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ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE

Description. — Tous les [traumatismes du crâne, coups, contusions, chutes, enfoncements de l'os, fractures, blessures par arme blanche ou par arme à feu, peuvent engendrer l'épilepsie. Les esquilles, les séquestres, les exostoses, les abcès, les adhérences sous-craniennes, les lésions corticales, les épaississernents de la dure-mère, sont autant d'agents épileptogènes qui produisent et qui entretiennent l'irritation cérébrale dont le terme est l'épilepsie.

On peut devenir épileptique, quel que soit le siège du traumatisme crânien, que la lésion porte sur les régions

pariétale, frontale ou occipitale. L'époque à laquelle apparaît l'épilepsie est fort variable; tantôt elle éclate d'une façon précoce, peu de temps après le traumatisme, tantôt elle est tardive et ne se montre qu'après des mois et des années. Néanmoins, pendant la période qui s'écoule entre le traumatisme et l'apparition de l'épilepsie, il n'est pas rare que le sujet éprouve des troubles cérébraux, tels que vertiges et douleurs de tête.

lîépile'psie traiima tique est souvent parlieîle (épilepsie jacksonienne), néanmoins il s'en faut que ce soit là sa forme unique; le traumatisme peut créer toutes les modalités de l'épilepsie, à savoir : le grand mal, ou attaque d'épilepsie semblable à l'épilepsie dite essentielle, le petit mal avec vertiges et absences, les troubles intellectuels, les perversions mentales, la manie, le délire, les impulsions irrésistibles. Une fois déclarée, dit Echeverria, Tépilepsie traumatique peut conduire à la folie; dans sa statistique, on trouve huit hommes et quatre femmes ayant des impulsions homicides; un homme et une femme kleptomanes, trois femmes pyromaniaques.

Bien des cas d'épilepsie dite essentielle tiennent, sans doute, à un traumatisme crânien qui, faute d'examen approfondi, passe inaperçu. Aussi est-il nécessaire de se livrer toujours à une enquête minutieuse et de rechercher avec soin la trace, la cicatrice du traumatisme récent ou ancien qui peut avoir déterminé le mal comitial. Il se peut même que l'épilepsie se reproduise ou survienne chez un sujet déjà opéré et trépané, ce qui prouve que la cause épileptique, cicatrice ou adhérences, est encore persistante malgré l'opération.

Traitement. — Au cas d'épilepsie traumatique, le traitement médical est parfois insuffisant. On doit alors recourir au traitement chirurgical. Voici deux observations1 qui témoignent des succès que peut obtenir l'intervention chirurgicale.

1. Echeverria. De la trépanation dans l'épilepsie par traumatisme du crâne, Archives gén. de médecine, novembre 1878.

Un enfant de six ans et demi fait une chute et se blesse sur le côté gauche de la protubérance occipitale. Depuis lors, surviennent des douleurs de tête. Dix ans plus tard, le sujet éprouve tous les matins des spasmes et des secousses dans les bras. Treize ans après le traumatisme, éclate une grande attaque d'épilepsie. L'attaque se répète tous les trois ou quatre jours, puis deux fois par jour. La fréquence des attaques rend le malade très irritable et impulsif; il perd la mémoire. On constate à l'occipital une exostose consécutive à l'ancien traumatisme, et l'on admet qu'elle est la cause d.es attaques d'épilepsie. On pratique alors l'ablation de cette exostose, qui comprimait la dure-mère et le cerveau. Après plusieurs péripéties, la guérison survient, et le jeune homme, depuis lors marié, n'a plus eu de rechute.

Une seconde observation concerne une jeune fille qui reçoit le volet d'une fenêtre sur la tête et qui tombe évanouie. On constate un enfoncement du pariétal droit. A la suite de ce traumatisme, surviennent. des douleurs de tête avec attaques vertigineuses, crises nocturnes d'épilepsie, déchéance rapide des facultés intellectuelles et suppression de la menstruation. L'opération du trépan est pratiquée, et Ton enlève la partie de l'os pariétal qui avait été enfoncé. Le succès thérapeutique fut complet; on constata la cessation des attaques d'épilepsie et le retour complet des facultés intellectuelles.

Mais les opérations portant sur les os du crâne et sur la dure-mère ne sont pas toujours suivie de succès, il s'en faut; l'épilepsie et son cortège persistent souvent, malgré une première et même malgré une seconde opération. On a proposé alors une opération plus radicale (Horsley) qui consiste à enlever le foyer cérébral épileptogène. L'ablation d'un fragment de la zone corticale motrice est particulièrement indiquée quand l'épilepsie est jacksonienne, et Ton précise, par l'excitation électrique, la partie des circonvolutions frontale et pariétale ascendante qui doit être enlevée. Une objection s'était présentée tout d'abord, c'est

que l'ablation d'un territoire cérébral moteur doit entraîner la paralysie du côté opposé. Mais l'expérience a démontré qu'on peut enlever un territoire cérébral moteur sans que la paralysie en soit fatalement la conséquence ; il se fait une suppléance, et bientôt les mouvements réapparaissent; ils peuvent, il est vrai, être dénaturés par une sorte d'incoordination nommée ataxie corticale, mais enfin ce n'est pas de la paralysie. Bien que cette opération ait donné quelques bons résultats, il n'est pas encore permis de se prononcer sur sa valeur1. Toutes les opérations, celles qui ne visent que le crâne et la dure-mère sans toucher au cerveau et celles qui ont pour but l'ablation d'un fragment du cerveau, toutes ces opérations ont été suivies tantôt de succès, tantôt d'insuccès2. Il est un facteur avec lequel il faut compter, c'est la présence de lésions histologiques du foyer cérébral et l'étendue de ces lésions. Ainsi, dans un cas d'extirpation du centre moteur du membre supérieur, l'examen histologique du fragment d'écorce excisé permit de constater une dégénération des grosses cellules pyramidales et une condensation du tissu névroglique.

§ i. DE LHYSTÉRIE

L'hystérie est une névrose beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l'homme, et dont les manifestations multiples reconnaissent deux formes principales, l'une convulsive, l'autre non convidsive. Chez quelques femmes, dans un tiers des cas d'après Briquet1, l'hystérie convulsive apparaît sans avoir été annoncée par d'autres symptômes, mais souvent, surtout dans le jeune âge, l'hystérie s'annonce longtemps à l'avance; la petite fille devient impressionnable,

1. Raymond. L'épilepsie partielle; pathogénie et traitement. Archives de Neurologie, mai 1901.

2. Marion. Chirurgie du système nerveux, Paris, 1905, p. 142. — Chi • patill. Travaux de neurologie chirurgicale, 1900.

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