I. Clin, méd., 1886, p
forme foudroyante tue en vingt-quatre heures, avec concisions, céphalée atroce, coma. Il y a une forme qui simule la fièvre typhoïde, moins la période du début, qui s'annonce brusquement avec vomissements et céphalée. On a également décrit une forme qui présente les symptômes de la pyohémie, accès fébriles, frissons, sueurs. Enfin, il y a la forme presque banale de la méningite classique.
Méningite pneumococcique. — La méningite à pneumocoques est la plus fréquente des méningites non tuberculeuses. Elle survient au déclin ou dans le cours de la pneumonie, elle peut en être indépendante. Souvent la méningite pneumonique est associée à l'endocardite pneumonique et dans bien des cas elle se généralise aux méninges spinales, de sorte qu'il y a méningite cérébro-spinale pneumococcique. Le fœtus n'est pas à l'abri de cette méningite. Netler a constaté que la femme enceinte, atteinte de pneumonie, peut transmettre au fœtus la^neumonie et la méningite pneumonique.
Dans la méningite pneumococcique1, les lésions prédominent à la convexité du cerveau. L exsudât est incorporé à la pie-mère, et on peut le détacher sans entamer l'écorce cérébrale. L'exsudataune consistance molle, il diffère aussi bien de l'exsudat lardacé, grisâtre de la méningite tuberculeuse, que du pus crémeux, se laissant aisément détacher, qu'on observe dans la méningite, suite de carie du rocher (Netter). Les méninges spinales sont fréquemment atteintes. Parfois les lésions sontmoins étendues; elles sont localisées en différentes régions de l'axe cérébro-spinal, sous forme de traînées lactescentes, ou sous forme d'ilôts de dimension variable. Aux méninges rachidiennes, le pus est plus abondant au niveau des renflements cervical et lombaire. Les caractères du pus pneumonique sont moins nets lorsque au pneumocoque s'associent d'autres microbes.
Les méningites à pneumocoques présentent quelques symptômes qui leur donnent" parfois une allure un peu
1. Netter. De la méningite due au pneumocoque. Arch. de méd., mars, avril, juillet 1887.
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spéciale. Parfois, chez un pneumonique en pleine défervescence, une ascension brusque et considérable de la température est le seul symptôme qui puisse révéler la méningite (Jaccoud). Un symptôme saillant et presque constant, c'est la raideur de la nuque, raideur qui atteint souvent les muscles de la face et qui descend même, sous forme de contracture douloureuse, dans les muscles de la région dorsale et de la région sacro-lombaire1.
Ce que nous savons de la généralisation fréquente du pneumocoque aux méninges cérébro-spinales nous explique ces raideurs et ces contractures douloureuses plus ou moins généralisées. Chez les jeunes enfants, l'abondance de l'épanchement purulent provoque parfois une pression intracrânienne (Vaudremer) et un soulèvement de la fontanelle antérieure. Les méningites pneumococciques ont une marche très variable. Parfois la méningite est foudroyante et tue en vingt-quatre heures; dans quelques circonstances, le début est apoplectiforme (Netter). Cette étude sera complétée au chapitre suivant à propos des méningites cérébrospinales.
Méningite par coli-bacille, — Le bacterium coli commune est-il capable de produire des méningites suppurées? C'est un fait qui paraît définitivement acquis (Netter, Chantemesse et Widal). « Le coli-bacille peut aussi bien produire des méningites suppurées que des fièvres pseudo-puerpérales, que des fausses dothiénentéries, suivant qu'il pénètre à travers l'organisme par altération des organes qui le contiennent normalement. La plupart des observations de méningite suppurée publiées ces dernières années, et dans lesquelles on a incriminé un bacille pseudo-typhique, sont des cas de méningite par coli-bacille2. » Tels sont les cas rapportés par Adenot3, Vaillard et Vincent4. Dans d'autres
1. Ilutinel. Sem. méd., 22 juin 1892. — Thibierge. Mercredi méd.t 23 mars 1892.
2. Chantemesse, Widal et Legry. Soc. méd. des hôpit., 11 déc. 1891.