Gailliard. Soc. méd. de» hôpit., séance du 20 mai
lent d'une arthrite du cou-de-pied. Dans l'épidémie récente de Rayonne a les complications articulaires sont fréquemment notées )). (Camiade.)
Le diagnostic doit être fait entre la méningite cérébrospinale et certaines grippes d'allure ataxo-adynamique; en pareille circonstance, il faut le dire, on pense à la grippe plus qu'à la méningite ; le signe de Kernig et la ponction lombaire sont là pour éclairer le diagnostic.
Assez souvent, la méningite cérébro-spinale revêt l'apparence de la fièvre typhoïde ataxo-adynamique : céphalalgie, photophobie, excitation, délire, dépression, somnolence, torpeur, coma, sont autant de symptômes communs aux deux cas, et on se demande si le malade est atteint de méningite cérébro-spinale à forme typhoïde, ou de fièvre typhoïde à forme méningitique. La durée de la maladie est déjà un élément de diagnostic, car les symptômes ataxoadynamiques sont bien plus précoces au cas de méningite ; de plus, ils sont accompagnés du signe de Kernig qui n'existe pas dans la fièvre typhoïde. Enfin, la réaction agglutinante de Widal est en faveur de la fièvre typhoïde. Grâce à ces moyens, auxquels on peut associer la ponction lombaire, on arrive au diagnostic; toutefois, il faut compter avec les cas où le séro-diagnostic est un peu lent à apparaître, il faut également tenir compte des cas où la méningite survient chez un individu ayant eu la fièvre typhoïde et dont le sérum a conservé le pouvoir agglutinant; il faut, enfin, ne pas oublier que fièvre typhoïde et méningite cérébro-spinale peuvent coexister chez le même malade.
A ce sujet, les observations suivantes sont vraiment instructives. Un de nos collègues est pris de symptômes qui pouvaient s'appliquer tout aussi bien à la grippe qu'à la fièvre typhoïde ou à la méningite. Après une phase indécise, l'apparition tardive des taches rosées lenticulaires et le séro-diagnostic permettent de préciser le diagnostic de fièvre typhoïde; mais notre collègue avait également des symptômes de méningite cérébro-spinale, y compris le signe de Kernig. Nous avons eu le bonheur de le voir guérir Mais
faut-il admettre, dans ce cas-là, que le signe de Kernig était dû à la fièvre typhoïde seule, ce qui va à rencontre de tout ce que nous savons, ou bien peut-on supposer que la fièvre typhoïde était compliquée de méningite cérébro-spinale? Cette dernière hypothèse n'est pas inadmissible, car cette association a été contrôlée, ainsi que le prouve le fait suivant :
Un jeune garçon arrive dans le service de Netter, avec les symptômes 'd'une fièvre typhoïde au second septénaire : aspect typhique, sécheresse de la langue, ventre météorisé, diarrhée, rate volumineuse, taches rosées lenticulaires, râles sibilants dans les deux poumons, urine albumineuse et riche en indican, température à 40 degrés. La recherche de la réaction de Widal donne un résultat positif. Ce malade ne présentait aucun symptôme méningitique (ni délire, ni contractures douloureuses, ni phénomènes paralytiques et convulsifs). Et cependant on constatait chez lui le signe de Kernig. C'était à croire que le signe de Kernig pouvait être tributaire de la fièvre typhoïde. Le malade fut traité par les bains froids et succomba brusquement après sept jours de traitement.
A l'autopsie, on trouva des lésions de fièvre typhoïde: perforation intestinale, ulcérations des plaques de Peyer, ramollissement des ganglions mésentériques, tuméfaction de la rate. La culture décela la présence du bacille d'Eberth dans la rate et dans les ganglions. Donc le malade avait bien eu la fièvre typhoïde, mais il avait eu également une méningite cérébro-spinale typhique; on trouvait, en effet, des traînées purulentes au cerveau et à la moelle, avec accumulation de sérosité au niveau de la queue de cheval. La culture montra en ces points l'existence du staphylococcus pyogenes aureus, en même temps que le bacille d'Eberth1. Ainsi se trouvait expliquée l'existence du signe de Kernig, la fièvre typhoïde ayant déterminé une méningite cérébrospinale.