P. Marie et Guillain. San. w{d.% juifl TJ
Thémorrhagie cérébrale. L'individu frappé d'apoplexie est sous le coup de graves complications, telles que pneumonie bâtarde, congestion pulmonaire avec emphysème et hémorrhagie, lésions rappelant les altérations broncho-pulmonaires qui suivent la section expérimentale des nerfs pncumogatriques (Charcot). Signalons encore la polyurie, l'albuminurie (Oilivier), les ecchymoses de la plèvre, de l'endocarde, du péricrâne, de l'estomac, des reins. Les. arihropathies appartiennent en général à la période secondaire, mais Yeschare fessière apparaît à la période initiale. Cette eschare se développe au centre de la région fessière du côté paralysé, tandis que l'eschare de la myélite aiguë se développe au milieu de la région sacréee. L'eschare s'annonce par une rougeur diffuse qui apparaît dès le lendemain ou le surlendemain de l'attaque, puis une phlyctène se forme, se rompt, et l'ulcération est constituée. Cette eschare fessière est du plus mauvais pronostic (Charcot1).
b. Symptômes secondaires. — J'ai étudié jusqu'ici les symptômes primitifs de Thémorrhagie cérébrale : Y apoplexie, accompagnée ou non de convulsions et de contractures ; Y hémiplégie et ses variétés ; Yhémianesthésie, fort rare ; les congestions viscérales et les troubles trophiques : étudions actuellement les symptômes secondaires, ceux qui surviennent à une époque éloignée, quelques semaines ou quelques mois après Thémorrhagie.
Contracture secondaire. — Chez quelques hémiplégiques, un à trois mois après Thémorrhagie cérébrale, on voit survenir dans les membres paralysés, une contracture plus ou moins accusée, parfois permanente et incurable*. Cette contracture des hémiplégiques est due à la sclérose descendante du faisceau pyramidal contenu dans le cordon latéral de la moelle épinière, sclérose consécutive elle-même à une lésion destructive de l'expansion cérébrale du faisceau pyramidal.
En effet, l'anatomie pathologique a démontré que lors-
1. Charcot. Leçons sur les maladies du syst. nerv., 1872, p. 81.
2. Bouchard. Des dégénéra Lions secondaires de la moelle épinière. Arch. de méd., Paris, 1806.
550 MALADIES DU SYSTÈME HttHVEuK.
qu'une lésion cérébrale, hémorrhagie ou ramollissement, reste confinée à l'un des noyaux gris du corps strié, dans la couche optique ou dans l'avant-mur, il ne survient pas de sclérose descendante et le malade peut guérir de son hémiplégie ; mais, lorsque la lésion, qu'elle qu'en soit du reste la nature, tumeur, hémorrhagie ou ramollissement, a compromis le faisceau pyramidal en un de ses points, que ce soit au niveau de la couronne rayonnante, au niveau de la capsule interne, peu importe, il survient une sclérose secondaire que l'on peut suivre à l'œil nu et au microscope sur l'étage inférieur du pédoncule cérébral, sur la protubérance, sur le bulbe et sur le cordon latéral opposé de la moelle, et cette sclérose est accompagnée de contracture.
La sclérose descendante et la contracture ne sont pas provoquées par les lésions corticales quand la lésion n'intéresse que la substance grise des circonvolutions ; mais, lorsque la substance blanche sous-jacente est atteinte, et elle est toujours atteinte dans les embolies des différentes branches de l'artère sylvienne qui se rendent aux territoires moteurs de l'écorce, on observe la sclérose descendante et la contracture1. J'ajouterai qu'en dehors des territoires moteurs, la substance blanche corticale des autres régions peut être lésée sans donner naissance à des scléroses secondaires.
La lésion irritative des fibres des cordons latéraux, en communiquant à la substance grise antérieure de la moelle (cornes motrices) une excitabilité anormale, devient la cause d'un tonus exagéré dont l'intensité ou la permanence constitue la contracture avec exagération des réflexes2.