours le résultat d'une hémorrhagie cérébrale, qu'il avait fini par en faire un synonyme, et dès lors le mot apoplexie, indistinctement employé, servit, par une étrange confusion a désigner tantôt la lésion, c'est-à-d.re l'hémorrhagie, tanto le symptôme, c'est-à-dire la perte de mouvemen et de sentiment. L'habitude prise, on écrivit « apoplexie capillaire » (Crùveilhier) pour hémorrhagie capillaire, (apoplexie du poumon » pour- hémorrhagie du poumon, termes vicieux qu'on doit abandonner. Communément, ce mot « apoplexie » éveille l'idée de soudaineté et de brusquerie; il faut s'entendre : l'apoplexie dite foudroyante est

fort rare (hémorrhagie bulbaire, inondation ventriculaire ou méningée) ; le plus souvent, l'apoplexie survient lentement, graduellement; elle met dix minutes, une demi-heure et plus encore à se développer (Trousseau1).

Le malade frappé d'apoplexie est dans la résolution complète; il a la face congestionnée et les traits déviés vers le côté sain, tandis que les lèvres et la joue du côté paralysé sont flasques et soulevées à chaque expiration par l'air expiré (le malade fume la pipe). Le plus souvent la tête est tournée vers le côté non paralysé et les yeux sont déviés du même côté (Vulpian et Prévost2); cette déviation conjuguée de la tête et des yeux cesse généralement quand l'apoplexie disparaît.

Pendant la période apoplectique ou après la résolution, surviennent parfois des convulsions et des contractures, dites précoces, pour les distinguer des contractures tardives, et qui devraient être considérées, dit M. Straus3, dont je partage l'opinion, « plutôt comme des convulsions toniques que comme des contractures vraies ». Localisées au côté paralysé ou envahissant les deux côtés et la face, ces convulsions et ces contractures sont des phénomènes d'excitation qui indiquent en général que l'hémorrhagie intéresse les ventricules, les méninges ou le mésocéphale4; on ne les observe presque jamais lorsque l'apoplexie résulte d'un ramollissement cérébral. Chez l'apoplectique, la plupart des

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