Luys. Troité des maladies mentales, p
Z. Bail. Leçons sur les maladies mentales, p. 714.
4. Dupré. A rticle Par. gén. du traité de pathologie mentale.
GiO MALADIES DU SYSTEME NERVEUX.
Snrmes ou épileptiformes, de perte de connaissance, d'aphasie transitoire, d'hémiplégie passagère, et les troubles psychiques éclatent après une ou plusieurs attaques congestives. Les attaques sont parfois annoncées par des accès de migraine ophthalmique1.
Les troubles des organes des sens précèdent parfois tous les autres symptômes : on a noté l'amblyopie, la diplopie. Voisin a beaucoup insisté sur la diminution ou l'abolition de Yodorat, qui souvent devance les symptômes vulgaires.
Déclarée, la maladie revêt plusieurs formes. Sa forme la plus habituelle est caractérisée par le délire ambitieux, par le délire des grandeurs. Le malade est dans un état de satisfaction continuelle; il se croit empereur, pape ou dieu ; il possède des milliards, et il veut les distribuer à tous ceux qui l'entourent; il a des palais fabriqués de pierres précieuses; rien n'égale sa force, sa beauté, sa puissance; mais ses idées ne sont pas, comme celles du monomaniaque ambitieux, suivies et bien coordonnées, elles sont, au contraire, mobiles, contradictoires (Falret), et, pendant que le paralytique général vous parle de ses splendeurs, demandezlui sa profession, il vous répond simplement : « Je suis cordonnier ». (Magnan.)
Chez certains paralytiques, le délire hypochondriaque domine la scène; autant le malade du type précédent était optimiste, autant celui-ci est triste et malheureux; il se croit mort, il se croit persécuté (délire des persécutions), il refuse toute nourriture par crainte du poison, il a des hallucinations et des idées de suicide.
Au milieu de ces symptômes (forme ambitieuse et forme hypochondriaque), certains malades sont pris de véritables accès de manie aiguë; leur fureur nécessite la camisole de force, puis l'accès s'amende, disparaît, et la paralysie gêné raie continue sa marche progressive (Bailiarger) 2.
i. Charcot. Leçons sur les mal. du syst. nerv., Taris, 1883, p. 75. 2. Des rémissions dans la forme maniaque de la parai, gén. Ann. msà. psych., mai 1876.
Les troubles de la parole se montrent souvent dès le début de la maladie; ils sont même dans certains cas Y unique symptôme du début*. L'altération de la parole est si caractéristique qu'elle suffirait seule à établir le diagnostic; au moment où le paralytique va parler, il se fait une sorte de trémulation dans les muscles qui convergent vers les lèvres, la parole est tramante, hésitante, tremblotante, elle participe du tremblement qui agite les lèvres et la langue.
Les troubles de motilité ne sont pas des troubles de paralysie complète, ils tiennent à la fois de l'incoordination et de l'affaiblissement des mouvements; c'est une sorte d'ataxie mélangée de parésie ; les malades sont moins habiles aux travaux manuels et la marche devient chancelante et fatigante. Il y a même des cas où les troubles d'incoordination sont prédominants, et la maladie revêt pour un temps les symptômes de l'ataxie locomotrice (voir le chapitre du Tabès).
Avec les progrès de la maladie, les troubles intellectuels et paralytiques s'accusent davantage, ils sont parfois compliqués d'attaques épilcptiformes ou apoplectiformes, avec élévation de la température et hémiplégie passagère; on observe aussi, sous forme d'attaques spéciales (Magnan), des contractures et des paralysies.
Le système nerveux sensitif est assez peu touché dans la paralysie générale, l'anesthésie est plus fréquente que l'hyperesthésie; on a signalé (Teissier) des douleurs viscérales analogues à celles de l'ataxie locomotrice.
L'inégalité des pupilles (Baillarger) est un symptôme fréquent et qu'on observe souvent dès la première période, il disparait parfois au moment des rémissions pour reparaître ensuite. Les réflexes pupillaires sont souvent paresseux ou abolis pour la lumière ou pour l'accommodation ; ils répondent parfois au signe d'Argyll-Robertson. Au début delà maladie,
1. Voisin. Des troubles de la parole dans la paralysie gén. Arch. gin. méd., 1876. - Traité de la parai, génér. des aliénés. Paris, 1886.
DIEULAFOY, PATHOL. T. III. 41
ia paralysie pupiliaire est souvent associée à la paralysie du muscle accommodateur (Parinaud, Ballet); l'ophthalmoplégie interne en est le résultat. Le nerf optique est très rarement atrophié; les nerfs moteurs de l'œil sont rarement atteints.
L'hématome de Voreille est un symptôme fréquent de la paralysie générale. Vothématome est une tumeur sanguine, située enîre le cartilage et le périchondre, et attribuée par certains auteurs au traumatisme; par d'autres à un trouble vasculaire1.
Chez la femme, le développement de la paralysie générale entraîne le plus souvent l'irrégularité ou ia suppression delà menstruation, fonction qui peut se rétablir pendant les rémissions de la maladie2.
La période terminale de la paralysie générale est caractérisée par la déchéance intellectuelle et physique de l'individu. (( Les malades, constamment souillés par leurs urines et par leurs-selles, gâtent sans cesse et plongent leurs mains dans les ordures dont ils recouvrent tout. Ils sont presque entièrement isolés du monde extérieur, auquel ils ne semblent plus tenir que par la vie purement végétative. » (Magnan.) Quelques-uns arrivent au terme de leur existence ayant conscience de leur décadence; leur intelligence est affaiblie, mais ils n'ont pas d'aliénation.
Marche. — Durée. — La paralysie générale débute tantôt par des troubles moteurs, tantôt par des troubles psychiques, suivant que la lésion prédomine, au niveau des ch> convolutions motrices ou au niveau des circonvolutions psychiques. Mais, dans d'autres cas, la lésion s'annonce par des symptômes spinaux (incoordination des mouvements, douleurs, parésie, troubles trophiques) qui précèdent de plusieurs mois, de plusieurs années les troubles de l'intelligence : c'est dire que les lésions du système nerveux dans la paralysie générale sont tantôt ascendantes, tantôt descendantes, et souvent généralisées d'emblée à la majeure