Babinski. Soc. de neurologie, 7 nov
li y a une hystérie rabi forme que Grasset a minutieusement analysée et décrite1.
À l'étal mental des hystériques est liée une grave question de médecine légale, et l'hystérie a été associée plus d'une fois aux causes célèbres qui ont passionné le public. Il faut lire au sujet de cette élude la très intéressante observation de Grasset publiée sous le titre de « Roman d'une hystérique » 2.
Troubles trophiques. — A l'hystérie sont associés des trou!)les trophiques nombreux et variés3. Aux troubles trophiques cutanés se rattachent le zona, la chute des cheveux, la chute des ongles, les ecchymoses spontanées, les sueurs de sang. Aux troubles du tissu cellulaire se rattache l'œdème, qui est parfois un œdème bleu. L'œdème hystérique est une tuméfaction dure des téguments qui ne se laissent pas déprimer par le doigt comme l'œdème uilgaire; à ce niveau, la peau est cyanosée, violacée, d'où le nom d'œdème bleu. Cet œdème se localise à une main, à un membre, au bras, à la jambe; il est presque toujours associé à la contracture ou à la paralysie du membre envahi. Quelques observations de sein hystérique signalent le gonflement douloureux du sein avec sécrétion. Chipault a constaté un cas à'hémorrhagic hystérique du sein et il lui a été possible d'en réunir plusieurs observations semblables 4. Je dois ajouter que les différents troubles trophiques que je viens cTénumérer ne sont plus guère admis aujourd'hui comme fonction d'hystérie ; cette question est par conséquent à reviser (Babinski).
Du faisceau des soi-disant troubles trophiques avec lesquels notre éducation médicale a été faite, il ne restera bientôt plus rien. C'est ma conviction, et, quand on veut y regarder de près, ainsi que l'a formulé M. Babinski, on voit
î. Grasset. Leçons de clinique médicale, 1896, p. 30. 2. Grasset. Leçons declinique médicale. Montpellier, 1891, p. 401. o. Athanassio. Troubles trophiques dans i' hystérie, th. de Paris, 1800. i. Chipault. Ilémoirhagie hystérique du sein. La Presse médicaletiH%, p. 403.
que les troubles trophiques de nature hystérique n'existent pas. Éruptions vésiculeuses dites hystériques, pemphigus dit hystérique, phlyctènes dites hystériques, ulcérations dites hystériques des membres et du sein, gangrènes dites hystériques, tout cela c'est de la simulation. Hue le sujet, qu'on est convenu d'appeler hystérique, trouve son profit a fabriquer de toutes pièces pareilles lésions, ou même qu'il n'y trouve aucun profit tangible, peu importe; il est dominé par cet état mental particulier, qui en somme est anormal, et qui le rend capable de tous les mensonges, de toutes les supercheries, de toutes les fourberies et de toutes ies simulations.
Il ne manque pas d'exemples qui prouvent la réalité de ce que j'avance1 (Lamy, Balzer, Danlos, Brocq, Thibiergc et Darier). Une jeune hystérique entre à l'hôpital pour des bulles de pemphigus développés sur la muqueuse buccale ; on (1 réouvre la supercherie et l'on voit que le soi-disant pem- I higus hystérique est volontairement provoqué par l'application d'un petit fragment de cantharide (Danlos). Une jeune hystérique présente des ulcérations multiples sur les membres; la fourberie est découverte et l'on voit que ces ulcérations sont dues à des applications d'acide nitrique. (Thibiergc et Darier). Une hystérique demande conseil pour une éruption ayant l'aspect de l'herpès en cocarde; les médecins tort intrigués croient d'abord à un trouble trophiquc hystérique, mais on surprend la supercherie de ia jeune fille qui produisait à volonté son éruption au moyen d'un bouchon imbibé d'acide phénique (Lamy). Ces exemples seront encore plus nombreux à l'avenir, maintenant que lo procès des soi-disant troubles trophiques hystériuues esl à l'ordre du jour.
Aux I roubles trophiques hystériques appartiennent les atrophies musculaires. L'atrophie mwiçulaive hystérique se superpose presque toujours aux parties atteintes de paralysie, de contracture, d'anesthésic, il est bien rare qu'elles
1. Antoiuû Mendicini Bono. La Tribune mcdxcalc, Il avril 1908.
en soient indépendantes. Elles atteignent la main, le bras, la jambe. Dans quelques cas elles ont eu une marche ascendante débutant par la main et remontant au bras. Ces atrophies musculaires hystériques1 digèrent notablement des amyotrophies myélopathiques, elles n'atteignent pas le degré d'atropine qu'on observe dans l'atrophie musculaire progressive, elles ne sont pas habituellement accompagnées de secousses fibrillaires; la contractilité électrique est diminuée proportionnellement k l'atrophie, et il n'y a pas généralement de réaction de dégénérescence. Toutefois, ces signes distinctifs ne sont pas absolus, car dans- quelques observations on a constaté des contractures fibrillaires et une faible réaction de dégénérescence. Le début est rapide, et l'amélioration, dès qu'elle survient, aboutit vite à la guérison. La pathogénie de ces atrophies est mal connue; peut-être sont-elles dues à une altération simplement dynamique des centres nerveux, et elles seraient comparables aux amyotrophies qui succèdent au traumatisme articulaire (Vulpian).
Viscères et appareils. — L'appareil respiratoire est le siège de désordres variés. Les spasmes de la glotte provoquent des accès de dyspnée : la paralysie des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, dilatateurs de la glotte, est accompagnée de dyspnée avec sifflement ou cornage inspiratoire. Les convulsions des muscles laryngés et les spasmes du diaphragme provoquent des cris d'aboiement et de grognement qui se répètent par accès ou qui se succèdent d'une façon incessante. Les mouvements spasmodiques du diaphragme déterminent des bâillements, du hoquet et des accès de rire que rien ne peut maîtriser. Certaines femmes hystériques sont prises de congestion broncho-pulmonaire, d'hémoptysie; d'autres, et ce sont surtout les jeunes filles, ont une petite toux1, sèche, incessante, monotone, qui fatigue les personnes de l'entourage plus encore que la ma-