Milion. Le Bulletin médical, 1S07, p
NEVROSES. 811
Tout ce que je viens de dire relativement aux rapports qui existent entre les variétés de IVpilepsie partielle et la localisation des lésions à la région rolandique est applicable à la grande majorité des cas. Malheureusement ce diagnostic topographique a éLé> trouvé plusieurs fois en défaut, ainsi qu'on le verra au chapitre concernant ces erreurs.
Diagnostic pathogénique. — Étudions le diagnostic de la cause qui a provoqué l'épilepsie jacksonienne. Il faut toujours penser à la syphilis (lésion osseuse, gommeuse, scléro- ■gommeuse), et ce diagnostic ne doit être abandonné que s'il est absolument prouvé par un traitement intense que le malade n'est pas syphilitique. Les plaques de méningite chronique tuberculeuse sont souvent l'origine d'épilepsie partielle. Quand on n'est pas familiarisé avec cette question, on est surpris d'entendre parler de méningite tuberculeuse aussi restreinte. La syphilis, au premier abord, semble mieux se prêter à pareilles localisations ; la périoslose, la gomme, la méningite scléro-gommeuse, se circonscrivent mieux que la méningite tuberculeuse, qui de sa nature e^t plus diffuse. C'est vrai; mais, en somme, pareils arguments ont peu de valeur. Il faut savoir que les tuberculoses locales au cerveau comme ailleurs peuvent se cantonner à une région et s'y fixer (Ballet, Chantemesse).
Charcot insiste sur ces méningites localisées : a Quand on considère la tuberculose de l'encéphale en général, on constate que la méningite granuleuse diffuse, avec ses foyers de prédilection au niveau de la base du cerveau et le long de la scissure de Sylvius, occupe le premier rang comme fréquence. Après elle, vient la méningite en plaques, qui se localise de préférence à la zone psychomotrice et surtout à la région paracentrale. Cette méningite en plaques, nettement circonscrite, est bien plus fréquente chez l'adulte que chez l'enfant. Remarquez bien qu'ici tout semble fait pour égarer un observateur non prévenu dans le diagnostic de cette méningite localisée. En effet, il est de règle que,^dnns cette méningite particulière, la céphalée, les vomissements, le délire, la fièvre, font habituellement défaut. Et si, dans
quelques cas rares, l'évolution est rapide, fébrile, et se ter mine par l'état comateux, il en est d'autres, plus communs, où la maladie évolue chroniquement, pendant des mois, et même des années. » Et comme preuve de ces assertions, Gharcot cite un malade, chez lequel une méningite tuberculeuse localisée dura quatorze mois, sans provoquer aucun autre symptôme que des accès d'épilepsie jacksonienne ; c'est la tuberculose pulmonaire qui détermina la mort.
Quand la lésion provocatrice de l'épilepsie jacksonienne n'est ni syphilitique, ni tuberculeuse, il s'agit d'une des nombreuses tumeurs, sarcome, gliome, fibrome, tumeur parasitaire, etc., vraiment bien difficiles à diagnostiquer.
Traitement. — En face d'un cas d'épilepsie jacksonienne, il faut toujours penser à la syphilis. Le traitement mercuriel et ioduré (surtout le mercuriel) doit être aussitôt institué; c'est la pierre de touche. Si la lésion cérébrale est de nature tuberculeuse, la chirurgie a peu de chance d'intervenir utilement. Dans les autres cas (tumeur parasitaire, gliome, sarcome, etc.), l'opération est indiquée; elle doit être pratiquée sans retard : la précision du diagnostic topographique posé par le médecin permet souvent au chirurgien de se diriger vers la région cérébrale qu'il va explorer.