‹ Manuel de pathologie interneChapitre 257 sur 404 · MUSEE DU VAL-DE-GKACE · texte numérisé non relu

MUSEE DU VAL-DE-GKACE

Ces deux crânes, photographiés par leur face exie**^, représentent des perforations tuberculeuses avec large perte de substance. Autour des perforations, et partout ailleurs sur la boîte crânienne, les os restent aussi lisses que sur un crâne normal. On n'y voit ni les rugosités, ni les saillies, ni les bourrelets éburnés des crânes syphilitiques.

Val-de-Grâce ; ils ont été déjà reproduits dans le travail de Poulet1. Le crâne syphilitique est plus ou moins rocailleux, le crâne tuberculeux est lisse et uni. Les perforations des crânes tuberculeux présentent souvent cette particularité que la perte de substance est plus accentuée à la table interne qu'à la table externe, aussi le bord est-il taillé en biseau. Autour de la perforation tuberculeuse l'os reste lisse, on ne voit ni ostéite raréfiante, ni bourrelets éburnés, ni ostéophytes comme dans les crânes syphilitiques2.

Les considérations que je viens de développer servent au diagnostic anatomique quand on a la pièce en mains. Mais comment arriver au diagnostic clinique quand on est en face d'un malade qui porte au crâne une tumeur ulcérée et purulente avec ostéite, nécrose et séquestre ? La lésion est-elle syphylitique ou est-elle tuberculeuse?

La céphalée avec exacerbation nocturne se voit dans les deux cas, elle n'est donc pas un signe distinctif. Une malade opérée par M. Segond d'un ostéotuberculome de la voûte crânienne éprouvait surtout la nuit des douleurs atroces qui empêchaient tout sommeil5. La tuberculose pulmonaire est un indice en faveur de l'ostéosyphilome, mais cette tuberculose pulmonaire fait défaut dans la plupart des observations. On inclinera vers l'ostéosyphilome, si le sujet, syphilitique avéré, a présenté récemment d'autres manifestations syphilitiques. Le pus grumeleux et les fongosités plaident en faveur delà lésion tuberculeuse. Mais, en réalité, dans les cas douteux et difficiles c'est aux "recherches de laboratoire qu'on doit s'adresser ; il faut rechercher le bacille de Koch et pratiquer des inoculations au cobaye. D'autre part, les injections de bi-iodure d'hydrargyre jugeront assez vite le diagnostic, car si la lésion est syphilitique il est presque certain qu'une réelle amélioration ne se fera pas attendre.

1. Poulet. Note sur les ostéites tuberculeuses et syphilitiques de la voûte crânienne. Bulletin de la Société de chirurgie. 1884, p. 620

Page 1